Delanoë à Paris le 26 août © LCILes principaux dirigeants du PS se sont retrouvés vendredi pour la 15ème édition de l'université d'été à La Rochelle dans un climat de crise larvée du parti et de divisions profondes, à dix semaines du congrès de Reims qui choisira le successeur de François Hollande. Dès jeudi soir, le Premier secrétaire en avait appelé à "la responsabilité de chacun" pour éviter les querelles sur la place publique, et demandé à "faire bloc" alors que "les Français nous regardent, quelquefois avec un peu de scepticisme et d'inquiétude".
Selon un sondage ViaVoice dans Libération, les rivalités sont la principale faiblesse du PS, pour 61% des Français. Les "cafouillages" (dixit Elisabeth Guigou) sur le RSA en témoignent. Pour sa part, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, candidat à la succession de François Hollande, a affirmé qu'il ne s'excuserait "jamais du bilan de la gauche au pouvoir", assurant : "je le revendiquerai au contraire haut et fort".
"Jamais, jamais, jamais"
"Jamais, jamais, jamais, je ne serai un responsable qui aurait honte de notre histoire. Jamais, jamais, jamais je ne pourrai avoir honte que ce soient des socialistes qui aient fait les plus grandes réformes sociales dans ce pays, qu'il s'agisse du revenu minimum d'insertion, de la couverture médicale universelle, ou qu'il s'agisse de réformes sociétales que nous devons revendiquer au nom de notre combat pour les libertés, pour les droits de l'Homme: l'abolition de la peine de mort, la parité ou le PACS", a déclaré le maire de Paris.
Ce plaidoyer en faveur de la gauche au pouvoir a provoqué une salve d'applaudissements de la salle où s'exprimait le maire de Paris, trop petite pour offrir une place assise aux quelque 600 militants qui s'y étaient pressés. Les anciens premiers ministres Lionel Jospin et Michel Rocard, notamment, avaient pris place dans le public. Bertrand Delanoë avait tenu des propos identiques l'avant-veille à Bergerac. A noter toutefois qu'à chaque fois, il a omis de mentionner les 35 heures parmi les conquêtes de la gauche.
Bertrand Delanoë a d'autre part souhaité que la "culture du parti" soit "un enjeu" du congrès de Reims. "Voulons-nous un parti de supporteurs, un fan club, ou un parti de citoyens qui décident ?", a lancé le maire de Paris. Evoquant "le rassemblement" pour constituer une majorité au PS, il s'est dit "ouvert, fraternel, partageux. J'ai même lu", a-t-il glissé en référence à une remarque de Martine Aubry, "que quelqu'un a dit que je n'étais pas collectif. Chiche, on compare !"
D'après agence
| Une alliance Delanoë-Aubry "porteuse d'avenir", selon Allègre |
L'ancien ministre socialiste déclare samedi dans le Parisien avoir une "préférence" pour une association Delanoë-Aubry au PS, "porteuse d'avenir" pour la France. Interrogé sur ses "anciens camarades" du PS, réunis à La Rochelle pour leur université d'été, Claude Allègre affirme qu'ils "font l'apprentissage en interne - pour la première fois - de la démocratie", car "jusqu'ici, les chefs désignaient les chefs, qui désignaient les chefs, et tout le monde approuvait. Maintenant, ils sont engagés dans un processus démocratique et ils n'y sont pas habitués". L'ancien ministre de l'Education de Lionel Jospin, qui n'a plus de carte du PS depuis janvier dernier, assure enfin qu'il ne la reprendra "jamais", ajoutant : "Je n'adhérerai plus à aucun parti, quel qu'il soit". |
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