Bernard Kouchner (28 août 2008) © TF1/LCIAu lendemain du discours de Nicolas Sarkozy devant 180 diplomates de haut rang, discours durant lequel il a notamment défendu sa stratégie de "rupture" et la réorientation de la politique française sur la scène internationale, Bernard Kouchner a pris la parole à son tour ce jeudi devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France. Un thème phare : la défense de la réforme de son ministère, présentée comme "la plus importante depuis une quinzaine d'années".
"Il s'agit d'un projet de modernisation global, de longue haleine", a prévenu le chef de la diplomatie française. "Nous allons modifier les structures de l'administration centrale, réorganiser notre réseau diplomatique et consulaire et réorienter les moyens de la diplomatie publique d'influence", a-t-il dit, ajoutant : "ce sont aussi nos méthodes de travail que nous allons faire évoluer".
"Les événements de Géorgie ont prouvé la pertinence de ce choix"
Avec 158 ambassades et 21 représentations multilatérales, la France dispose du deuxième réseau diplomatique du monde après celui des Etats-Unis, un chiffre à peu près stable depuis 1990. Mais c'est un réseau qui a déjà entamé une cure sévère : depuis 2000, le Quai d'Orsay a vu une baisse de 21% de ses dépenses ; entre 1997 et 2007, il a connu une contraction de 11% de ses effectifs. Il prévoit désormais de réduire la taille d'une trentaine d'ambassades qui ne conserveront qu'un seul collaborateur aux côtés d'un jeune ambassadeur. Cette réforme de cheval a été jugée préférable à leur fermeture : c'était le prix à payer pour "maintenir l'universalité" du réseau français.
Devant les ambassadeurs, Bernard Kouchner, qui a réaffirmé sa volonté de faire du Quai d'Orsay "le ministère de la mondialisation", en créant une direction consacrée aux "enjeux globaux" (finance, énergie, eau, matières premières ou démographie) a aussi fait valoir le rôle de son nouveau centre de crise. Un centre doté de moyens de communications plus modernes et d'un personnel étoffé, dans la coordination des différents volets : politique, aide humanitaire, évacuation des Français et européens. Pour le chef de la diplomatie, le centre de crise est une manière de placer la culture humanitaire au coeur du Quai d'Orsay. "Les événements de Géorgie ont prouvé la pertinence de ce choix", a-t-il dit, demandant aux diplomates que cette "culture de l'urgence" et "du résultat" soit "partagée par chacun".
Bernard Kouchner a indiqué enfin qu'à partir du 1er novembre, les ambassadeurs particulièrement exposés (Kaboul, Islamabad, Alger, Beyrouth ou Bagdad) "verraient leur indemnité augmenter sensiblement, tandis que d'autres seraient revues à la baisse".
D'après agence
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