© AFP / P. Andrieu
> Les amis de DSK et d'Aubry font alliance
> Bilan de la gauche : Delanoë assume
> Ce qu'attendent Delanoë, Aubry et Jospin
> Jospin appelle à l'union de la gauche
> Royal : "Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez"
> "Les questions internes doivent passer au second plan"
> Quand Ségolène et François se font la bise
> La Rochelle, son port, ses ruelles et ses conciliabules
Une chaleur écrasante règne sur La Rochelle en ce vendredi. Sur le port, de très nombreux touristes profitent des derniers jours de l'été à grand renfort de glaces. Mais derrière, l'heure n'est pas à la sieste pour les 3000 militants. Encore moins pour les nombreux journalistes venus couvrir l'événement. Imaginez un festival d'Avignon où toutes les pièces de théâtre se joueraient en même temps. Sans compter le "off" où se préparent discrètement les futures alliances du congrès de Reims. Morceaux choisis.
Delanoë enlève la chemise
A 19 heures, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal réunissent, chacun de leur côté, leurs troupes. Chez le maire de Paris, l'amphi de la fac réquisitionné est plein à craquer. Au deuxième rang et sans surprise, Lionel Jospin et Michel Rocard. Mais l'équipe du maire de Paris a bien fait les choses : les élus locaux qui prennent la parole représentent des sensibilités diverses. Objectif : montrer que la dynamique Delanoë est en marche. Lorsqu'il prend la parole, le maire de Paris évoque "son immense plaisir d'être un militant de ce parti" et veut convaincre jusqu'au congrès "des militants libres". Sous-entendu, libres des combinaisons tactiques de ces concurrents (Aubry, Moscovici, ...). Ces militants, il veut les choyer. Et tant pis si ceux-ci ne se pressent pas lors de ses déplacements en province, comme à Bergerac cette semaine. "Pas d'hystérie chez nous mais des convictions", glisse un de ses partisans.
Pour faire oublier le libéralisme, le discours du jour flatte les grandes victoires de la gauche, ce qui ravit la salle. Et le maire de Paris de conclure en jurant qu'il "ne pense pas à la présidentielle sinon il s'y prendrait autrement". Sous les flashs, il vient serrer la main de Lionel Jospin et lui glisse à l'oreille : "je m'inquiète pour Martine". Interrogé quelques minutes plus tard par LCI.fr sur cette phrase, il confie : "écoutez, Martine est une amie et nous aurions dû nous retrouver. Mais que voulez-vous, elle préfère discuter avec Fabius". Dans l'après-midi, la maire de Lille lui avait reproché de ne pas "travailler dans un collectif".
Détendu après sa démonstration de force, et alors que (quasiment) toute la presse a quitté l'étuve, Bertrand Delanoë n'hésite pas à enlever sa chemise trempée pour enfiler un petit blouson prêté par un collaborateur. L'homme de 58 ans fait 50 pompes tous les matins et cela se voit. La politique est un sport de combat. "Au fait, ils ont conclu chez Moscovici ?", interroge-t-il en s'éloignant, le pas tranquille.
Qu'a fait Pierre Moscovici ?
Le suspense de la soirée, huis clos oblige. Le courant de DSK s'est-il déchiré entre les partisans de la candidature Moscovici et ceux qui roulent pour Martine Aubry ? "On n'est pas à l'abri d'un coup de calgon", confiait dans l'après-midi à LCI.fr un proche du patron du FMI. Finalement, c'est dans le calme que la salle a accepté une motion commune entre les strauss-kahniens, les amis de Martine Aubry, et ceux du maire de Lyon Gérard Collomb et du Marseillais Jean-Noël Guérini. Il faut dire que Pierre Moscovici a consenti à dire que sa candidature comme Premier secrétaire ne constituait pas un préalable à la fusion avec d'autres contributions. Un obstacle levé pour la candidature de Martine Aubry. Mais quid des fabiusiens qui soutiennent la maire de Lille ? Les strauss-kahniens n'ont pas tranché. "C'est l'ambiguïté de cette réunion", soupire un cadre du courant.
Ségolène à distance... et lyrique
"Où est-elle ?" Après avoir ouvert les travaux à 15 heures, plus de trace de Ségolène Royal. "Moi, je sais où je dois la retrouver", glisse simplement en souriant l'un de ses proches, le sénateur David Assouline. La presse aussi puisqu'à 19 heures, l'ex-candidate a convié ses nombreux partisans dans un très beau cadre pour un verre de l'amitié. Mais entre-temps, les journalistes sont priés de rester à distance. "Elle ne veut ni petite phrase, ni polémique. Elle se sent responsable vis-à-vis des Français", explique son entourage, persuadé que si le vote des militants avait lieu demain, elle serait largement en tête. "Les autres vont devoir fabriquer des alliances, pas nous", assure-t-on, en relativisant sa deuxième place dans les sondages derrière Bertrand Delanoë. "Dès qu'elle se promène, elle est assaillie d'encouragements. Le jour où les rues seront désertes, on pourra commencer à s'inquiéter".
Pas de petite phrase ? "Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez", lance Ségolène Royal à la tribune, fidèle à ses formules de la présidentielle et indifférente aux critiques sur son style paroissial. N'a-t-elle pas donné l'exemple en conviant François Hollande au déjeuner d'élus régionaux et en lui glissant une bise ? Ce fut l'image furtive de la journée.
Ségolène Royal fait le service minimum pour cette édition de La Rochelle puisqu'elle passe le week-end chez les socialistes italiens.
Jospin ne change pas
"On a l'impression d'avoir choisi le mauvais prof à une rentrée de fac", glisse un militant. lorsque l'ancien Premier ministre prend la parole lors de l'atelier sur la stratégie des social-démocraties européenne. Les phrases sont longues, le propos est intelligent mais de (trop) haute volée, le ton sentencieux. "Ça fait du bien de se rappeler pourquoi on a perdu en avril 2002", explique David, un nouvel adhérent, après l'intervention de Lionel Jospin.
Fabius, un militant esseulé mais patient
13h40, arrivée du TGV Paris-La Rochelle. Sur le parvis de la gare, parmi le flot des arrivants, l'ancien Premier ministre. Laurent Fabius marche tranquillement, un joli sac de voyage à la main. Personne ne se retourne sur son passage. Il sait que cette université d'été n'est cette année pas vraiment la sienne, seuls comptent pour les caméras ceux qui vont batailler à l'automne. Il réunira ses amis samedi dans la matinée pour évoquer les alliances au congrès de Reims. En attendant un éventuel retour au premier plan. Laurent Fabius ou la patience des grands fauves.
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