© AFP| Hollande : "Il faut être le meilleur" Hollande : ''merci et à demain'' |
Un peu d'émotion, beaucoup d'humour comme toujours, mais pas de bilan, pas d'autosatisfaction ni d'autodénigrement. François Hollande a donné dimanche à la mi-journée son dernier discours de Premier secrétaire, à l'université d'été du PS, à La Rochelle, devant une salle archi-comble. Salle qui s'est chargée de l'hommage : toute l'assemblée s'est mise debout, ovationnant pendant plusieurs minutes François Hollande et scandant "tous ensemble, tous ensemble, socialistes". "Merci (...) à demain", a-t-il répondu, très ému.
Auparavant, il s'est attaché à prendre de la hauteur sur les questions qui préoccupent les Français et à livrer une sorte de feuille de route à son successeur . Maître-mot : de la clarté, de la "cohésion" et de la "cohérence", a-t-il dit, se disant "confiant" dans la capacité des militants du PS à résoudre la crise du leadership qui secoue le parti. Les prétendants à sa succession étaient tous assis au premier rang à l'exception de Ségolène Royal, qui s'était déjà envolée pour Florence, en Italie.
"De l'émotion, pas de nostalgie"
Le n°1 du PS a ainsi affirmé que la principale menace qui guette le PS est celle de "l'ingouvernabilité", à dix semaines du Congrès de Reims qui doit désigner son successeur. "Il faut que ce parti soit dirigé, il faut un pôle central, on ne peut pas être dans la dispersion, la fragmentation, dans l'émiettement", c'est "l'ingouvernabilité qui peut être la menace principale", a affirmé le premier secrétaire.
"J'ai toujours voulu la cohésion, l'unité, l'esprit collectif et je mets en garde tous ceux qui seraient tentés de faire l'inverse", a prévenu François Hollande. "Il ne faut pas porter d'exclusive, nous avons besoin de tous au PS", a-t-il dit ajoutant: "Il faut "reconnaître les différences quand elles existent, mais marquer les convergences quand elles s'imposent". Selon François Hollande, "il faut situer la question des personnes à sa juste place", sinon ce sera "une compétition entre nous sans portée politique". "Le PS, c'est jamais un fleuve tranquille surtout qu'il a plusieurs rivières et même quelques torrents!", a plaisanté le patron du parti.
"J'éprouve de l'émotion, pas de nostalgie", "j'assume ce que j'ai fait, je prends toute ma part des défaites, j'assume aussi nos victoires collectives", a-t-il aussi dit à propos de son action en tant que n°1 du PS. "Voilà ce que je voulais vous dire avant de transmettre le témoin pour reprendre la course d'une autre façon", a conclu François Hollande, qui compte bien jouer sa propre carte en 2012...
Dans le détail
- Parmi les sujets évoqués dans le détail, François Hollande a posé les conditions dans lesquelles le Parti socialiste pourrait voter le 22 septembre au Parlement la prolongation du mandat des forces françaises en Afghanistan. Parmi ces conditions : la redéfinition des objectifs de la force internationale et un calendrier sur la mission.
- Il a proposé "un nouveau Bretton Woods" pour "coordonner les politiques monétaires et la régulation du système financier" face à la "crise générale, globale qui touche tous les continents". Outre cette "conférence financière" qui permettrait aussi "la stabilité des parités euro/dollar", le premier secrétaire du PS a proposé "un renforcement des institutions financières internationales et des organismes de contrôle des banques".
- Le n°1 du PS a apporté un soutien appuyé au candidat démocrate à la présidence américaine, Barak Obama. "Nous ferons tout pour la victoire de Barak Obama", a-t-il lancé, déclenchant de vifs applaudissements des militants. Un cafouillage s'était produit cette semaine avec la représentation du PS à la Convention démocrate de Denver (Colorado, Etats-Unis), le parti socialiste déléguant finalement son secrétaire national à l'Outre-mer.
- La pression de l'opposition a permis d'éviter le pire pour le financement du Revenu de solidarité active (RSA) mais la solution choisie relève tout de même de la "gribouille", a déclaré François Hollande. Il s'est ainsi réjoui que la prime pour l'emploi ne soit pas réduite. Mais il a déploré que le gouvernement ait choisi de faire payer des millions de Français plutôt que de revenir sur le "paquet fiscal" qui favorise, selon lui, les plus riches.
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