"Je veux que tous les enseignements soient tirés"

Par Franck LEFEBVRE-BILLIEZ, le 21 août 2008 à 11h19 , mis à jour le 21 août 2008 à 16h14

Prononçant aux Invalides l'éloge funèbre des dix soldats tués en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a tenu à assumer sa responsabilité, affirmant que ces morts ne seraient pas vaines.

Nicolas Sarkozy s'apprêtant à décorer les soldats tués en Afghanistan (21 août 2008)Nicolas Sarkozy s'apprêtant à décorer les soldats tués en Afghanistan (21 août 2008) © TF1/LCI

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Retrouvez l'intégralité de l'éloge funèbre prononcé par Nicolas Sarkozy
 

"Aujourd'hui, c'est un jour de deuil pour la nation française (...) Les familles pleurent la disparition de celui qu'elles chérissaient, un père, un fils, un frère, un mari, un ami. Pour les armées françaises, elles pleurent dix des leurs, qui sont tombés en allant jusqu'au bout de leur engagement. A travers nous qui sommes ici, dans cette cour des Invalides, c'est toute la nation française qui veut rendre hommage à dix de ses fils (...) Certains n'avaient pas vingt ans ; ils ont donné leur vie loin de leur pays pour faire leur devoir, pour la liberté et les droits de l'Homme, pour des valeurs universelles qui sont au coeur de notre République". Devant un public silencieux et digne, devant des familles parfois en pleurs, Nicolas Sarkozy a prononcé à la mi-journée, dans la cour d'honneur des Invalides, l'éloge funèbre des soldats français tués lundi en Afghanistan lors de violents affrontements avec les talibans.

Un éloge au cours duquel il a cité un à un les noms des dix soldats morts au combat, affirmant une nouvelle fois, outre sa douleur et sa solidarité avec les familles, sa volonté d'assumer ses responsabilités en tant que chef des armées. Mais ces morts ne doivent pas être vaines : "Je veux que tous les enseignements soient tirés de ce qui s'est passé", a souligné le chef de l'Etat. Et, alors que les conditions du drame suscitent toujours les questions, il a tenu à souligner : "J'ai parlé avec vos camarades qui étaient là-haut, et qui étaient  bouleversés de ne pas avoir pu vous en sortir. Ils n'ont rien à se reprocher". 

Entretien à huis clos avec les familles

Avant cet éloge, les dix cercueils recouverts d'un drapeau français avaient été portés, pendant qu'était joué l'air de la Marche funèbre de Chopin, hors de l'église Saint-Louis des Invalides où venait d'être célébrée une cérémonie oecuménique. Elle était présidée par le chef de l'Etat, à peine rentré, mercredi soir, de Kaboul où il avait demandé aux soldats français de "relever la tête" au nom du "combat contre le terrorisme", et à l'issue du premier Conseil des ministres de la rentrée. La cérémonie réunissait de nombreux ministres et parlementaires de la majorité et de l'opposition. On avait pu voir notamment, parmi les premiers sur place, l'ancien chef de l'Etat Valéry Giscard d'Estaing, ou encore le vice-président du Sénat Jean-Claude Gaudin. Le ministre de la défense Hervé Morin était arrivé peu après, ainsi que le chef du gouvernement François Fillon, la ministre de la Justice Rachida Dati, ou encore Jean-Marie Bockel, ministre aux anciens combattants. A l'issue de cette cérémonie digne, les proches des dix soldats tombés sous les coups des talibans, étaient venus s'incliner devant les dix cercueils, sous les regards de Nicolas Sarkozy et François Fillon.  

L'éloge funèbre prononcé dans la cour d'honneur, Nicolas Sarkozy a déposé sur chaque cercueil des soldats des décorations à titre posthume. Les honneurs militaires ont été rendus aux militaires tués. Le chef de l'Etat doit encore s'entretenir, à huis clos, avec les familles. Ces proches des soldats tués avaient déjà rencontré, la veille, François Fillon lors de l'arrivée à Roissy de l'avion transportant les dépouilles. Le Premier ministre s'était recueilli avec eux devant les cercueils réunis dans le pavillon d'honneur de l'aéroport, transformé en chapelle ardente au cours d'une cérémonie d'une dizaine de minutes, qu'un participant a décrit comme "extrêmement émouvante".

Les victimes sont issues de régiments basés à Castres, dans le Tarn, Calvi, en Haute-Corse, et Noyon, dans l'Oise. Les soldats avaient été pris sous le feu des talibans lors d'une embuscade que les militaires ont décrite comme très bien préparée, alors que côté français, les conditions de l'engagement commencent à faire polémique parmi les soldats eux-mêmes. Les blessés, dont la moitié (onze sur vingt-et-un) sont rentrés en France dans la journée de mercredi, ont été touchés par des balles ou des éclats lors de cette attaque qui s'est produite à 50 km à l'est de Kaboul, à l'exception de deux d'entre eux blessés dans un accident de blindé. Dix autres blessés, plus légèrement atteints, devraient être rapatriés ultérieurement, a annoncé le ministère de la Défense, sans en préciser la date.

D'après agence

Par Franck LEFEBVRE-BILLIEZ le 21 août 2008 à 11:19
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38 Commentaires

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  • Mimi, le 21/08/2008 à 13h56

    Toutes ces vies fauchées... et l'on se demande combien d'autres suivront.....toutes ses souffrances pour les familles.....ça servira à quoi??? on peut se poser la question! Le canada paye lui aussi un lourd tribut régulièrement..... on a cru un moment que ce pays retirerait ses troupes mais lorsque la France a accepté d'en envoyer, il s'est ravisé... dommage!!!! Toutes mes sincères pensées aux familles éprouvées.

  • Dada, le 21/08/2008 à 13h52

    Très bel hommage a ces soldats de la nation et du président de la république que l'on a vu plein d'émotions. Mes condoléances aux familles et courage à nos soldats qui sont sur les opérations extérieures.

  • Jp, le 21/08/2008 à 13h48

    C' est bien malheureux pour toutes ces familles et c' est hélas la dure loi de la guerre. Par contre, et j' espère que les familles ne manqueront pas d' en parler à SARKOZY, je poserai des questions sur le pourquoi d' une diminution du budget des armées où nos militaires sont obligés de faire la manche auprès des autres contingents engagés pour avoir matériel et munitions. D' autre part, qu' est ce qu' on en a à foutre de l' Afghanistan, qu' on s' occupe des problêmes de chez nous en priorité ( il y a déjà fort à faire avec les banlieues et les trafics en tout genre ). On veut toujours se mettre en avant et prêcher la bonne parole alors qu' on est pas foutu de faire régner l' ordre dans notre propre pays. Des idées qui coûtent cher en hommes pour faire plaisir à nos hommes politiques aux convictions douteuses. De plus, ça donne déjà une idée de nos possibilités militaires en cas d' agression de nos frontières... Arrêtons de se voiler la face, occupons nous de nos affaires, renforçons l' armée sinon l' exemple de la seconde guerre mondiale n' aura servi à rien... En espérant être publié cette fois !!!

  • Gerald03, le 21/08/2008 à 13h48

    Avec tout le respect que je vous dois monsieur le presi dent, on n'envoie pas des jeunes presque sansformation et avec un armement depassè

  • Bouba, le 21/08/2008 à 13h46

    Trés emouvant la cerémonie

  • Al, le 21/08/2008 à 13h41

    Dommage que des jeunes gens soient morts pour rendre service à leur nation. Le problème est ailleurs!Nous ne comprenons pas pourquoi aujourd'hui le autorités ne frappent pas aussi fort qu'en Côte d'Ivoire par exemple il y a quelques années alors qu'il y avait eu moins de soldats morts. Probablement parce que les talibans sont plus dangereux et que la vérité c'est que les politiques contre une force faible tellle que la Côte d'Ivoire ont utilisé un incident c'est vrai grave mais de même importance en pertes de vies humaines pour faire de la propagande. A l'époque il avait été dit qu'auciun soldat français ne serait mort à l'étranger sans représailles;nous remarquons aujourd'hui que les termes utilisés sont moins fermes et plus défaitistes comme si dans des pays faibles militairement la France défend ses soldats et dans d'autres où elle a affaire à une résistence un peu plus virulente, elle accepte que des citoyens français soient tués en toute impunité.

  • Delourmel, le 21/08/2008 à 13h41

    Comment peux t'on envoyer des gamins de 20 ans au casse pipe, alors que nos casernes sont pleine de professionel grade qui nous coute tres cher. Trop facile de donner des ordres....Quand Sarko a pris la decision de renforcer les troupes , les gamins avaient 6 mois d'armee. j'ai ete professionel et j'ai forme des apprentis et l'apprentissage durait 3 ans. Une honte pour la France, Sarko en tete, le ministre des armees. Je suis recvolte....

  • Balouba, le 21/08/2008 à 13h40

    Tous les enseignements oui bien sûr. Car,malheureusement,c'est la guerre ,c'est donc violent,trés dangereux,voire meurtrier. Tout doit être mis en oeuvre,en actes,pour dénoncer les carences,des militaires peut-être,y compris de nations de la coalition autres que la France. Mais aussi de certaines décisions politiques.

  • Sephora54, le 21/08/2008 à 13h38

    Une pensée pour toutes ces familles qui voient partir un des leurs pour plusieurs semaines voire plusieurs mois en pensant, comme tout à chacun, revoir leurs visages et qui se retrouvent aux invalides a finalement les pleurer...

  • Phil, le 21/08/2008 à 13h35

    Il est complètement stupide (je vise les officiers ici), de laisser des jeunes de 20ans sans expérience dans l'endroit le plus dangereux de la planète...les Talibans n'ont pas peur de mourir , bien au contraire, alors que les gars de 20ans ont une peur bleu de se faire descendre...les Talibans connaissent le moindre recoin du pays, c'est un suicide collectif.Une fois de plus, les généraux ayant appris les techniques de guerre dans les livres, se plantent lamentablement.C'est dégueulasse.

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