Meeting du PS au Zénith de Paris, le 29 mai 2007Les socialistes, et tous les socialistes, y compris Lionel Jospin, se sont retrouvés vendredi, pour trois jours, à la Rochelle où se tient traditionnellement leur université d'été. Seul Dominique Strauss-Kahn, "exilé" à Washington, manque à l'appel alors qu'un sondage TNS-Sofres le place comme présidentiable favori des Français pour 2012. Mais la présidentielle est encore loin, et c'est plutôt la préparation du congrès de Reims qui va occuper les esprits durant le week-end. François Hollande devra en novembre céder sa place de premier secrétaire à une personnalité qui sera élue par les militants.
Certes, Jean-Christophe Cambadélis, le chef d'orchestre de l'université de la Rochelle, a souhaité que les 3000 militants donnent l'image ce week-end d'un parti qui débat et qui travaille "dans le respect mutuel". Il souhaite que le "congrès de Reims" soit mis entre parenthèse pendant 72 heures et que les "petites phrases" soient évitées. Les travaux ont été ouverts comme chaque année par Ségolène Royal qui préside la région Poitou-Charentes. L'ex-candidate s'est toutefois vite éclipsée, étant invitée à un rassemblement de la gauche italienne à Florence. Un des 21 ateliers vendredi après-midi devait réunir Lionel Jospin et d'autres leaders européens pour évoquer la situation de la social-démocratie en Europe. Toutes les caméras seront bien sûr braquées sur l'ancien Premier ministre dont on guette toujours, malgré sa retraite politique, les messages politiques. De nombreux autres forums seront organisés pendant trois jours sur la politique économique et sociale, la justice, la culture ou la situation internationale. Qu'on se le dise, La Rochelle, c'est du sérieux.
La bataille en coulisses Mais La Rochelle cette année, c'est surtout les coulisses de la bataille qui s'annonce pour l'après-Hollande. Après un été où les lignes ont à peine bougé,
Bertrand Delanoë a précipité le mouvement en officialisant cette semaine sa candidature, ce qui l'installe, temporairement, dans un tête-à-tête avec Ségolène Royal. En se lançant dans la course juste avant le rendez-vous de La Rochelle, le maire de Paris a voulu occupé le terrain médiatique face à Martine Aubry, que ses proches présentent comme la seule alternative au "combat des chefs."
Comme Pierre Moscovici et Julien Dray, candidats déclarés depuis des mois, tous trois faisaient partie de la majorité sortante conduite par
François Hollande. Une majorité que le premier secrétaire tente de reconstituer, en vain pour l'instant. Dimanche, le député de Corrèze qui ne fait pas mystère de ses ambitions présidentielles pour 2012, prononcera son onzième et dernier discours de rentrée en tant que chef de l'opposition.
"Les militants sont dans le wait and see" Martine Aubry, maire de Lille, a posé au milieu de l'été les jalons d'un rapprochement avec les fabiusiens et une partie des amis de DSK.
François Hollande de son côté a esquissé cette semaine un pas vers
Bertrand Delanoë mais rien n'a concrètement abouti. Or, il ne reste que trois semaines aux courants pour déposer leurs "motions", les programmes électoraux soumis au vote des militants lors du congrès. Pour Claude bartolone, le PS vient de vivre un "été de dupes." "Delanoë pensait qu'il allait tout emporter sur son passage après sa réélection en mars, Royal imaginait qu'il suffisait qu'elle se présente pour remporter la mise et Moscovici et Dray qu'ils pouvaient empêcher l'arrivée de gros poissons dans l'aquarium", explique le bras droit de Laurent Fabius. Au final, "les militants sont dans le wait and see", ajoute le député de Seine-Saint-Denis.
Martine Aubry pourrait déclarer sa candidature la semaine prochaine et serait donc, avec Ségolène Royal et
Bertrand Delanoë, la troisième postulante à la succession de
François Hollande. Egalement candidat, Pierre Moscovici n'entend pas pour l'instant céder aux appels du pied des amis du maire de Paris et continue le combat. Son espace semble toutefois très réduit depuis que les présidentiables sont entrés en piste. Pour l'instant, toutes les ébauches d'alliances laissent de côté la gauche du parti, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon en tête. Mais Martine Aubry est en discussion avec ce dernier et essaierait de parvenir à agréger la droite et la gauche du parti avant de se lancer.