Le dalaï-lama, le 13 août 2008 à Paris © LCILe Parti socialiste dénonce vendredi les "corrections de trajectoire" de l'Elysée et du gouvernement au sujet du dalaï-lama, que le président Nicolas Sarkozy n'a pas prévu de voir avant le mois de décembre.
Après l'annonce d'une entrevue samedi à Nantes entre la socialiste Ségolène Royal et le chef spirituel tibétain, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, a affirmé qu'elle serait "très heureuse de rencontrer le prix Nobel de la paix". Elle a précisé jeudi sur RTL que des "contacts sont en cours (...) pour trouver le meilleur moment". (Lire notre article) Le même jour, l'entourage du dalaï-lama a fait savoir que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner devait en principe rencontrer le prix Nobel de la paix mercredi à Nantes, ce que le Quai d'Orsay n'a pas confirmé dans l'immédiat.
"On est presque dans le ridicule"
Pour Jean-Louis Bianco, vice-président socialiste du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, "c'est encore une correction de trajectoire". "Il s'agit manifestement d'une improvisation tardive en raison du retentissement qu'a eu la réception avec les parlementaires au Sénat et de l'annonce de la rencontre du dalaï-lama avec Ségolène Royal", dit-il dans le quotidien Libération. "C'est une incohérence de plus de la politique suivie par le gouvernement. S'il le voulait, il aurait été facile pour Nicolas Sarkozy d'annoncer ces rencontres lorsqu'il a dit que lui ne verrait pas le dalaï-lama en août", ajoute-t-il.
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a estimé que l'attitude des autorités françaises frisait le ridicule. "Je pense qu'il méritait comme l'ont fait d'autres chefs de gouvernement en Europe d'être reçu par le président de la République française. Là, on est presque dans le ridicule", a-t-il dit sur France info. Jean-Marc Ayrault, qui est maire de Nantes, a souligné qu'il recevrait officiellement le chef spirituel tibétain lundi prochain à l'hôtel de ville. "Ce sera la seule réception officielle en France dans un bâtiment de la République", a-t-il dit.
Soucieuses de ne pas irriter Pékin, les autorités françaises font preuve d'une grande discrétion à l'égard du chef spirituel tibétain depuis son arrivée en France, lundi. Le dalaï-lama a été reçu mercredi à huis clos par des parlementaires dans un bureau du Sénat. Sa visite en France s'achève le 23 août.
(D'après agence)
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