Pierre Moscovici, le 8 janvier 2008 © TF1/LCIMalgré les appels fervents à l'unité, la guerre des chefs fait rage à La Rochelle. A l'ouverture de l'université d'été du Parti socialiste, Ségolène Royal a lancé un vibrant et christique "aimez-vous les uns les autres...", ponctué toutefois d'un "... ou disparaissez", pendant que Bertrand Delanoë poursuivait son cavalier seul. Et dès vendredi soir, un rapprochement s'est profilé entre partisans de Martine Aubry et strauss-kahniens. Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg ont proposé la fusion de leur contribution commune avec celles de Martine Aubry, du maire de Lyon Gérard Collomb et du Marseillais Jean-Noël Guérini (Ligne claire) et enfin celle du Pôle écologiste pour arriver à une motion commune lors du prochain congrès du PS à Reims. Le strauss-kahnien Pierre Moscovici a notamment qualifié Martine Aubry de "partenaire privilégiée". "Pour le reste, nous sommes ouverts", a-t-il ajouté, précisant qu'à l'égard de Laurent Fabius, il n'y a "pas de contact privilégié mais pas d'ostracisme".
Pierre Moscovici a posé "trois exigences" comme base à cette fusion : "un programme de travail pour le PS", "des primaires" pour la désignation du futur candidat socialiste à la présidentielle, "le refus de la présidentialisation du congrès de Reims". Surtout, il a assuré, devant plusieurs centaines de militants signataires de la contribution au Congrès Besoin de gauche qu'il a présentée avec Arnaud Montebourg, qu'il ne faisait pas de sa candidature à la tête du PS une préalable à des alliances en vue du Congrès : "Je ne suis pas là pour faire de la figuration, je suis déterminé" mais "ce n'est pas un préalable car il ne faut pas être mégalo et cela peut évoluer dans le congrès". Une annonce qui permet donc de lever un point de blocage avec Martine Aubry et les fabiusiens, qui soutiennent une candidature de la maire de Lille.
"Désarmer les présidentiables"
"Le congrès se joue en ce moment", a lancé Jean-Christophe Cambadélis devant un auditoire jeune et enthousiaste car "nous essayons de nous élargir et de créer un processus de renouveau du PS". Il s'en est pris à l'actuel premier secrétaire François Hollande "qui fait un mouvement vers Bertrand Delanoë" car "il ne veut pas qu'on cristallise une dynamique" pour rejouer "la synthèse du Mans" et "maintenir le statu quo". Il a déploré que le PS soit devenu "un parti complètement obnubilé par la présidentielle".
Pour sa part Arnaud Montebourg a appelé à "désarmer les présidentiables" car sinon "nous aurions des bagarres et pas de projet alors que nous voulons un projet et pas de bagarres". Il a évoqué un "parti en miettes", "sans leader" avec "un retard stratégique sur l'UMP" et "en faillite idéologique".
D'après agence
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