Le ministre de la Défense Hervé Morin, auditionné à l'Assemblée nationale le 26 août 2008 © LCI/TF1"Rien ne permettait de prévoir l'attaque massive" qui a fait dix tués parmi les soldats français les 18 et 19 août en Afghanistan. Auditionné lundi par les commissions Défense et Affaires étrangères de l'Assemblée, le ministre de la Défense Hervé Morin a tenu à insister sur ce point, tandis que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé "probable" que la France essuie de nouvelles pertes en Afghanistan.
Hervé Morin est longuement revenu sur les circonstances de l'embuscade qui a causé la mort des 10 soldats français. Il a qualifié l'attaque du 18 août d'"opération extrêmement concertée", en soulignant que les "insurgés, d'après nos informations une petit centaine, ont attaqué simultanément" les différentes unités de la patrouille, soldats français de tête, afghans un peu plus loin et français restés en arrière. Il a estimé que l'objectif des talibans était de "marquer les esprits, couper nos forces du soutien des opinions publiques, faire douter les opinions".
"Le risque zéro n'existe pas"
"Evidemment nous mettons tout en oeuvre pour protéger nos soldats. Nos soldats sont bien équipés, ce sont tous des professionnels aguerris prêts au combat dans des situations les plus extrêmes", a ajouté le ministre, en référence aux critiques, notamment de certaines familles de militaires tués dans l'embuscade. "Mais le risque zéro n'existe pas dans les armées, nous ne pouvons que limiter ces risques au maximum", a-t-il toutefois souligné.
Hervé Morin a réaffirmé l'engagement de la France en Afghanistan, expliquant que la France n'avait "pas le droit de perdre", car "ce qui se passe an Afghanistan concerne notre sécurité et la sécurité de nos concitoyens". Rappelant que les voisins de l'Afghanistan sont l'Iran et le Pakistan, il affirmé qu'Islamabad, "de toute évidence, doit faire l'objet d'une pression internationale beaucoup plus forte qu'actuellement pour ne pas servir de base arrière aux talibans".
Bernard Kouchner a ensuite détaillé la stratégie française, estimant que les difficultés rencontrés sur place "ne devait pas justifier un renoncement". Tout en constatant de "vrais progrès pour la société civile", le ministre des Affaires étrangères a reconnu que les droits de l'Homme connaissaient, en Afghanistan, "une évolution inquiétante."
Le PS a estimé dans la soirée dans sa "majorité" qu'un retrait des troupes françaises d'Afghanistan aurait "des conséquences graves, incalculables", a déclaré mardi son secrétaire national pour les questions internationales, Pierre Moscovici.
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