Pierre Moscovici © TF1-LCI> Moscovici lâché : sa réaction
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Deuxième journée de chaleur suffocante sur La Rochelle. Les touristes, encore assez nombreux, assistent amusés "au bal des faux-culs", selon l'expression d'un vieux militant du Var. On s'embrasse par-devant, on se poignarde en coulisses. Samedi matin, c'est Pierre Moscovici qui semble avoir fait les frais de ce jeu de massacre feutré.
A 11h30, le député du Doubs a convoqué les journalistes pour expliquer la position des strauss-kahniens arrêtée lors de leur réunion d'hier soir à "l'unanimité des 500 militants présents". Ils ont convenu de proposer la fusion de leur contribution avec celle de Martine Aubry et celle du maire de Lyon Gérard Collomb et du marseillais Jean-Noël Guérini. Le rapprochement avec les fabiusiens n'est pas exclu mais "on verra plus tard", explique Pierre Moscovici. Quant à sa candidature au poste de Premier secrétaire, il la maintient "avec une détermination totale".
"Ce sont les adhérents qui finiront par trancher"
Il faut dire qu'une de ses déclarations d'hier soir a semé la confusion : il ne ferait plus de sa candidature "un préalable à la fusion avec les amis de Martine Aubry". Samedi matin, il présente cette concession comme "une politesse de langage". Mais la politesse a-t-elle encore sa place dans la bataille qui se joue dès ce week-end ? Interrogé sur ses différends tactiques avec son frère ennemi Jean-Christophe Cambadélis, Pierre Moscovici répond l'air désabusé : "Je suis habitué et cela renforce ma détermination". Il croit avoir le courant strauss-kahnien avec lui. "Ce sont les adhérents qui finiront par trancher si le problème persiste".
Peu avant son point-presse, Jean-Christophe Cambadélis a participé à une réunion de rapprochement entre les amis de DSK, ceux de Martine Aubry et de Laurent Fabius. "Les choses avancent très positivement, c'est un bloc majoritaire qui est en train de se constituer ce week-end", explique un proche de Martine Aubry. Et cette majorité encore virtuelle veut donner des images aux télévisions. Elle a prévu depuis plusieurs jours de déjeuner ensemble à la brasserie "Les Flots" située sur le port. Prévenus, les journalistes guettent de plus en plus nombreux l'arrivée des uns et des autres. Jean-Christophe Cambadélis, arrivé le premier, fait la bise à la maire de Lille. Puis arrivent les strauss-kahniens Jean-Paul Huchon et Jean-Marie Le Guen, le sénateur du Nord Daniel percheron, et le fabiusien Claude Bartolone.
"Je n'étais pas invité et ça tombe bien"
S'ensuit une scène ubuesque qui surprend même les vieux briscards des combinazione socialistes. Alors qu'à la brasserie des Flots, assiégée par les photographes, on attend encore l'arrivée de Laurent Fabius, les convives apprennent que Pierre Moscovici vient d'arriver, esseulé, à la brasserie d'à côté. Avant de s'asseoir à la terrasse, il lance à quelques journalistes la mine désabusée : "Il y a des moments où l'honnêteté doit compter en politique". Quelques minutes plus tard, son "compère" de Frangy, Arnaud Montebourg, s'engouffre dans la brasserie sans même lui jeter un regard. La politique dans toute sa cruauté.
Un peu plus tard, Pierre Moscovici vient saluer François Hollande qui déjeune en terrasse. Alors qu'on l'interroge sur ce déjeuner des Flots, il lance cette fois clairement : "Je n'étais pas invité et ça tombe bien car je n'y serais pas allé". Comment peut-il rebondir ? Quel arrangement peut-il trouver avec Martine Aubry qu'il doit rencontrer mardi ? Quelle place vont prendre les fabiusiens dans une éventuelle majorité ? Les interrogations d'ici le dépôt des textes le 23 septembre sont nombreuses. Mais d'ici ce soir, d'autres combinaisons peuvent nous surprendre. A suivre...
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