"Que va dire Pierre à Martine mardi ?"

Par Renaud PILA (sur place), le 31 août 2008 à 16h01 , mis à jour le 01 septembre 2008 à 10h48

Au lendemain de sa fermeture, retour sur l'université d'été avec notre envoyé spécial qui a parcouru les travées.

Pierre Moscovici Martine Aubry PSImages d'archives © LCI

L'entente impossible entre Pierre Moscovici et Martine Aubry pourrait être le fait marquant de la semaine à venir. Lors de leur rencontre prévue mardi après-midi, le député du Doubs  va poser ses conditions pour un rapprochement : que la maire de Lille se prononce pour une primaire ouverte de masse en 2011 pour le choix du candidat, qu'elle dise haut et fort qu'elle ne participera pas à cette primaire. Autrement dit, abandonner toute ambition présidentielle. Rien que ça. Argument du strauss-kahnien : "le prochain premier secrétaire du parti devra veiller en arbitre au bon fonctionnement de la primaire, et ne pas être juge et partie". Au delà de ses principes, il va lui faire savoir son mécontentement après la folle journée de samedi (Lire notre article). Elle devrait, quant à elle, lui reprocher ses propos désobligeants envers les fabiusiens.


En attendant Hollande, les militants se confient

Troisième journée de chaleur suffocante sur le port de La Rochelle où l'université d'été socialiste touche à sa fin. Le soleil a disparu, l'orage menace. Ceux qui croient aux signes y verront bien sûr une concordance entre l'électricité dans l'air et les dernières 48 heures de tensions, de confusion et d'intox . Avant le discours de clôture de François Hollande (Lire notre article), les militants papotent devant l'espace Ancan où ils ont participé nombreux aux ateliers thématiques. Loin des conciliabules, trahisons, et fausses promesses qui se jouaient dans les arrières-salles. "On est un peu les laissés-pour-compte de ce rendez-vous. Il y avait deux universités d'été : celle où on travaille et celle où on complote. C'est dommage", explique Jean-Paul, qui milite dans la Creuse. Plus optimiste, son épouse Martine réplique : "tout ça est normal, c'est la fin d'une histoire et le début d'une autre. Les militants ont plein d'idées et de valeurs communes. On finira bien par choisir un chef".

Beaucoup sont partagés entre écœurement et fatalisme, "il y a toujours eu beaucoup de présidentiables au PS, c'est une richesse mais l'important est de définir une ligne politique moderne et de s'y tenir", affirme Carole, une jeune militante. Paradoxalement, les leaders et responsables en tous genres sont plus inquiets de l'image donnée par le parti pendant trois jours. "Comment voulez-vous que les Français nous confient le pouvoir alors que nous ne sommes pas capables de nous organiser nous-mêmes ?", se lamente un secrétaire national. Quelques minutes plus tard, dans son discours peaufiné jusqu'à la dernière minute, François Hollande ne dira pas autre chose, parlant du PS comme s'il n'en avait pas été le patron pendant 10 ans (Lire notre article).

Chez les strauss-kahniens, un congrès dans le congrès

Dimanche matin, Pierre Moscovici marche seul dans la jolie rue pavée qui mène au port. Comme toujours portable collé à l'oreille, il a la mine fatiguée des petits-meurtres-entre-amis. Mais qu'on se le dise, il n'est pas un homme seul, pour preuve le maire de Lyon Gérard Collomb avec qui il s'est allié samedi soir arrive à ses côtés pour assister au discours de Hollande.

Son rival Jean-Christophe Cambadélis, lui, se félicite de la réunion de samedi avec Martine Aubry et les fabiusiens. "On a trois semaines pour choisir, explique un responsable local du courant strauss-kahnien qui penche pour la candidature de Moscovici. Les Français nous demandent de la clarté et s'allier avec les fabiusiens, ça fait très combinaison d'appareil". "Peut-être, lui répond un camarade parisien favorable à Aubry, mais avoir une majorité a un prix et on ne doit exclure personne". Les amis de DSK voient leur courant s'éclater en une multitude de chapelles dont les choix se feront surtout en fonction de considérations locales.

"Je n'arrive pas à voir Montebourg depuis 48 heures"

Dans le courant d'Arnaud Montebourg, c'est le désarroi. Un militant du Rhône n'a pas réussi à le voir depuis vendredi et ne sait plus à quel saint se vouer. Avec Moscovici il y a une semaine, avec Aubry lors du déjeuner des Flots, la volte-face du député de Saône-et-Loire peut laisser des traces chez ses amis. "Etre brillant orateur, c'est bien, mais être fuyant lorsqu'on a besoin de vous, c'est pas super".

"Et dire que Ségolène est en Italie"

Des passants croisés ici ou là cherchent l'ex-candidate dès que des caméras font mouvement sur les quais de la Rochelle. Mais les journalistes répondent inlassablement : "elle est partie vendredi soir pour une réunion des socialistes italiens". Beaucoup répondent : "elle a bien raison de rester à l'écart de ce merdier". Mais sa stratégie pour l'opinion sera-t-elle payante chez les militants de base ?  Certains critiquent son passage express, "elle n'a discuté avec personne et fait cavalier seul", "au moins Bertrand ou Martine ont écouté les uns et les autres", "se réserver pour des réunions de supporters, ça ne marchera pas."

Delanoë ira-t-il jusqu'au bout ?

Deux sons de cloche différents lors d'apartés avec deux amis du maire de Paris. Pour son fidèle Patrick Bloche, député de Paris, "Bertrand ne calera pas car il faut de la clarté pour les années qui viennent. Sans leadership fort, le travail de reconstruction du parti sera impossible". Se présenter quitte à perdre le congrès ? "Il prend le risque mais il n'a pas le choix sinon on continue avec une synthèse artificielle. Souvenez-vous de Jospin qui s'est fait battre, seul, au congrès de Liévin avant de revenir".  "Non, Bertrand ne peut prendre le risque de se faire battre à Reims, c'en serait fini de ses ambitions pour 2012", explique le maire du 3e arrondissement de Paris Pierre Aïdenbaum, fabiusien historique mais fidèle du maire de Paris. Il va falloir ouvrir avec Hollande et pourquoi pas Moscovici". La partie de poker menteur demande du sang-froid.

"Tu prends quel train ?"

Les militants font leurs bagages, et les équipes de télévision commencent à ranger leur matériel. La francofolie socialiste de La Rochelle se termine mais "le off" va se poursuivre dans les TGV du retour vers Paris. Dans les wagons de 1ère, les discussions entre responsables socialistes vont aller bon train. Il n'y a pas de temps à perdre pour faire fusionner 21 contributions en 3 ou 4 motions : date limite de dépôt des motions le 23 septembre. Les journalistes vont lutter pour ne pas s'assoupir et laisser traîner une oreille. A suivre...

Par Renaud PILA (sur place) le 31 août 2008 à 16:01
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5 Commentaires

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  • Cinqsous, le 31/08/2008 à 17h29

    Moscovici va dire à Martine "sois gentille Martine, tu as eu ta chance, tu nous a foutu dans le merdier avec tes 35 h, alors SVP, laisse moi ma chance aujourd'hui, c'est mon tour à dé......!!

  • Cinqsous, le 31/08/2008 à 17h26

    A Angoulème y a la BD a LA Rochelle, y a les clowns de service si ce n'était pas dramatique se serait drôle

  • Jpa, le 31/08/2008 à 17h16

    Que va t il dire?! Franchement la France s´en fout.

  • Marcel, le 31/08/2008 à 17h06

    Une chose est certaine après cette université d'été du PS, on a encore quelques bonnes années de franche rigolade ...

  • Michel, le 31/08/2008 à 16h24

    Tu veux ou tu veux pas!si tu veux tant mieux si tu veux pas et bien j'irai voir ailleurs!

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