• A-
  • A
  • A+
  • Version imprimable

Partager sur :

Envoyer cette page à un ami

Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.

Défense - Une rentrée politique pas comme les autres

Par Renaud PILA, le 25 août 2008 à 22h15, mis à jour le le 26 août 2008 à 07:32

L'audition mardi à l'Assemblée des ministres de la Défense et des Affaires étrangères sur la présence française en Afghanistan et le débat parlementaire le 22 septembre occulte les critiques de la gauche sur le terrain économique.

Article suivant dans 2008-08 : Delanoë reste le préféré
Nicolas Sarkozy rencontrant les soldats français en Afghanistan (20 août 2008)Nicolas Sarkozy rencontrant les soldats français en Afghanistan (20 août 2008)

Pouvoir d'achat en berne, chômage qui repart, ménages inquiets... Les ingrédients d'une rentrée sociale chaude sont pourtant là cette année plus que les précédentes. Et les mauvais chiffres de la croissance publiés et à venir laissent craindre l'entrée probable de la France en récession cet automne. Le chef de l'Etat et son gouvernement devraient normalement être sous le feu des critiques de l'opposition sur la conjoncture mais si la gauche se fend de quelques déclarations, elle reste plutôt inaudible sur ce terrain-là. Il faut dire qu'entre-temps, les Français ont vu rentrer avec stupeur les cercueils de dix jeunes soldats parachutistes, tués au combat en Afghanistan. Soudainement, l'opinion publique a découvert le choc d'une guerre menée par la France et qu'il n'est plus possible d'ignorer.


 
Depuis 2001, les forces tricolores n'ont jamais cessé de soutenir le gouvernement de Kaboul dans sa lutte contre les terroristes talibans mais la société médiatique est ainsi faite qu'une guerre lointaine ne se rapproche que lorsque les familles pleurent leurs premiers morts. C'est chose faite et la classe politique a emboîté le pas. 

Sarkozy sous pression de la Pologne
 
La crise géorgienne a également forcé cet été Nicolas Sarkozy à endosser très rapidement son costume de président de l'Union européenne et de fin négociateur pour arracher un cessez-le-feu aux autorités russes le 8 août dernier. Mais depuis l'accord accepté par le président Medvedev, l'armée rouge n'a pas totalement respecté son engagement et certains pays membres de l'Union européenne ont incité le président français à convoquer lundi prochain un conseil européen extraordinaire consacré à l'avenir des relations avec la Russie.

En convoquant ce sommet, Nicolas Sarkozy veut montrer à Moscou qu'elle ne peut pas traiter les Européens par le mépris, mais cette initiative pourrait néanmoins  raviver les divisions entre pays membres sur le partenariat à nouer avec Moscou. D'un côté, la Pologne et les pays baltes partisans d'une ligne dure, de l'autre la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne qui jugent la coopération avec Moscou incontournable. Si la réactivité du locataire de l'Elysée face à la guerre en Géorgie a été unanimement saluée, il a toutefois été la cible de critiques au PS, notamment de Laurent Fabius et Pierre Moscovici.
 
Mais c'est sur l'embuscade qui a causé la mort des soldats français en Afghanistan que l'opposition entend interroger en cette rentrée le pouvoir en place. Dès mardi, Bernard Kouchner et Hervé Morin seront auditionnés par les députés des commissions de la Défense et des Affaires étrangères Quel a été le déroulement de l'embuscade ? Des erreurs ont-elles été commises sur le terrain ? Les effectifs, le matériel et la tactique du contingent de 3.000 soldats français sont-ils adaptés à la situation ? La volonté des députés de comprendre rejoint celle affichée par Nicolas Sarkozy.

"Nous devons assumer les risques de la guerre"

Le chef de l'Etat sera ainsi au même à Castres (Tarn) au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), qui a perdu dans l'attaque huit soldats. L'agenda présidentiel est donc pour les semaines qui viennent consacré à la scène internationale, à ses nouveaux dangers, et à la nécéssité pour l'exécutif de tisser avec l'opinion française une relation de confiance sur le besoin d'agir. Y compris avec les conséquences qu'entraîne des opérations militaires à hauts risques. "Nous devons assumer les risques de la guerre", a ainsi prévenu le chef d'état-major des armées françaises dans une interview au Figaro, laissant entendre que d'autres drames sont à craindre dans les prochains mois.
 
Face à la dramatisation des enjeux en Afghanistan, il était bien normal que le Parlement débatte de l'engagement de la France dans cette région, pour ne pas laisser les seuls morts de soldats frapper les esprits. L'opinion a besoin de savoir, de débattre et de comprendre. Les députés socialistes ont eu ainsi bien raison de réclamer au Premier ministre un débat. François Fillon leur a accordé, il aura lieu le 22 septembre prochain, suivi d'un vote. Et il leur a peut-être joué d'ailleurs un bon tour.

Sur cette question, le PS a du mal à parler d'une seule voix. "On ne pourra pas donner de quitus à Nicolas Sarkozy s'il poursuit dans la politique qui est la sienne, c'est-à-dire de l'engagement de toujours plus de militaires", explique un proche de François Hollande. Henri Emmanuelli, tout comme Olivier Besancenot, réclame lui un retrait. "Il faut changer de stratégie et mettre fin à notre participation", dit-il.  Un avis que ne partage pas Pierre Moscovici. "Le retrait, non, la révision stratégique oui", a déclaré le député du Doubs, candidat au poste de Premier secrétaire du PS. La guerre n'avait pas divisé la gauche depuis longtemps. Une rentrée décidément pas comme les autres.
 
 

le 25 août 2008 à 22:15
J'aime0 personne(s) ont aimé cet article
Partager sur :
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

    Lire tous les commentaires

         Chargement en cours...

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        La rédaction vous recommande

        Le meilleur des émissions info de TF1 et LCI

        À ne pas manquer

        • Quel Grand Paris dans vingt ans?

          Le comédien Lorant Deutsch, passionné par l'histoire de Paris et l'architecte Christian de Portzamparc sont les invités de "Demain à la une " du 20 novembre 2009 sur le projet du Grand Paris.

        • Ici, voici Henry en volleyeuse de plage, affublé d'un maillot affriolant...
          La main d'Henry, déjà culte sur le web

          Thierry Henry reconverti en volleyeur ou en basketteur, orné de gants à la Mickey ou gêné devant une demande en mariage de Domenech : le web se déchaîne. Un fan-club est créé sur Facebook.

        • Une semaine pour l'emploi avec Claire Chazal

          Du 23 au 29 novembre, TF1, LCI, TF1 News et LCI radio se mobilisent pour l'emploi. Déposez vos annonces dès maintenant.

        Les podcasts des émissions

        Les blogs de la rédaction

        TF1 News est sur Twitter

        logAudience