© AFPDans la bataille du congrès de Reims, les choses s'accélèrent au PS, sans pour autant se simplifier. Une chose est certaine : aucun des candidats déclarés à la succession de François Hollande ne peut avoir à lui seul au mois de novembre la majorité des votes des militants. Ni Ségolène Royal, ni Bertrand Delanoë, ni Pierre Moscovici, ni Julien Dray, et ni peut-être Martine Aubry ne pourra prétendre diriger la rue de Solférino sans faire alliance avec d'autres pour construire ce que François Hollande appelle un "pôle central". Il reste donc trois mois aux uns et aux autres pour réussir les combinaisons susceptibles de leur assurer une victoire.
Si Ségolène Royal avance pour l'instant avec ses seules troupes dans la bataille, Bertrand Delanoë a expliqué mardi dans son interview au Monde qu'il entendait construire une majorité en rassemblant les amis de François Hollande, Martine Aubry et Pierre Moscovici. Il exclut donc une alliance avec les fabiusiens et les royalistes. Mais les souhaits du maire de Paris pourraient être contrarier par une prochaine annonce de candidature de Martine Aubry, peut-être la semaine prochaine après l'université d'été de la Rochelle.
Barrer la route à Royal et Aubry
Avec cette profusion concurrentielle, la clé du congrès de Reims semble de plus en plus être entre les mains de l'actuel locataire de la rue de Solférino. François Hollande a en effet décidé de ne pas être un spectateur de sa succession mais un acteur engagé. Avec sa connaissance parfaite des arcanes du parti, il entend bien peser pour que le prochain leader du PS ne le gêne pas dans ses ambitions futures... en 2012. Tout candidat déclaré devra donc faire peu ou prou alliance avec lui et ses amis. Et ses déclarations mercredi matin sur RTL et dans Libé laissent entrevoir un rapprochement avec le maire de Paris. François Hollande a ainsi expliqué qu'il acceptait "de travailler avec Bertrand Delanoë, mais aussi avec d'autres pour construire une majorité où ceux qui portent les mêmes idées se rassemblent".
Comme toujours chez les socialistes, il faut savoir décrypter entre les lignes les paroles des uns et des autres et ne pas voir dans celles du premier secrétaire du PS un soutien sans conditions au maire de Paris. Mais ce dernier a déjà marqué un point avant l'ouverture de la bataille à venir, il semble s'être assuré des bonnes intentions de François Hollande à son égard. Les deux hommes devront-ils s'entendre sur un troisième nom (Michel Sapin, Jean-Marc Ayrault, Harlem Désir, ...) pour diriger le parti au mois de novembre ou Bertrand Delanoë pourra-t-il occuper le fauteuil tant convoité ? Les interrogations sont multiples et les équations socialistes comportent comme toujours de multiples inconnues. Reste que ce rapprochement compliquerait les ambitions de Ségolène Royal et de Martine Aubry. Et ces deux femmes sont irréconciliables.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




