Sarkozy présente son plan BanlieuesLa réunion de crise des dirigeants des principales banques et compagnies d'assurances françaises, convoquée autour de Nicolas Sarkozy à l'Elysée en pleine tourmente du système bancaire européen, s'est achevée mardi peu avant midi. Une rencontre au sommet à l'issue de laquelle la plupart des participants sont repartis sans un mot pour les journalistes. Quelques-uns toutefois ont tenu à réaffirmer leur confiance, comme Georges Pauget, du Crédit Agricole, et Henri de Castries, président d'AXA, qui ont assuré que l'ensemble du dispositif bancaire français est "solide", "stable" et "fiable". Pour sa part, l'Elysée a fait savoir que le gouvernement annoncerait "d'ici la fin de la semaine" de nouvelles dispositions en ce qui concerne le financement de l'économie par le système bancaire - une "mission" qualifiée de "prioritaire" par la présidence.
Selon l'Elysée, la réunion de mardi matin avait pour objectif de passer en revue "la situation des institutions financières ainsi que la distribution des crédits aux ménages et aux entreprises", alors que la crise née aux Etats-Unis se propage en Europe, et que la France, la Belgique et le Luxembourg ont décidé tôt mardi matin de débourser plus de 6 milliards d'euros en urgence pour sauver le bancassureur franco-belge Dexia, dont le cours avait dévissé de 30% lundi. Etaient présents, outre le chef de l'Etat, le Premier ministre François Fillon, la ministre de l'Economie Christine Lagarde - absente de la "réunion de crise" dans la soirée à Bercy sur le chômage, pour préparer à l'Elysée le rendez-vous du lendemain - le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer et le directeur du Trésor Xavier Musca.
Un sommet pour réformer le système financier international
Résolu à prendre la crise à bras-le-corps, Nicolas Sarkozy, en annonçant lundi cette réunion de crise à l'Elysée, avait aussi annoncé une réunion de préparation d'un sommet pour la "refondation du système financier international". Elle devrait se tenir bientôt à Paris avec les quatre Européens du G8 ainsi que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le patron de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et Jean-Claude Trichet, président de la BCE. Mardi en fin d'après-midi, Nicolas Sarkozy a également reçu à l'Elysée, avec le ministre du Travail Xavier Bertrand, une délégation de patrons européens conduite par l'ex-président du Medef Ernest-Antoine Seillière. Ce dernier a estimé, à la sortie de la réunion, que le président Sarkozy est "décidé à agir, au niveau européen et au niveau international, pour contribuer à rétablir les conditions d'un fonctionnement normal essentiellement du crédit, puisque c'est l'oxygène du corps économique". Mercredi, Nicolas Sarkozy rencontrera par ailleurs le Premier ministre des Pays-Bas Jan Peter Balkenende ainsi que le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, pour évoquer, entre autres, la "réponse européenne" à la crise financière internationale.
Lors de son discours de Toulon jeudi, le président français s'était engagé à ce que l'Etat garantisse "la sécurité et la continuité" du système bancaire et financier français en cas de menace. "Si elles (les banques) devaient êtres mises en difficulté par la spéculation, je n'accepterais pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements", avait-il dit. Le président s'était également engagé à ce que l'Etat intervienne "si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d'assurer leur trésorerie". Lundi, Christine Lagarde a ainsi présenté des mesures visant notamment à prévenir le surendettement, dans le contexte actuel de durcissement attendu des conditions de crédit (lire notre article).
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