Ségolène Royal à Niort en septembre 2008 © AbacapressDelanoë l'emporte au "caméramètre"
Peu avant 17h, des dizaines de journalistes font les cent pas devant la Mutualité, dans le Ve arrondissement de Paris. Ils attendent les Bertrand, Ségolène, Martine et les autres... pour obtenir la déclaration qui passera dans les "20 heures". Premiers à arriver, Bertrand Delanoë et quelques mètres plus loin Laurent Fabius. Une forêt de caméras et flashs s'abat sur le maire de Paris qui répond aux questions en plein milieu de la chaussée, les automobilistes sont éberlués. Plus loin, l'ancien Premier ministre n'est entouré que de deux ou trois micros. Etre et avoir été. Quelques minutes plus tard, Ségolène Royal passe devant le maire de Paris en entraînant avec elle quelques journalistes. Mais ce soir-là, la dynamique médiatique est plutôt du côté de Bertrand Delanoë.
"Et dire que Ségolène lui avait fait une offre en or..."
Partisans de Royal comme d'Aubry s'interrogent encore sur le choix de Pierre Moscovici de rallier in extremis Bertrand Delanoë. Comme le raconte un proche de la maire de Lille, Ségolène Royal est allée jusqu'à lui proposer mardi matin d'être le premier signataire de sa motion, "une offre en or". Il aurait ainsi rejoint les Valls, Gorce, Peillon et Rebsmanen pour tenter de former l'équipe de la rénovation. Mais "il a eu peur de franchir le rubicon", dixit un royaliste, "donc il est rentré dans la bonne vieille maison jospino-rocardo-delanoïste. C'est son côté apparatchik". Explication différente d'un de ses amis strauss-kahniens : "si Mosco avait rejoint Ségolène, il aurait été flingué par Cambadélis et d'autres membres du courant strauss-kahnien".
"Delanoë, Hollande, Ayrault et Mosco : quel attelage !"
"C'est pas la motion Delanoë, c'est la motion Hollande-Ayrault". Chez les partisans de Martine Aubry, l'alliance entre le maire de Paris et l'actuel premier secrétaire suscite l'ironie mordante. "Comment voulez-vous que Bertrand prône le changement de méthodes dans le parti, flanqué de ceux qui l'ont laissé se déliter pendant dix ans ?", explique-t-on. La campagne de la maire de Lille va se faire sur le changement, un point commun qu'elle partagera pour une fois avec sa meilleure ennemie Ségolène Royal. Premier déplacement de Martine Aubry, dimanche à Orléans chez son ami Jean-Pierre Sueur.
"Vous connaissez Bertrand, il ne distribue pas les postes"
Comment le maire de Paris a-t-il convaincu Pierre Moscovici ? "Sur une ligne politique et sur la clarté", assure un député rocardien, "vous connaissez Bertrand, il ne distribue pas les postes." Pourtant, de sources concordantes, l'on sait que le député du Doubs a demandé au maire de Paris de devenir porte-parole du parti s'il devenait premier secrétaire. Réponse : "je proposerai ta demande à l'équipe qui sera constituée". De la même manière, il n'entend pas se faire dévier de sa route par l'habileté de François Hollande. "Bertrand n'est pas dupe des intérêts de chacun. Il a montré qu'il savait gérer avec autorité mais intelligence une équipe très diverse à la mairie", confie son conseiller politique Laurent Fary.
Valls : "Soit on se renouvelle, soit on crève"
Manuel Valls confie une certitude : ce congrès se gagnera sur le renouvellement. "Sinon on crève", lui emboîte un trentenaire de la région parisienne. Agé de 46 ans, le maire d'Evry regrette que "Mosco" ne soit pas venu sur la motion Royal, "celle qui offre les visages de la nouvelle génération". Plus loin, un cadre du parti confie en voyant Valls s'éloigner : "Manuel a déjà fait une croix sur 2012. Il ne bosse que pour 2017, comme son pote Copé".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




