Edvige déshabillée : des heureux ... et des déçus

Par , le 19 septembre 2008 à 18h13 , mis à jour le 19 septembre 2008 à 21h22

S'ils sont satisfaits des premières modifications apportées au fichier de police, de nombreux opposants ne comptent pas en rester là. Les policiers, eux, ne cachent pas leur déception.

Policier devant son ordinateurPolicier devant son ordinateur © LCI

Après des semaines de polémique et quatre jours de consultations au ministère de l'Intérieur, Matignon a transmis vendredi à la Cnil une nouvelle version du décret instaurant le fichier Edvige. Désormais, le recensement de personnalités politiques, syndicales ou religieuses n'est plus permis. Seules les préfectures pourront tenir des registres administratifs ne mentionnant que les noms, adresses et coordonnées. Par ailleurs, le nouveau Edvige exclut toute mention relative à la sexualité ou à la santé. Concernant les mineurs, si la possibilité de collecter des informations sur ceux qui sont "susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique" est maintenue, elles seront effacées à leur majorité "sauf si un élément nouveau est intervenu". 
 
Alex Türk, le président de la Commission nationale informatique et liberté, s'est aussitôt déclaré satisfait des modifications apportées au texte. Modifications qui prennent en compte les principales remarques qu'elle avait formulées dans un avis publié il y a ... deux mois et demi. Côté politique, le député Nouveau Centre, Jean-Christophe Lagarde, n'a pas perdu l'occasion de rappeler "l'intervention décisive" dans ce dossier du ministre de la Défense et président du NC, Hervé Morin : "Face à la mobilisation des associations et suite à l'intervention décisive d'Hervé Morin et des parlementaires du Nouveau Centre, le gouvernement a pris conscience que le contenu du fichier Edvige n'était pas acceptable". Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner s'est, lui, dit "très heureux" des modifications apportées sur "ce qui n'était pas acceptable", notamment les références à la santé ou la sexualité. Et le PS reste "très vigilant" sur la définition du nouveau fichier regrettant l'absence de débat parlementaire et de vote d'une loi.
 
A mort Edvige ?
 
Mais pour les syndicats et associations à l'origine du vent de protestation contre le fichier, si les avancées sont incontestables, la mobilisation ne devrait pas faiblir pour autant. Le collectif "Non à Edvige" demande toujours le retrait pur et simple du décret et l'ouverture d'un débat au parlement. Soulignant un "indéniable premier succès", la FSU, principal syndicat du monde enseignant, juge ainsi toujours "inacceptable" la possibilité de ficher des mineurs. La Défenseure des enfants, Dominique Versini, a elle aussi exprimé vendredi sa préoccupation sur ce problème des mineurs. Tout en se réjouissant, lui aussi, du recul du gouvernement, le Parti socialiste relève par ailleurs que le problème du droit éventuel d'accès et de rectification au fichier n'a pas été évoqué par Matignon. La journée de mobilisation prévue le 16 octobre, jour de la saint Edwige, reste donc, pour l'heure, maintenue.
 
Des policiers amers

 
Du côté des déçus, outre la ministre de l'Intérieur, contrainte sous la pression de vider de son contenu son décret, figurent bien évidemment les policiers. Et ils ne mâchent pas leurs mots pour décrire leur amertume. Ainsi, David Barras, secrétaire national du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), estime avoir assisté à "une polémique politicienne qui a touché le rôle et les missions des services de renseignements, et au delà toute l'institution policière". Et de dénoncer "le manque de concertation avec le ministère de l'Intérieur depuis plusieurs mois".

De son côté, Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat Synergie (second syndicat des officiers de police), a fustigé, "un débat philosophique entre bobos parisiens dont 95% n'avaient pas lu les 54 lignes concernant Edvige". Pour lui, ce décret était "un outil adapté à la demande de renseignements des  gouvernements de gauche comme de droite (...) Un outil moderne et transparent, techniquement bien adapté à ce qu'on nous demande". A ses yeux, le fichier controversé "n'avait rien de plus liberticide que le fichier des RG conçu par Michel Rocard qui existe depuis 1991". Emmanuel Roux, secrétaire adjoint du syndicat des commissaires de la police nationale, a jugé pour sa part qu'on avait "sacrifié la mission sur l'autel du bruit médiatique"...   

Par Alexandra Guillet le 19 septembre 2008 à 18:13
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8 Commentaires

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  • Osiris, le 19/09/2008 à 21h16

    Libertée egaliée fraternitée et vive la démocratie

  • Bag, le 19/09/2008 à 20h50

    Ils reculent sur certains projets mais pas sur d'autres comme les franchises medicales!

  • Napalm02, le 19/09/2008 à 20h25

    Classique des français, l'impression d'être sous la coupe de Big Brother à tous les coins de rue alors qu'on est un ou le pays le moins surveillé au monde. Mais bon comme je l'entend tous les jours la police fait toujours peur, ridicule, lorsqu'on a rien à se reprocher pourquoi avoir peur de la police ? Elle est la, la VRAIE question.

  • Nouchka13, le 19/09/2008 à 19h46

    Fichée moi je m'en fout j'ai rien à me reprocher. Mais je note qu'une fois de plus les politiciens, syndicaliste .. enfin tout ce micro cosme est passé au travers après avoir fait beaucoup de bruit.

  • Ombre, le 19/09/2008 à 19h43

    Si ils n'arrivent pas a se mettre d'accort pour le bien du pays et sa defence si on parle bien de sà, cela ne peut qu'arrangé ce qui en souhaite le déclin et ils sont légion.....................

  • Michel, le 19/09/2008 à 19h37

    Lamentable!

  • Loulou, le 19/09/2008 à 18h57

    Ce fichier devrait être la fierté des Français - Mais où sont passés nos valeurs - Un bon citoyen n'a rien à cacher - Reste t'il de bons citoyens en France je vous le demande !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! N'ayez pas honte publiez moi

  • RÉGIS, le 19/09/2008 à 18h50

    Que les bobos ne viennent pas se plaindre si certaines enquêtes pietinent, la déléquence évolue,il fallait doter les services de polices des outils adéquats!!

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