Le Palais de l'Elysée/Image d'archives © DRDevant l'ampleur de la polémique sur le fichier de police Edvige, le chef de l'Etat a décidé, mardi, de reprendre la main. Selon nos informations, le Premier ministre François Fillon, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et le directeur de la police nationale Frédéric Péchenard étaient en fin d'après-midi à l'Elysée. Nicolas Sarkozy souhaite faire un point sur les crispations que suscitent ce fichier et mettre un terme définitif à la controverse. A l'issue de cette réunion, Michèle Alliot-Marie interviendra en duplex au 20 heures de TF1.
A la mi-journée, la ministre de l'Intérieur avait commencé à lâcher du lest en proposant aux associations opposées au fichier Edvige de "se rencontrer". Elle dit même avoir déjà contacté "un certain nombre de personnalités, responsables d'associations" pour ce faire. Lors de cette rencontre, elle pourrait leur faire une proposition. Non pas la suppression pure et simple du controversé fichier, comme le réclament les opposants qui appellent à manifester le 16 octobre (jour de la Sainte-Edwige), mais un aménagement.
Droit à l'oubli pour les mineurs
Michèle Alliot-Marie s'est notamment dite prête à leur proposer le "droit à l'oubli" pour les mineurs, soit la possibilité d'effacer du fichier ceux qui n'auraient finalement participé à aucun délit après un certain temps. Car, dit-elle "j'entends des inquiétudes, je veux lever ces inquiétudes et toutes les ambiguïtés". Notamment vis-à-vis de la Cnil (Commission de l'informatique et des libertés) "qui s'inquiète sur le fait que des mineurs (restent) dans le fichier Edvige après leur majorité si rien ne s'est passé", a relevé Alliot-Marie.
Pour l'heure, le fichier Edvige prévoit en effet que des mineurs, dès 13 ans, puissent y figurer si, par exemple, "ils se trouvent dans un certain nombre de groupes extrêmement violents ou participant à des trafics de drogue", a-t-elle expliqué. "Mais si, par la suite, ils ont des conduites exemplaires, il n'y a aucune raison pour que cela les suive toute leur vie", a redit la ministre.
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