François Fillon, le 25 août 2008 dans une école du Maine-et-Loire © TF1-LCI 
> Christine Lagarde, invitée du 20h de TF1, décrypte le Budget 2009
> Banques : que se passerait-il en cas de faillite ?
Au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy à Toulon, sorte de discours-vérité (lire notre article), le Premier ministre a à son tour évoqué la difficile situation économique actuelle. François Fillon a lancé vendredi soir un appel "à l'unité nationale" face à la crise financière, évoquant des "temps difficiles".
"Les temps sont difficiles (...) Il y a des moments où l'unité nationale s'impose", a déclaré le Premier ministre lors d'une réunion publique de l'UMP du Val d'Oise, à Enghien-les-Bains, en demandant aux militants réunis à Enghien-les-Bains de ne pas laisser la gauche "dire n'importe quoi". "Plus que jamais il va falloir se battre", a-t-il souligné.
"Au bord du précipice"
La situation est telle que Nicolas Sarkozy et George Bush ont d'ailleurs discuté vendredi après-midi des perspectives du plan de sauvetage du système financier américain. "Depuis quelques jours, la tempête financière américaine s'amplifie. C'est une crise majeure, qui pousse tout le système économique mondial au bord du précipice. Une crise comme il s'en produit seulement une ou deux par siècle", a ajouté le chef du gouvernement. "Je vous parle avec franchise : nous sommes dans une passe difficile, qui réclame du sang froid, de la ténacité et du courage", a-t-il également déclaré, excluant à nouveau toute politique de relance ou d'austérité face à la crise financière.
Pour François Fillon, le projet de loi de finances pour 2009 présenté vendredi par le gouvernement est "strict". "Nous tenons la dépense publique, nous divisons par deux le rythme de son augmentation annuelle. L'augmentation de la dépense de l'Etat sera égale à zéro en volume", a-t-il dit. Le Premier ministre a également confirmé sa décision de maintenir "l'objectif de stabilisation des prélèvements obligatoires." "Je le dis clairement : les impôts ne doivent pas augmenter", a-t-il dit.
"Un budget de rigueur, c'est quoi ?"
Au même moment, Christine Lagarde défendait le fameux PLF, le Budget 2009 présenté quelques heures avant en Conseil des ministres (lire notre article), que Bercy a eu du mal à dresser entre faible croissance, contraintes européennes et crise financière. Une opération vérité toujours, et de communication pour faire passer des chiffres austères... Après un décryptage en direct de Bercy, la ministre, qui va présenter lundi des mesures visant notamment à prévenir le surendettement, était l'invitée de TF1 vendredi soir, pour expliquer là encore les chiffres (voir la vidéo).
Idem du côté du ministre du Budget. Il s'est pour sa part défendu vendredi d'avoir présenté un Budget 2009 de rigueur. Eric Woerth s'est félicité que le projet de loi de finances 2009 démontre "un effort marqué sur toute la sphère de la dépense publique", "un effort de maîtrise des dépenses sans équivalent depuis 30 ans". "J'ai entendu parler d'un budget de rigueur", a-t-il poursuivi. "Un budget de rigueur, c'est quoi ? Des coupes sombres et des hausses massives d'impôts. Ce budget ne contient ni les unes, ni les autres", a-t-il affirmé. "La maîtrise des dépenses ne sacrifie en rien les dépenses prioritaires, au contraire", a-t-il poursuivi, citant "la recherche et l'enseignement supérieur", "le Grenelle de l'environnement" et "la revalorisation du travail". Il a aussi assuré que "toute la stratégie" du gouvernement, "c'est la baisse des dépenses publiques, pas la hausse des prélèvements obligatoires".
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