Passe d'armes entre Morin et Alliot-Marie

le 07 septembre 2008 à 11h59 , mis à jour le 08 septembre 2008 à 09h55

Le président du Nouveau Centre s'est interrogé publiquement sur certains contenus du fameux fichier de renseignement lors de l'université d'été de son parti.

Fichier de police EdvigeFichier de police Edvige © LCI

Après l'opposition, le MoDem et diverses associations, Edvige suscite l'inquiétude et les critiques d'Hervé Morin. S'il était jusqu'alors resté discret sur ce chapitre en tant que ministre de la Défense, il a changé d'attitude ce week-end en endossant son habit de président du Nouveau Centre et s'est interrogé publiquement sur certains contenus du fameux fichier de renseignement.

Réagissant aux propos d'Hervé Morin, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a ironisé. "Je suis ravie que M. Morin se pose des questions. La question que moi je me pose, c'est comment il se fait que depuis le 1er juillet, il n'ait pas réussi à trouver mon numéro de téléphone pour me demander ce qu'il en était, je l'aurais rassuré", a-t-elle déclaré à la presse à l'issue du Campus UMP de Royan.  

Mais, lundi matin, la polémique ne désenfle pas puisque c'est la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui s'est déclarée troublée par la création du fichier de police. Et de demander à son tour des explications. Créé par un décret paru le 1er juillet au Journal officiel, le fichier Edvige permet en effet de recenser dès 13 ans des personnes jugées "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", ainsi que des personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique" ou jouant un "rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Une définition très large qui a déjà poussé François Bayrou à appeler les élus à "un mouvement de refus républicain" de ce fichier, et qui a suscité les interrogations du président du Nouveau Centre.

"La question de nouvelles libertés fondamentales se pose à nous"

"Nous avons besoin de fichiers pour assurer la sécurité de nos compatriotes. Mais en l'espèce, je voudrais poser un certain nombre de questions", a déclaré Hervé Morin devant 400 militants à La Londe des Maures lors de l'université d'été de son parti. "Est-il utile pour assurer la sécurité de nos compatriotes, de centraliser des informations relatives aux personnes physiques ayant seulement sollicité un mandat politique ou syndical ? Est-il utile que (...) l'on y intègre des éléments comme les coordonnées téléphoniques, les orientations, sans savoir exactement de quoi il s'agit, des informations d'ordre fiscal ou patrimonial ? Est-ce bien nécessaire de ficher les personnes jouant selon les termes même du décret un rôle institutionnel économique social ou religieux significatif ? N'y a-t-il pas là un curieux mélange des genres ?" "Voilà un sujet qui démontre que la question de nouvelles libertés fondamentales se pose à nous", a conclu Hervé Morin. Avant d'annoncer : "Pour ma part je ferai des propositions au début de l'année prochaine sur ces sujets-là".

 

D'après agence

le 07 septembre 2008 à 11:59
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