L'élection de Kosciusko-Morizet annulée ?

le 23 septembre 2008 à 12h31 , mis à jour le 23 septembre 2008 à 19h56

Le commissaire au gouvernement a préconisé l'annulation de l'ensemble des opérations électorales et donc la victoire de la secrétaire d'Etat. En cause, un tract "à caractère diffamatoire".

Nathalie Kosciusko-MorizetNathalie Kosciusko-Morizet © Abacapress

Nathalie Kosciusko-Morizet va-t-elle devoir repasser devant les urnes ? Réponse dans les semaines qui viennent. La commissaire du gouvernement s'est en tout cas prononcée mardi devant le tribunal administratif de Versailles pour l'annulation des municipales à Longjumeau, ville de l'Essonne dont la maire est la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. La commissaire du gouvernement a en effet estimé que la candidature de l'ex-maire de la ville, le divers gauche Philippe Schmit, nommé en janvier inspecteur général de l'équipement, pouvait être considérée comme une candidature fictive de nature à altérer la sincérité du scrutin. Interrogée par LCI.fr, NKM n'a pas souhaité s'exprimer sur l'avis de la commissaire du gouvernement, rappelant qu'il ne s'agissait pas d'une décision.

Selon le candidat socialiste Jean-Claude Marquez, à l'origine du recours en annulation, et dont la liste avait été devancée par celle de Nathalie Kosciusko-Morizet de 39 voix, la nomination de l'ancien maire comme inspecteur général de l'équipement était intervenue "sur proposition du ministère de l'Ecologie", où Nathalie Kosciusko-Morizet occupe le poste de secrétaire d'Etat.  En outre, Philippe Schmit, maire PS de la ville de 1989 à 2001, s'était depuis la fin de son mandat éloigné de la vie municipale, ne se réinscrivant sur les listes électorales de la ville que quelques mois avant les municipales, le 30 décembre 2007. D'où les doutes de Jean-Claude Marquez sur la réalité de cette candidature.

La commissaire du gouvernement a également évoqué la diffusion d'un tract anonyme quelques jours avant le second tour, dans lequel étaient évoqués des démêlés judiciaires du frère du candidat socialiste dans une affaire de moeurs. "J'espère que le tribunal suivra les conclusions du commissaire du gouvernement", a déclaré Jean-Claude Marquez, qualifiant ces conclusions de "très sévères". Les habitants de Longjumau ont "droit à une nouvelle élection", a-t-il ajouté. La décision a été mise en délibérée par le tribunal, qui n'a toutefois pas fixé de date. 

Les autres recours examinés aujourd'hui :

  • A Perpignan, où la réélection à la tête de la ville de l'UMP Jean-Paul Alduy est contestée par la socialiste Jacqueline Amiel-Donat, le commissaire du gouvernement s'est prononcé mardi pour le rejet de la demande d'annulation de l'élection municipale. Dans cette ville, le second tour, pour lequel une liste FN s'était aussi maintenue, avait été notamment marqué par des incidents dans un des 66 bureaux de vote, le président de ce bureau ayant été trouvé en possession de bulletins de vote et d'enveloppes dissimulés dans ses poches et ses chaussettes lors du dépouillement. Depuis, cet homme, frère d'un colistier de Jean-Paul Alduy, a été mis en examen pour fraude électorale. Le commissaire du gouvernement a également relevé des erreurs dans le décompte des feuilles de pointage dans ce bureau. Toutefois, a estimé le commissaire, même si l'ensemble des voix litigieuses était déduit des résultats du maire sortant, "l'écart de voix" resterait "encore favorable à la liste conduite par M. Alduy, pour plus de 150 voix". D'où sa demande de rejet du recours. Réponse le 7 octobre.
  • Concernant l'élection municipale de Perpignan, où le ministre de l'Education Xavier Darcos avait perdu son fauteuil de maire, le commissaire du gouvernement a demandé mardi le rejet de la demande d'annulation, le tract litigieux n'étant pas considéré comme "de nature à modifier le résultat". Dirigé contre Xavier Darcos, ce tract, distribué pendant la campagne électorale, mettait en cause "les conditions d'emploi de son épouse dans son cabinet". Le tribunal rendra sa décision le 7 octobre.
  • Le tribunal administratif a également examiné mardi un recours contre le maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault. Le commissaire du gouvernement a préconisé son rejet.
  • La victoire du maire sortant UMP de Carcasonne Gérard Larrat, qui était opposé au socialiste Jean-Claude Pérez à l'élection municipale de mars dernier, a été confirmée mardi par le tribunal administratif de Montpellier.

  • Le tribunal administratif de Versailles a de son côté annulé mardi les élections municipales et cantonales à Montgeron, dans l'Essonne, dont le socialiste Gérald Hérault est maire depuis 1995 et conseiller général depuis 1994.


 

le 23 septembre 2008 à 12:31
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience