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Fichier Edvige - Nicolas Sarkozy révise ses fiches

Par D.H. (avec agence), le 09 septembre 2008 à 19h38, mis à jour le le 10 septembre 2008 à 16:07

Lors d'une réunion d'urgence à l'Elysée, le président a demandé mardi à Michèle Alliot-Marie "d'ouvrir rapidement une concertation" sur le controversé fichier.

ElyséeLe Palais de l'Elysée/Image d'archives

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Alliot-Marie invitée du 20h : ''nous n'avons rien à cacher''

MAM avait commencé à lâcher du lest mardi à la mi-journée, en proposant un "droit à l'oubli" pour les mineurs fichés (lire notre article). Il faudra faire plus. Devant l'ampleur de la polémique sur le fichier de police Edvige, Nicolas Sarkozy a décidé de reprendre la main en réunissant en urgence à l'Elysée, mardi après-midi, le Premier ministre François Fillon, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et le directeur de la police nationale Frédéric Péchenard.

Réunion au cours de laquelle il a demandé à la ministre de l'Intérieur "d'ouvrir rapidement une concertation" sur le fichier de renseignement, avec des personnalités telles que le président de la Ligue des Droits de l'Homme, qui devra être "suivie de décisions pour protéger les libertés". Selon une source proche du dossier, pourraient être "évacués" du fichier les renseignements concernant l'orientation sexuelle et la santé des personnes. "L'opportunité" de ficher "les personnalités" est également "largement mise en cause". Au cours de cette réunion, "M. Sarkozy a rappelé que la priorité était la lutte contre la délinquance", a souligné l'Elysée.

"Nous n'avons rien à cacher"

Interrogée au JT de TF1 à la sortie de cette réunion, Michèle Alliot-Marie a estimé que la polémique "n'avait pas lieu d'être", mais promis de lever les inquiétudes. D'abord, en recevant "dans les jours qui viennent", "des personnalités". Ensuite, en se disant prête à débattre devant des députés, voire à "prendre un texte législatif" pour inscrire toutes les "garanties" nécessaires aux libertés publiques pour la mise en oeuvre du fichier. Car, a-t-elle dit, "il y a des garanties" sur ce fichier qui, elle le "rappelle, existe depuis 1991". La ministre a assuré : "nous n'avons rien à cacher".  "Des fichiers, la police en a besoin", a-t-elle estimé, affirmant qu'il n'était "pas question d'avoir des indications sur la santé ou la vie sexuelle".

Auraparavant, Michèle Alliot-Marie avait précisé, sur RTL, qu'elle allait "continuer à proposer à un certain nombre de personnalités -pourquoi pas des responsables d'organisations syndicales, d'associations, le président de la Cnil- que nous nous retrouvions dans les prochains jours pour recenser toutes les inquiétudes, mettre en face toutes les garanties qui étaient prévues et voir ensemble comment nous pouvons donner toutes ces garanties, d'une façon formelle, d'une façon écrite. Pourquoi pas dans un texte". A la mi-journée, la ministre de l'Intérieur avait déjà proposé aux associations opposées à Edvige de "se rencontrer", disant avoir déjà contacté "un certain nombre de personnalités, responsables d'associations" pour ce faire.

PS : "la mobilisation a payé"

Interrogé juste après sur LCI, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme a estimé que cela ne suffisait pas. "Ce n'est pas un sourire de Mme Alliot-Marie", qu'il a trouvé très "embarrassée", qui fera cesser la grogne, a-t-il estimé, exigeant de nouveau le retrait pur et simple du fichier. Il revendique 140.000 signatures contre le fichier, soit 40.000 de plus qu'il y a quatre jours, a-t-il dit. Il est "d'accord pour rencontrer les ministres de la République, à condition que cela serve à quelque chose".

Delphine Batho, secrétaire nationale du PS, a salué mardi soir "une première victoire". "La mobilisation citoyenne contre le fichier Edvige a été utile et elle a payé", a déclaré la députée des Deux-Sèvres. La responsable socialiste estime aussi que "ce revirement" est "un désaveu
pour François Fillon qui pensait étouffer le débat qui s'est ouvert jusqu'au sein du gouvernement par des rappels à l'ordre
". Selon elle, "le gouvernement a reculé et rejoint désormais la proposition du Parti socialiste d'organiser un débat parlementaire débouchant sur l'adoption d'une loi sur les fichiers de renseignements".

A son tour, le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, a suggéré un débat dans le cadre d'une commission parlementaire. La socialiste Martine Aubry a demandé mardi soir "le retrait pur et simple du fichier Edvige". Le collectif d'opposants annonce une série d'actions pour le 16 octobre (jour de la Sainte-Edwige) : lire notre article.

le 09 septembre 2008 à 19:38
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