Laurent Wauquiez © LCIL'annonce était attendue mais son impact est ravageur en pleine crise financière et boursière : au mois d'août, le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE a bondi de 2,2%, ce qui représente 41.300 inscriptions en plus. Depuis le début de l'année, c'est la sixième hausse mensuelle des inscriptions à l'ANPE, après janvier (+0,7%), mars (+0,4%), mai (+0,3%), juin (+0,2%), et juillet (+0,1%), et la quatrième hausse consécutive depuis le mois de mai. Interrogé mardi sur France Inter à propos de ce gros trou d'air, Laurent Wauquiez a estimé "qu'on va rentrer dans une phase qui va être difficile et qui va durer au minimum un an".
"Ce n'est pas une nouvelle qui évidemment me réjouit", a concédé le secrétaire d'Etat à l'emploi, mais "la France n'est pas protégée par magie : on va rentrer dans une période qui va être délicate en termes d'emploi. Le retournement en août est un chiffre très élevé. Lucidement, on ne devrait pas ravoir un chiffre comme ça sur l'ensemble des mois qui vont venir. Par contre, on a une dégradation du climat économique et ça pèse nécessairement sur l'économie de la France. Oui, je m'attends à ce qu'on ait des chiffres du chômage qui soient mauvais pour un an".
Priorité aux contrats aidés
Le secrétaire d'Etat à l'emploi a tenu toutefois à relativiser l'impact de ces mauvais chiffres. L'évolution ne sera pas bonne, certes. "Ça ne veut pas dire du tout dramatique. Je ne pense pas qu'on aura une situation aussi grave que ce qu'on a pu connaître dans des périodes comme 93 où le début des années 80, mais on va avoir un an difficile", a souligné Laurent Wauquiez.
Parmi les pistes pour faire face à la situation, a estimé le secrétaire d'Etat, figurent les contrats aidés, "un dispositif que j'ai toujours défendu", assure-t-il. "Depuis que je suis arrivé, on a demandé à inverser la tendance sur les contrats aidés, qui avaient été réduits dans une période d'amélioration du chômage, et en juillet, avant même la dégradation très forte de ces chiffres, on a fait une relance de 60.000 contrats aidés", a-t-il expliqué. Mais "ça prend du temps à monter, trop de temps", a-t-il déploré. "J'ai demandé hier à tous ceux qui en sont en charge, notamment au niveau de l'ANPE-Unedic, que ça aille plus vite. Aujourd'hui, on a gardé à peu près le même niveau de contrats aidés que ce qu'on avait l'année dernière".
Laurent Wauquiez juge cependant encore possible le plein emploi pour 2012, l'une des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. "Ce qu'il faut c'est qu'on prépare le bateau, pour que lorsqu'on aura à nouveau un vent favorable on puisse à profiter à plein en terme d'emploi", a-t-il déclaré. Il a en outre confirmé qu'une enquête administrative était en cours pour déterminer l'origine de la fuite sur le nombre de chômeurs, alors que le site internet Rue89 avait le premier annoncé un chiffre compris entre 30.000 et 40.000 demandeurs d'emplois en plus en août.
D'après agence
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