Martine Aubry à Lille, avec Bertrand Delanoë © Abacapress"Faire un contre-Cergy". Pour le dépôt de leur motion samedi, les partisans de Martine Aubry ne veulent pas d'une réunion du type de celle qu'ont organisée Bertrand Delanoë et François Hollande mardi dernier. "Une tribune mal éclairée avec le premier secrétaire en guest star, et au premier rang la vieille garde jospiniste, quelle image de renouvellement !", raille un proche de la maire de Lille.
Alors pour faire autrement et "plus joyeux", l'équipe Aubry a choisi un endroit bien connu des bobos du nord de Paris, La Bellevilloise, dans le 20ème. Ils ont invité à 15h une centaine de personnes représentant les différentes sensibilités de la motion (des aubrystes, des fabiusiens, des strauss-kahniens). "Nous voulons mettre en avant les jeunes militants et les nouveaux élus", explique Jean-Christophe Cambadélis qui assure qu'il "se fera petit". Tout comme Laurent Fabius qui lui sera carrément absent.
La crise financière peut-elle servir Aubry ?
Voilà pour la forme. Sur le fond, Martine Aubry devrait expliquer le contenu politique de sa motion mais ne pas se déclarer formellement candidate au poste de premier secrétaire. Elle sera pourtant candidate. Mais toujours avec l'obsession de jouer "collectif", elle veut créer une dynamique de rassemblement et renvoyer la motion Delanoë à une stratégie personnelle. "Le rassemblement de forces diverses, il est chez nous, explique le fabiusien Claude Bartolone. Et ne me parlez pas des divisions d'un monde passé alors qu'il y a devant nous un nouveau monde à construire comme le montre la crise financière actuelle". La mauvaise santé du capitalisme mondial et le besoin de régulation replacent le rôle de l'Etat au centre du débat, ce qui pourrait installer cette motion de gauche au centre de gravité du PS à Reims.
Reste une inconnue pour les heures à venir : Pierre Moscovici va-t-il rejoindre Martine Aubry ? Leurs discussions ces dernières heures "se passent mieux", explique un élu au cœur des négociations. Le député du Doubs s'étant fait lâcher par les barrons de la Ligne Claire Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini qui rallient Ségolène Royal, il pourrait être tenté de soutenir la motion Aubry. Avec dans la corbeille d'alliance, la place de numéro 2 et surtout la future présidence du groupe PS à l'Assemblée.
Autre hypothèse, un ralliement de Pierre Moscovici à Ségolène Royal mais combien de strauss-kahniens pourraient le suivre dans un soutien à l'ancienne rivale de DSK à la présidentielle ? Quant à rejoindre Bertrand Delanoë qui verrait d'un bon œil le renfort d'une personnalité moderne, ce scénario n'est pas à exclure, loin de là. Réponse de Pierre Moscovici prévue lundi, la veille du dépôt des motions. Normalement...
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