Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine Le Pen © TF1/LCILe leader du Front national Jean-Marie Le Pen annonce qu'il devrait abandonner la politique d'ici 2010, soit avant la prochaine présidentielle de 2012. Il laisse encore planer le doute sur son successeur, tout en laissant deviner que sa préférence va à sa fille benjamine Marine Le Pen.
Jean-Marie Le Pen va devoir gérer la partie la plus difficile de sa longue carrière: sa succession. Car celui-ci l'a annoncé: selon toute vraisemblance, il devrait abandonner son poste de président lors du prochain congrès de 2010, après trente-huit ans de règne à la tête du Front, indique jeudi l'hebdomadaire Valeurs actuelles. Mercredi, dans Libération, le leader frontiste faisait déjà cette déclaration sans équivoque : «J'ai déjà dépassé de vingt ans l'âge légal de départ à la retraite. Rien n'est fini mais je change de rôle».
Marine Le Pen plébiscitée dans un sondage
Si longtemps repoussé, ce départ annoncé, s'il clarifie la situation, attise en revanche les rivalités internes. À quelques jours des universités d'été du Front national, ce week-end à Évian, une question est sur toutes les lèvres: qui sera, entre Marine Le Pen, Bruno Gollnisch et Carl Lang (celui-ci ayant annoncé qu'il ne serait candidat que si Gollnisch ne l'était pas), le prochain président du FN ? Les militants seront appelés à trancher. Concernant le "souhait", aujourd'hui, de ses sympathisants, le résultat du sondage Ifop-Valeurs actuelles est sans appel : 76 % d'entre eux plébiscitent la benjamine des filles Le Pen, contre 14 % pour Gollnisch et 7 % en faveur de Lang. Celle-ci réalise notamment un carton plein chez les plus jeunes : 89 % de soutien chez les moins de 35 ans, quand Gollnisch réalise, lui, son meilleur score chez les plus anciens : 30 % chez les 65 ans et plus.
Quant au chef du FN, pour la première fois, il laisse clairement apparaître ses préférences: «Nous sommes, Bruno Gollnisch et moi, d'une génération qui avons vécu un certain nombre d'événements et qui ont une vue des choses qui, parfois, n'est pas celle des jeunes générations. À tort peut-être, mais c'est ainsi. Marine est plus proche des préoccupations des gens. C'est une jeune mère de famille.Moi je suis un grand père. Bruno commence à l'être. Marine, ses enfants ont dix ans... » Et d'ajouter, au sujet de sa fille, qu'elle « incarne, forcément, davantage l'avenir » du FN.
Jeudi soir, Jean-Marie Le Pen a tenu à nuancer ses propos, indiquant qu'il n'avait "pas de parti pris" entre sa fille Marine et Bruno Gollnisch. "Je n'ai pas de parti pris dans cette affaire. Je souhaite que ce soit le meilleur qui soit choisi, tant pour la direction du mouvement que pour la candidature à la présidence de la République", a-t-il déclaré sur France 2, tout en se disant "assez fier" de sa fille. Il a aussi indiqué qu'il continuerait "à faire de la politique" même quand il ne sera plus à la tête du FN en 2010 ni son candidat à l'élection présidentielle en 2012.
Réactions des concernés
Bruno Gollnisch, vice-président du Front national, n'a pas tardé à réagir à ce soutien à peine déguisé. Il estime jeudi qu'au lieu de présenter sa fille comme l'avenir du FN, Jean-Marie Le Pen aurait pu adopter "une position plus arbitrale" pour évoquer sa succession.
Pour sa part, Marine Le Pen a renvoyé à 2010 le débat. "Jean-Marie Le Pen reste président du FN pendant au moins deux ans", a déclaré sa fille sur BFM-TV. "Il envisage de quitter la tête du FN en 2010, de ne pas se représenter à la présidentielle. Ceci ouvrira dans deux ans -je répète
dans deux ans- une nouvelle aventure du Front national". "J'ai dit depuis un certain nombre de mois que j'étais candidate (en 2012) ce qui ne retire aucune des qualités à ceux qui voudraient l'être également. Ma préoccupation immédiate ce sont les européennes", a-t-elle ajouté.
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