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| "Il faut refonder le capitalisme" "La crise n'est pas finie" L'intégralité du discours |
Lors d'une réunion publique jeudi à Toulon, le président Nicolas Sarkozy a dévoilé ses priorités économiques dans un contexte tendu par la tempête financière mondiale. Point par point, les mesures évoquées par le chef de l'Etat.
Vaincre cette peur qui empêche d'entreprendre
La crise économique et financière aura un impact "dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat" des Français, a affirmé Nicolas Sarkozy."Dire la vérité aux Français, a expliqué le chef de l'Etat, c'est leur dire que la crise n'est pas finie, que ses conséquences seront durables, que la France est trop engagée dans l'économie mondiale pour que l'on puisse penser un instant qu'elle pourrait être à l'abri des événements qui sont en train ni plus ni moins que de bouleverser le monde." "Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat", a-t-il poursuivi. Il avait auparavant estimé que les Français étaient "prêts à entendre" la vérité. Evoquant la "peur" qui "empêche d'entreprendre", il a affirmé qu'il fallait "vaincre cette peur".
Garantir la continuité du système bancaire
"C'est un engagement solennel que je prends ce soir. Quoi qu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Si elles (les banques) devaient êtres mises en difficulté par la spéculation, je n'accepterais pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements", a-t-il ajouté. "Les épargnants qui ont eu confiance dans les banques, dans les compagnies d'assurance, dans les institutions financières de notre pays ne verront pas leur confiance trahie. Ils ne payeront pas pour les erreurs des dirigeants et l'imprudence des actionnaires", a insisté le chef de l'Etat. "Je le dis avec la même détermination: si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d'assurer leur trésorerie, l'Etat interviendrait pour que ces financements puissent être assurés", a-t-il poursuivi. "Il le ferait pour éviter que par un engrenage fatal l'économie privée de financements s'enfonce durablement dans la récession", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Réglementer les banques
Il faut "réglementer les banques pour réguler le système. Car les banques sont au coeur du système", a dit le chef de l'Etat. "La crise devrait amener à une restructuration de grande ampleur de tout le secteur bancaire mondial" pour "imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation", a-t-il poursuivi. "Compte tenu de ce qui vient de se passer et de l'importance de l'enjeu pour l'avenir de notre économie, il va de soi qu'en France l'Etat y jouera un rôle actif", a-t-il assuré.
Pas d'austérité
Nicolas Sarkozy s'est engagé à prendre des mesures pour soutenir la croissance économique si elle venait à reculer fortement et durablement. Il a estimé que les mesures déjà prises ont permis à la France de mieux résister à la crise que d'autres pays. "Mais si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterai pas à prendre les mesures nécessaires pour la soutenir", a-t-il déclaré. "La crise appelle à accélérer le rythme des réformes, en aucun cas à l'arrêter ou à la ralentir", a-t-il ajouté. "Dans la situation où se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité parce que l'austérité aggraverait la récession. Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français." Nicolas Sarkozy s'est également engagé à ne pas augmenter les charges qui pèsent sur les entreprises.
Etendre le bonus-malus écologique
Nicolas Sarkozy a confirmé l'extension progressive du principe de bonus-malus écologique à d'autres produits que l'automobile, sans toutefois fixer de calendrier. Il a par ailleurs assuré que toutes les conclusions du Grenelle de l'environnement seraient mises en oeuvres. "La pollution et le réchauffement climatique menacent l'avenir de la planète. Chacun va devoir faire des efforts", a-t-il souligné. La raréfaction des ressources naturelles va contraindre les Français à "produire autrement" et "consommer différemment". Pour répondre à ce "défi écologique", la fiscalité est un outil "indispensable", a-t-il dit. Le principe incitatif du bonus-malus écologique qui "permet de gagner des années dans le changement des modes de consommation" sera étendu "progressivement" et "dans la concertation" à de nouveaux produits.
"Encadrer" les modes de rémunération des dirigeants et opérateurs
"Je n'hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent désormais être encadrés. Il y a eu trop d'abus, trop de scandales", a déclaré le chef de l'Etat. "Ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République règlera le problème par la loi avant la fin de l'année", a-t-il ajouté. Les dirigeants "ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté", a-t-il dit. Ils ne doivent pas non plus "avoir le statut de mandataire social et bénéficier en même temps des garanties liées à un contrat de travail". "Ils ne doivent pas recevoir d'actions gratuites. Leur rémunération doit être indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise", a-t-il poursuivi. "Et si les dirigeants sont intéressés au résultat, ce qui est une bonne chose, les autres salariés doivent l'être aussi, car eux aussi contribuent à la richesse de l'entreprise", a-t-il dit. "S'ils ont des stocks options, les autres salariés doivent en avoir aussi ou à défaut bénéficier d'un système d'intéressement".
Sanctionner les responsables de la crise financière internationale actuelle
"Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage sanctionnés au moins financièrement", a indiqué le président de la République. "L'impunité serait immorale, a-t-il poursuivi. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables". "Ce serait ni plus ni moins qu'une injustice de grande ampleur", a-t-il affirmé. Le 23 septembre à l'ONU à New York, il avait lancé: "qui est responsable du désastre? Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités".
Remettre à plat le système financier et monétaire mondial
"Je suis convaincu que le mal est profond et qu'il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton Woods après la Seconde Guerre mondiale, afin de créer les outils d'une régulation mondiale que la globalisation et la mondialisation des échanges rendent désormais nécessaire", a-t-il lancé. "Quand les banques centrales font tous les jours toute la trésorerie des banques et quand le contribuable américain s'apprête à dépenser mille milliards de dollars pour éviter la faillite généralisée, il me semble que la question de la légitimité des pouvoirs publics à intervenir dans le fonctionnement du système financier ne se pose plus!", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Remettre en ordre les monnaies
"La remise en ordre du système financier ne serait pas complète si en même temps on ne cherchait pas à mettre un terme au désordre des monnaies", a-t-il déclaré. Pour le chef de l'Etat, la monnaie est au "coeur de la crise financière comme elle est au coeur des distorsions qui affectent les échanges mondiaux". Il a notamment évoqué la sous-évaluation du yuan et du dollar. Nicolas Sarkozy a de nouveau jugé nécessaire que les chefs d'Etat et de gouvernement des principaux pays concernés se réunissent avant la fin de l'année pour tirer les leçons de la crise financière et coordonner leurs efforts afin de rétablir la confiance- une idée qu'il avait lancée mardi de la tribune des Nations unies à New York.
La réforme de la taxe professionnelle "ne sera pas différée"
"La France ne s'en sortira pas en investissant moins mais en investissant plus", a-t-il dit. "C'est la raison pour laquelle désormais de nouveaux investissements seront exonérés de la taxe professionnelle qui les pénalise", a-t-il poursuivi. "Une grande concertation sera organisée avec les collectivités locales pour que soit trouvée une ressource de remplacement qui ait moins d'effets nocifs sur l'économie", a poursuivi M. Sarkozy. "Si nous arrivons à diminuer le nombre d'échelons territoriaux, alors nous pourrons poser clairement la question de la disparition à terme de la taxe professionnelle", a indiqué le chef de l'Etat. "Moins d'échelon c'est moins d'impôt, plus d'échelon c'est plus d'impôt!", a-t-il lancé.
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