Dominique Rossi © TF1-LCIAprès 24 heures de polémique, le président et la ministre de l'Intérieur ont évoqué mercredi la sanction-mutation de Dominique Rossi. Pour la justifier. Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi en Conseil des ministres "qu'il soutenait pleinement" la décision de l'Intérieur de sanctionner le patron des forces de sécurité en Corse soulignant que "lorsqu'on est préfet, on assume ses responsabilités", a rapporté Luc Chatel.
Quant à ceux qui faisaient un lien entre l'amitié de l'acteur avec le président et ce limogeage, le chef de l'Etat a "indiqué que le fait d'être président de l'Assemblée de Corse ou ami du président de la République ne devait pas entraîner le fait d'avoir moins de droits que les autres citoyens", a rapporté Luc Chatel. Interrogée, à la sortie du Conseil des ministres, sur l'éventuelle intervention de Nicolas Sarkozy pour soutenir son ami de Christian Clavier, la ministre de l'Intérieur a pour sa part répondu : "arrêtez de faire du cinéma".
MAM : "on ne fait pas pression sur les gens"
Sur les raisons du limogeage donc : "Nos forces de l'ordre avaient été dépêchées sur place à Porto Vecchio mais elles avaient reçu instruction de ne pas intervenir et de ne pas dresser de procès verbal. Or il s'agit véritablement d'une atteinte à la vie privée qui s'est produite" et "il n'y a pas eu de réactions de la part des pouvoirs publics", a précisé le porte-parole du gouvernement.
Même discours de la part de celle qui a pris la décision. Michèle Alliot-Marie a revendiqué la paternité de la mutation-sanction de Dominique Rossi, qualifiant l'occupation de la propriété de Christian Clavier de "violation" du droit de propriété. "Je suis en charge de la protection des Français, et de leurs biens, à ce titre, je suis en charge de choisir la personne qu'il faut, à l'endroit où il faut et au moment où il faut. C'est simplement ce qu'il s'est passé", a déclaré la ministre de l'Intérieur à la presse à l'issue du Conseil des ministres.
Interrogée sur les dégradations commises par les nationalistes qui ont brièvement occupé samedi le jardin de la villa de l'acteur à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud, la ministre a répondu qu'il s'agissait de "la dégradation des droits de la République". "Il y a un droit de propriété, on ne pénètre pas chez les gens sans une autorisation, on ne s'installe pas chez eux, on ne fait pas pression sur les gens", a-t-elle affirmé, "c'est la liberté individuelle qui en cause, ce sont les principes de la République qui sont en cause et je ne transigerai jamais sur les principes de l'Etat". "Il me semble que la violation d'un droit reconnu par la Constitution, qui est le droit de propriété, c'est effectivement quelque chose de grave et auquel personne ne peut se soustraire", a insisté Michèle Alliot-Marie.
Dans le même temps, un dispositif de surveillance a été mis en place autour du lotissement de la Punta d'Oro, à Porto-Vecchio, où se trouve la villa de Christian Clavier. "Ce dispositif --quelques gendarmes-- a été installé en vue de s'assurer qu'il n'y avait pas de souci particulier", a indiqué un des responsables de la brigade de Porto-Vecchio. Le successeur de Rossi, Gilles Leclair, nommé mardi, a fait une brève visite, mercredi, de ses nouveaux services à Ajaccio.
Le "devoir du prince" contre le "fait du prince"
L'opposition socialiste, le président du Modem François Bayrou et les syndicats de police ont largement dénoncé mardi le limogeage de Dominique Rossi (lire notre article), un policier chevronné et apprécié dans son milieu et dont les résultats en Corse sont jugés bons. Le PS et François Bayrou soulignent que les actions violentes beaucoup plus graves sont monnaie courante en Corse et estiment que la sanction, qu'ils jugent disproportionnée, est due au seul fait que l'intrusion visait un ami personnel de Nicolas Sarkozy.
Les policiers soutiennent l'option technique de Dominique Rossi de laisser faire l'action dans la villa plutôt que de risquer des incidents en usant de la force. Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, a déclaré mercredi que "protéger les citoyens quels qu'ils soient" était "le devoir du prince", pour répondre à François Bayrou et Julien Dray qui ont attribué le limogeage de Dominique Rossi au "fait du prince".
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