François Fillon, le 15 juillet au Sénat © TF1-LCILe gouvernement français reprend l'offensive. François Fillon a annoncé lundi aux députés l'envoi de moyens supplémentaires pour les militaires français en Afghanistan, à savoir des hélicoptères, des drones, des moyens d'écoute et des mortiers. "Nous avons décidé de renforcer nos moyens militaires dans les domaines de l'aéromobilité, du renseignement et de l'appui", a annoncé le Premier ministre, dans un discours introduisant le débat et le vote de l'Assemblée sur la présence militaire française en Afghanistan. "Ces moyens seront sur place dans quelques semaines", a-t-il poursuivi. "Concrètement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d'écoute, des mortiers supplémentaires seront envoyés, avec les effectifs correspondants, soit une centaine d'hommes".
Selon François Fillon, l'exécutif tire ainsi "les enseignements de l'embuscade meurtrière" qui avait fait dix morts parmi les soldats français Alors que le groupe PS s'apprêtait à voter contre le maintien des troupes demandé par le gouvernement, François Fillon a redit lundi croire "à la nécessité d'un consensus national" sur le sujet. Il en a appelé à la "responsabilité" des députés, soulignant que la France n'était "pas à l'abri du terrorisme", et développant l'ambition de Paris d'une "réconciliation" politique des Afghans.
Le PS "n'accepte plus la dérive"
Il a également invoqué la nécessité pour la France de respecter "l'engagement" pris en 2001 devant l'ONU par Jacques Chirac et Lionel Jospin, respectivement chef de l'Etat et Premier ministre à l'époque, évoquant par ailleurs "une exigence morale" vis-à-vis des Afghans. Le Premier ministre est convenu que ce choix n'ira pas "sans probables pertes". Il a enfin répondu en détail aux critiques de l'opposition, et rejeté l'idée d'un calendrier de retrait. "Ce calendrier ferait le jeu de nos adversaires", a dit le chef du gouvernement, "car dès lors que vous fixez des dates à votre départ, vous leur ouvrez des perspectives". "Ce calendrier dépend des avancées de la stratégie globale" et "deux objectifs majeurs", a-t-il souligné : "permettre aux Afghans d'assurer leur propre sécurité et garantir la stabilité des institutions afghanes".
Peu après, le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a justifié lundi le "non" des socialistes au maintien des troupes françaises en Afghanistan, en soulignant que le PS "n'accepte plus la dérive à l'oeuvre" qui conduit, selon lui, à un glissement "vers une guerre d'occupation". "A l'évidence, nos troupes manquent d'un matériel adapté notamment en matière de renseignement et d'héliportage (...). C'est la responsabilité des autorités politiques et militaires de la Défense nationale d'y remédier", a lancé Jean-Marc Ayrault.
Bayrou vote "oui" !
Le patron du MoDem a justifié son vote favorable au maintien des troupes françaises en Afghanistan en affirmant qu'un retrait signifierait que "les talibans ont gagné". "Il est impossible que la France renie ses engagements internationaux. Si on pliait bagages en quelques jours, ce qu'il faudrait faire si le vote était non, cela voudrait dire pour tout le monde que les talibans ont gagné", a déclaré François Bayrou dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "C'est impossible qu'un grand pays de l'alliance des Nations unies accepte une telle responsabilité, donc je voterai pour le maintien des troupes", a-t-il ajouté.
En fin d'après-midi, les députés français ont autorisé par 343 voix contre 210 la prolongation de
l'intervention des forces armées françaises en Afghanistan. Le groupe UMP, à l'exception de quelques uns de ses membres, et celui du Nouveau centre (NC) ont voté pour. Le groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) et celui de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) ont voté contre. En début de soirée, par 209 voix contre 119, les sénateurs ont fait de même.
| Le mandat de l'Isaf prolongé |
Le Conseil de sécurité a voté à l'unanimité lundi la prolongation d'un an du mandat de l'Isaf, la force internationale sous commandement de l'Otan en Afghanistan, tout en se disant préoccupé par les pertes civiles causées par les combats contre les talibans. |
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