Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Damas (4 septembre 2008) © TF1/LCI
Première réaction publique de Sarkozy depuis la Syrie
Nicolas Sarkozy avait déjà évoqué la polémique Rossi mercredi, en plein Conseil des ministres, en assurant "qu'il soutenait pleinement" la décision de l'Intérieur de sanctionner le coordinateur des services de sécurité en Corse après l'occupation de la villa de Christian Clavier - décision qui continue à susciter de vives réactions parmi les policiers et dans l'opposition. Il y est revenu ce jeudi, publiquement cette fois et depuis Damas, faisant face aux critiques qui l'accusent d'avoir une part de responsabilité directe dans la disgrâce de Dominique Rossi.
"Je n'ai pas besoin (d'intervenir) parce que j'ai un ministre de l'Intérieur qui a fait son travail", a déclaré le président de la République à des journalistes à l'issue de l'inauguration d'un lycée français dans la capitale syrienne. "Quand on est responsable, on assume ses responsabilités, quand il y a une erreur, il est normal que le responsable assume cette erreur. La ministre de l'intérieur a jugé qu'il y avait eu des fautes, elle a eu raison. Quand il y a une faute, c'est le responsable qui doit l'assumer. J'admets bien volontiers que c'est un grand changement pour tous ceux qui ont laissé faire pendant des années. L'autorité de l'Etat est rétablie".
"La loi républicaine s'appliquera en Corse"
Ce plaidoyer pour une responsabilité assumée s'est accompagné d'une réaffirmation par le chef de l'Etat que la loi devait s'appliquer en Corse "comme sur chaque centimètre" de la République française. "Tant que je serai président de la République, comme lorsque j'étais ministre de l'Intérieur, la loi républicaine s'appliquera en Corse", a-t-il insisté. "Les indépendantistes n'ont pas tous les droits et je ne laisserai pas une petite équipe bafouer la République".
Nicolas Sarkozy a également redit, à propos de Christian Clavier, que le fait d'être son ami ne devait pas faire qu'il ait moins de droits. "Quant à l'opposition, elle a un tel bilan en Corse que je ne m'étonne nullement qu'elle s'étonne que j'applique la loi en Corse", a-t-il conclu.
Cependant, la polémique se poursuit en France : Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale, a évoqué jeudi à son tour, sur RTL, la sanction visant Dominique Rossi, expliquant qu'il lui était reproché "de n'avoir pas su anticiper" cette intrusion. Le "Monsieur sécurité" de Corse, qui a commis une "faute professionnelle", selon lui, "avait en sa possession une note de renseignement lui disant ce qui allait se passer". Et pendant que la controverse grandit, le principal intéressé, Christian Clavier, n'a toujours pas fait savoir s'il déposerait plainte contre ceux qui ont occupé sa villa. Selon la direction générale de la police nationale, il "se réserve le droit" de le faire.
D'après agence
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