les soldats de Castres ont rendu hommage aux parachutistes tués par les talibans en Afghanistan (20 août 2008) © TF1/LCIPour l'opinion publique comme pour la classe politique, la mort de dix soldats français en Afghanistan lors d'une embuscade des talibans, le 18 août, a joué le rôle d'un électrochoc. L'électrochoc atteint ce lundi le Parlement, appelé à voter, en ouverture de sa session extraordinaire, sur le maintien des près de 3000 soldats français déjà engagés dans ce pays. D'ores et déjà, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a indiqué que députés et sénateurs socialistes voteront contre la prolongation du mandat français. "Le sens de notre vote ne sera pas un vote contre la présence française en Afghanistan mais un vote contre la conception et la stratégie qui sont suivis en Afghanistan par le président de la République et le gouvernement français", avait expliqué peu auparavant le député Bruno Le Roux lors du point de presse hebdomadaire du PS.
L'issue du vote ne prête toutefois pas au suspense, la droite devrait serrer les rangs en renvoyant le PS au "consensus" qui avait prévalu en 2001, lors de l'envoi de troupes. Mais François Fillon va devoir apporter des réponses aux interrogations des députés et sénateurs sur la stratégie de l'Otan. De son côté, Nicolas Sarkozy a affirmé dans une lettre adressé aux responsables socialistes et du Parti radical de gauche, qu'il attendait "un débat constructif".
"La stratégie de l'Otan est en train d'échouer"
Pourtant, face à la dégradation de la situation sécuritaire en Afghanistan, les interrogations se multiplient et n'épargnent pas la majorité : rapporteur d'une mission d'évaluation sur l'Afghanistan, l'UMP Pierre Lellouche juge ainsi que "la stratégie de l'Otan est en train d'échouer". D'autres, tel Michel Voisin, ont "peur d'une situation d'enlisement comme au Vietnam ou en Algérie". Le villepiniste Jacques Le Guen votera pour le maintien des troupes française mais veut des "clarifications", notamment sur la question de la drogue. Plus à droite, l'euro-député Philippe de Villiers (MPF) juge qu'il est "trop tard" pour que la France retire ses troupes. En revanche, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP) votera "contre", car "l'action aujourd'hui menée par l'Otan est totalement contre-productive".
Le Premier ministre devra aussi préciser quels moyens supplémentaires seront mis à disposition des troupes françaises sur le terrain, tirant les leçons de l'embuscade du 18 août. Jusqu'à présent, la France s'en est tenue à la stratégie adoptée lors du sommet de l'Alliance à Bucarest, début avril, et dont Nicolas Sarkozy avait fait un préalable au déploiement de renforts français : 700 hommes arrivés cet été dans l'est de l'Afghanistan. La déclaration de Bucarest prônait un engagement "dans la durée", une "approche globale", civile et militaire, un transfert progressif des responsabilités aux Afghans ainsi qu'une approche régionale associant les "voisins de l'Afghanistan, en particulier le Pakistan". Hervé Morin en a réaffirmé les principes directeurs ces dernières semaines, appelant par ailleurs le président afghan Hamid Karzaï à engager "des discussions avec toutes les parties". Car il y a "des talibans avec lesquels on peut discuter", a assuré le ministre de la Défense.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




