Meeting du PS © Abacapress
> Delanoë : "on peut concilier fidélité et rénovation"
> Aubry : nous sommes tous socialistes"
> Royal : "j'espère que ce qui nous rassemble est plus important"
Elles seront finalement six. Six motions sur lesquelles les militants seront amenés à s'exprimer. Ces textes, qui exposent un projet global pour le Parti socialiste, ont été présentés, pendant quinze minutes chacun, à l'occasion d'un Conseil national de synthèse qui s'est tenu mardi en fin d'après-midi à la Mutualité à Paris. Revue de détails de ces six motions.
Royal : une candidature "au frigidaire", jusqu'à quand ?
Faisant longtemps cavalier seul, Ségolène Royal a cherché des alliés pour, sinon s'imposer, en tout cas exercer l'influence la plus forte possible sur l'après-Hollande. L'annonce par la présidente du Poitou-Charentes qu'elle ne faisait plus de sa candidature à la succession de François Hollande "un préalable" à un rassemblement autour d'elle était le geste qu'attendaient des "barons" du parti en province, farouchement hostiles à un choc Royal-Delanoë pour conquérir le parti. Une alliance a donc été conclue avec ces élus, notamment le maire de Lyon Gérard Collomb, le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini et le député de l'Essonne Manuel Valls. Ce pôle baptisé "La ligne claire" - l'aile droite du PS - veut notamment "des primaires ouvertes" aux sympathisants pour désigner le candidat PS à la prochaine présidentielle. Dernier soutien en date, celui de Julien Dray, qui a annoncé mardi son soutien à la candidate qui porte, selon lui, "toutes les idées nécessaires à un rassemblement novateur". "Il faut en finir avec la personnalisation des démarches, c'est une équipe de 16 personnes qui présente cette motion", a lancé Ségolène Royal mardi devant La Mutualité.
Delanoë : une candidature assumée
Plus candidat que jamais, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a mis en scène son rapprochement avec François Hollande lors d'un meeting à Cergy-Pontoise. Il veut "bâtir un projet politique de gauche avec des forces politiques de gauche", récusant, comme François Hollande, une alliance avec le MoDem. Les deux hommes sont favorables à une désignation du candidat à l'élection présidentielle "par les adhérents" et non par les sympathisants socialistes, contrairement à Ségolène Royal ou Martine Aubry. Mardi après-midi, quelques minutes avant le lancement de la commission chargée de comptabiliser les motions, Pierre Moscovici a annoncé qu'il se ralliait à Bertrand Delanoë. Plusieurs maires ont également rejoint récemment le maire de la capitale - Jean-Marc Ayrault (Nantes), Hélène Mandroux (Montpellier) Jean-Paul Bret (Villeurbanne), Maurice Vincent (Saint-Etienne), Michel Delebarre (Dunkerque), notamment. Le maire de Paris avait déjà le soutien de ses homologues de grandes villes comme Toulouse, Strasbourg, Grenoble. "J'assume tout de notre histoire, depuis Epinay, et moi je n'aurai honte d'aucun 1er secrétaire", a assuré mardi Bertrand Delanoë.
Aubry : une stratégie "clairement à gauche"
Dernière entrée en lice, samedi, la maire de Lille Martine Aubry a beaucoup progressé dans les sondages. Reprochant au parti de n'avoir "pas suffisamment défendu les valeurs de gauche ces dernières années", l'ex-numéro deux du gouvernement Jospin veut mettre le cap "clairement à gauche". Elle conduit un rassemblement inédit. S'y retrouvent ses propres partisans, responsables strauss-kahniens et fabiusiens, Arnaud Montebourg et ses amis, les socialistes nordistes enfin, qui pèsent lourd au PS. Mardi, l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy a annoncé qu'il rejoignait la motion de Martine Aubry. "La primaire interne, c'est derrière nous, battre Sarkozy, c'est devant nous, maîtriser la mondialisation, c'est devant nous", a déclaré la maire de Lille mardi devant la Mutualité.
Hamon candidat d'une gauche de la gauche réunie
Le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié mardi d'"événement historique" l'unité de l'aile gauche du PS, après son accord avec Benoît Hamon pour présenter une motion commune en vue du Congrès de Reims. "C'est un événement historique, c'est la première fois depuis 30 ans que l'aile gauche du parti est rassemblée, alors que la majorité est divisée", a-t-il affirmé. Après plusieurs jours de tractations et de rencontres, notamment samedi, l'accord est finalement intervenu in extremis mardi. "Notre parti a besoin de clarifier sa politique d'abord", notamment "sur le libre échange", sur "la construction européenne" et sur "le partage capital-travail", a expliqué Benoît Hamon devant le Conseil national du parti.
Et puis deux petites motions...
Deux autres petites motions complétent le tableau : celle du "pôle écologique", né en janvier 2008, avec des parlementaires et des élus, et celle d' "Utopia", petit courant à cheval entre PS et Verts, qui avait recueilli 1,2% au congrès du Mans en 2005. "Il n'est pas acceptable que le congrès soit entièrement préempté par la question du leadership (...). Nous avons besoin d'une orientation politique", a estimé mardi Christophe Caresche pour la première. "Nous ne voulons pas corriger ce monde, mais construire un autre monde", a estimé de son côté Frank Pupunat, pour Utopia.
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