Christian Poncelet renonce à son appartement

le 01 octobre 2008 à 11h27 , mis à jour le 01 octobre 2008 à 11h30

Dénonçant une polémique "démagogique" sur l'appartement qui lui avait été attribué, le président sortant du Sénat annonce qu'il n'occupera pas ce logement.

[Expiré] [Expiré] poncelet © AFP/S.Kubani

Lundi déjà, face à la polémique, le président sortant du Sénat avait semblé faire une concession en expliquant qu'il quitterait l'appartement qui lui avait été proposé dans la perspective de son départ de la présidence du Sénat à la fin de son mandat de sénateur, soit en 2014. Désormais, Christian Poncelet va plus loin : il a annoncé mercredi qu'il renonçait tout simplement à l'occuper.

La présidence du Sénat a annoncé cette décision de Christian Poncelet dans un communiqué publié quelques heures avant le premier tour de l'élection de son successeur. Décision qu'elle justifie par le souci, face à une "polémique démagogique, basse et indigne" de "protéger l'institution sénatoriale qui est, à l'évidence, la véritable cible des attaques actuelles".

Remous au sein de l'UMP

C'est un arrêté pris en 2002 par la Questure du Sénat qui a prévu la prise en charge d'un logement à Paris sans limitation de durée pour les anciens présidents de la haute assemblée. Mais devant la polémique, des responsables politiques, dont le ministre UMP du Travail, Xavier Bertrand, avaient demandé au président du Sénat, âgé de 80 ans, de renoncer à ce logement. Le grandissime favori pour succéder à Christian Poncelet, Gérard Larcher, désigné candidat de l'UMP après une "primaire" dans le parti, était resté pour sa part vague sur le sujet. "Je n'instruis pas à charge, ni à décharge avant d'avoir la responsabilité de président du Sénat. Ceci, nous l'examinerons sereinement et tranquillement. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que les choses seront extrêmement claires", avait-il déclaré il y a quelques jours.

L'affaire est en tout cas venue relancer les controverses sur les avantages des sénateurs, décrits dans un ouvrage intitulé Le Sénat, enquête sur les superprivilégiés de la République, oeuvre d'Yvan Stefanovitch et Robert Colonna d'Istria. L'ouvrage parle de la "réserve budgétaire" du Sénat qui permet de répartir 300 millions d'euros chaque année sans contrôle, son florissant patrimoine immobilier, ses réceptions et colloques ainsi que sur le goût des élus pour les voyages. Les auteurs recensent 78 groupes d'amitié destinés à favoriser les échanges et les relations avec les pays du monde, comme les îles Fidji, le Vanuatu, Belize et le Costa Rica. Les sénateurs sont libres d'adhérer à autant de groupes qu'ils le souhaitent, et le recordman est selon les auteurs du livre, François Trucy, sénateur UMP du Var, inscrit dans 72 groupes.

D'après agence

le 01 octobre 2008 à 11:27
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