La crise affole les boussoles politiques

Par R.P., le 27 octobre 2008 à 17h43 , mis à jour le 27 octobre 2008 à 19h20

Royal contre les banquiers, Bayrou contre l'argent, et Sarkozy contre la dictature des marchés... Avant l'été, personne n'aurait imagine un tel éclatement des cadres idéologiques.

Salariés de ford en Aquitaine lors d'une manifestation (24 octobre 2008)Salariés de ford en Aquitaine lors d'une manifestation (24 octobre 2008) © TF1/LCI

Cette fois, la crise est là, bel et bien là. Et elle se fait sentir aussi dans les déclarations politiques. A droite, au centre et à gauche, les uns et les autres essaient de se faire entendre, et surtout comprendre, d'une opinion publique partagée entre inquiétude et colère. Pour cela, le capitalisme est envoyé aux oubliettes, sans que soit vraiment proposé de contre-modèle crédible mais l'essentiel est de ne pas se laisser dépasser par le mécontentement populaire. Invitée du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, Ségolène Royal a décidé dimanche de s'en prendre vivement à "ceux qui ont entraîné le système dans le mur".  

Sur le registre de l'indignation, elle a  dénoncé "une sorte de connivence entre le pouvoir actuel, le système bancaire et les entreprises du CAC 40".  Les banques françaises "ont contourné les règles prudentielles pour vendre des créances, et c'est cela qui a mené le système dans le mur", a déclaré l'ancienne candidate du PS à l'élection présidentielle de 2007, tout en démentant avoir gauchi son discours à l'approche du congrès de Reims. "Je n'ai rien gauchi du tout, je tiens un discours que j'ai tenu durant la campagne", a-t-elle souligné.

"Ca doit bien faire rigoler du côté du Fouquet's"
 
Autre leader, autre angle d'attaque mais toujours sur la même ligne anti-capitaliste : François Bayrou. Le patron du MoDem a renvoyé dimanche dos à dos le capitalisme et le socialisme. Comparant l'actuelle crise financière, "d'ampleur séculaire", à celle "qui en 1989 a emporté le socialisme soviétique", il a conclu à "la crise et l'échec de l'idée fondamentale qui animait chacun des deux systèmes".  Il s'est amusé des déclarations du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a estimé vendredi que le "camarade" Sarkozy était en train de "se rapprocher du socialisme". Ca "doit faire bien rigoler du côté du Fouquet's!", a-t-il lancé.

Cette "tentative de redorer le blason du capitalisme comme modèle de société", est "à peu près le contraire exact de ce que nous pensons", a ajouté le leader centriste, disant vouloir porter un "projet humaniste". "Nous, ce que nous mettons en premier, ce n'est pas l'argent, c'est l'être humain", a-t-il lancé, reprenant lui aussi sa petite musique de la campagne présidentielle. Quelle est la déclinaison de cet humanisme en propositions concrètes ? Comment construire un humanisme dans un seul pays, si nos voisins conservent un système capitaliste même tempéré ? François Bayrou devra approfondir sa réflexion.
 
A droite, le président de la République n'est pas en reste sur le créneau anticapitaliste. Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy a affirmé que "désormais, il y aura davantage de politique parce que l'idéologie de la dictature des marchés et de l'impuissance publique est morte avec la crise financière". Selon lui, "c'est une révolution intellectuelle et morale qui est en train de s'opérer et qui va continuer". Pour le chef de l'Etat la crise est "mondiale", "structurelle", et "n'est pas une parenthèse qui sera bientôt refermée". "Désormais plus rien dans l'économie mondiale ne sera comme avant", a-t-il affirmé, coupant l'herbe sous le pied d'une gauche déportée sur sa gauche.
 
Dans les semaines et les mois qui viennent, c'est bien le discours radical qui pourrait profiter de cet affolement des boussoles idéologiques et de la colère sociale. Selon un sondage Viavoice publié lundi par Libé, les thèmes proches de ceux développés par Olivier Besancenot séduisent de plus en plus. 

Sarkozy recevra Brown mardi à Versailles

Le président français Nicolas Sarkozy recevra  mardi à 17h30 à Versailles, le Premier ministre  britannique Gordon Brown. Objectif : discuter de la situation économique avant le  sommet de l'Union européenne le 7 novembre à Bruxelles et le sommet du G-20 du  15 novembre à Washington, selon le communiqué de Downing Street.


 
 
 

Par R.P. le 27 octobre 2008 à 17:43
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9 Commentaires

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  • Popol, le 27/10/2008 à 20h32

    F.Bayrou s'amuse avec son tracteur, dans ses propriétés, et les cheveaux qu'il possède, ce que le commun des Français ignore. Depuis quelques temps il devait ètre au vers ( à la pèche ) Il fallait qu'il fasse parler de lui, il ne doit pas avoir de soucis d'argent lui,où bien s'aperçevrait il que la crise viens de le toucher, la critique est facile. Alors Mr François que faites vous ? la gauche, la droite, dans quel sans se diriger, mon opignon vous ètes encore en retard votre boussole s'affole trop tard.

  • Pierre, le 27/10/2008 à 20h11

    Et pourtant dans tout cela, il y à des personnes à qui cela profite la crise....

  • Roger, le 27/10/2008 à 19h48

    Besancenot veut nous refaire le coup de la révolution prolétarienne comme en Russie en 1917. On a vu ce que cela a donné: Un monumental fiasco qui s'est conclu par la chute des régimes communistes .

  • Gerard L, le 27/10/2008 à 19h47

    Il est vrai que l'argent n'intérressent pas ceux qui en ont. N'oublions pas que Ségolène ROYAL et François HOLLANDE ont payé l'impot sur la fortune apparament sans scrupule. Démagogie quand tu nous tient !

  • Laure, le 27/10/2008 à 19h28

    Ben les politiques peuvent "s'affoler" oui,et VITE;

  • Le rochelais, le 27/10/2008 à 19h27

    Dans quelques décennies nous referons les mêmes conneries car la nature humaine est faite ainsi; nous sommes hors lois naturelles.

  • Nouchka13, le 27/10/2008 à 19h15

    Effectivement les politichiens de droite comme de gauche doivent bien se marrer dans leurs logements somptueux, dans leurs belles voitures, leurs fringues de marques, leur personnel de maison ect... Ce qui doivent le plus rigoler ce sont ceux en fonction car c'est nous "les pauvres" qui payons leurs factures .

  • Jlean, le 27/10/2008 à 19h12

    Même Besancenot se comporte mieux que Bayrou ! Bayrou c'est du Le Pen ligth , tout lui est bon pour critiquer et tenter d'exister , c'est du populisme egocentrique ! Si demain il tombe de la merde il fera croire que c'est la faute de la gauche et de la droite et que lui seul ramènera le soleil .

  • Duralumin, le 27/10/2008 à 18h53

    Leur réaction est normale, leur argent et leur avenir politique sont en jeu.

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