François Fillon, à l'Assemblée nationale, le 25 mars 2008 © TF1-LCILe Premier ministre a annoncé mercredi à l'Assemblée nationale la mise en place d'une "structure juridique" détenue par l'Etat et bénéficiant de sa "garantie explicite", dans le but d'"intervenir financièrement" et "sans délai" en faveur des banques. "Aujourd'hui, cette structure existe et elle porte déjà la participation de l'Etat dans Dexia", la banque franco-belge sauvée de la faillite, a déclaré le chef du gouvernement en ouvrant un débat sur la crise financière. "Afin qu'elle puisse disposer de tous les capitaux nécessaires aux interventions qui se justifieraient à l'avenir, le gouvernement sollicitera du Parlement, par voie d'amendement au projet de loi de finances, la garantie explicite de l'Etat", a-t-il ajouté.
"L'Etat n'agit pas pour sauver des dirigeants"
L'Etat garantira la continuité de l'exploitation de chacune des banques françaises, mais ces
interventions "temporaires" supposent de "pouvoir exiger un changement des équipes dirigeantes si elles ont failli à leur mission", a déclaré François Fillon. "L'Etat n'agit pas pour sauver des dirigeants. (...) Il le fait pour protéger les Français, leurs entreprises, nos emplois, notre économie", a souligné le Premier ministre. "Les dirigeants qui se sont affranchis des règles minimales de prudence ne doivent pas compter sur l'Etat actionnaire pour les aider à sauter en parachute doré", a-t-il poursuivi. "L'Etat n'a pas vocation à rester un actionnaire durable. Une fois l'entreprise redressée, la participation de l'Etat doit être revendue, si possible avec une plus-value", a-t-il précisé.
Hollande dénonce "un budget complètement décalé"
Au nom du PS, François Hollande a accusé le gouvernement de présenter un budget 2009 "d'ores et déjà décalé" face à la "gravité" de la crise financière. "Votre budget d'ores et déjà est complètement décalé par rapport à la gravité de la crise", a lancé François Hollande au Premier ministre François Fillon. "Vos objectifs de croissance ne seront pas tenus ni pour 2009 ni pour 2010. Vous vous obstinez à poursuivre une politique qui ne marche pas. Dans la crise, c'est non seulement injustifiable mais impardonnable", a-t-il ajouté.
"Cette crise, vous l'avez sous-estimée dès le départ", a-t-il lancé à la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Le patron du PS a tout de même salué l'action de l'exécutif quand il cherche à rassurer les épargnants ou quand il sauve le groupe bancaire franco-belge Dexia. Pour soutenir l'investissement, le patron du PS a de nouveau proposé au Premier ministre la création d'"un fonds national de garantie des prêts". Il a aussi proposé un "soutien de l'investissement privé en modulant l'impôt sur les sociétés".
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