Le compromis qui permet à Boutin de sauver la face

le 28 octobre 2008 à 16h51 , mis à jour le 28 octobre 2008 à 17h15

Le gouvernement et les députés UMP sont parvenus à un compromis sur le projet après le rejet d'un article-clé du texte de Christine Boutin par les sénateurs.

A gauche, des familles de mal-logés lors de l'occupation de la rue de la Banque, à Paris/TF1A gauche, des familles de mal-logés lors de l'occupation de la rue de la Banque, à Paris © TF1

L'exécutif et la majorité parlementaire UMP sont parvenus à un "accord politique" sur la modification de la loi SRU sur le logement social, retoquée par les sénateurs, a annoncé mardi le patron des députés UMP, Jean-François Copé. "Nous avons trouvé un accord politique. Le nouveau dispositif retenu prendra la forme d'un amendement gouvernemental", et non parlementaire, lors de l'examen à l'Assemblée du texte sur le logement, programmé en décembre, a déclaré M. Copé à l'issue de la réunion du groupe UMP, à laquelle assistaient la ministre du Logement Christine Boutin et le Premier ministre François Fillon.
 
Ce sera un dispositif "très équilibré" entre "le souci de conserver le principe des 20%" de la loi SRU, avec pénalités maintenues "pour les communes en dessous de ce seuil", et la prise en compte de l'accession sociale à la propriété, voulue par Nicolas Sarkozy et le gouvernement. "Ceux qui seront en dessous des 20% continueront de payer une pénalité mais cette pénalité sera atténuée si les maires concernés font de l'accession sociale à la propriété", a-t-il dit, le barème étant "affiné ultérieurement". "A été évoquée également l'idée que ceux qui sont au-dessus de 20%" de logements sociaux et "qui construisent" pourraient bénéficier "d'une sorte de bonus", a ajouté M. Copé, sans davantage de précisions.
 
Le Sénat avait supprimé la semaine dernière, à la quasi unanimité, un article du projet de loi sur le logement de Mme Boutin qui visait à comptabiliser l'accession sociale à la propriété dans le quota de 20% de logements sociaux imposé aux communes de plus de 3.500 habitants par la loi de Solidarité et de renouvellement urbain (SRU). M. Copé avait clairement appelé le gouvernement à prendre ses responsabilités sur ce dossier. "Ce n'était pas à l'Assemblée d'être l'arbitre  entre le gouvernement et le Sénat", a-t-il redit mardi. Le dispositif retenu a été calé lundi lors de réunions avec M. Fillon ainsi qu'à l'Elysée.

le 28 octobre 2008 à 16:51
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1 Commentaires

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  • Jean Bonnot, le 28/10/2008 à 18h00

    Le problème du logement ne sera jamais résolu tant qu'on considèrera les bailleurs comme des vaches à traire et les preneurs comme des seigneurs intouchables. Jusqu'à présent, la crise du logement affectait des locataires; elle va désormais mettre à terre des milliers d'entreprises qui périront faute de chantiers à démarrer. Des dizaines de milliers de chômeurs du bâtiment vont rejoindre le circuit de l'ANPE. Il faut à présent payer le mépris qu'on a eu pour l'épargnant besogneux qui plaçait ses économies dans l'investissement locatif.

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