Royal s'attaque au "trésor caché des pétroliers"

le 24 octobre 2008 à 22h55 , mis à jour le 24 octobre 2008 à 22h59

Ségolène Royal a appelé les Français, vendredi près de Tours, à "faire remonter leur colère" pour que cessent "les embrouilles" autour de la crise financière.

ségolène royal psSégolène Royal, le 15 octobre 2008 © TF1/LCI

"Il n'y a pas de fatalité, une autre politique est possible". Vendredi, devant quatre à cinq cent personnes réunies à Montlouis-sur-Loire, près de Tours, Ségolène Royal a évoqué "le sentiment de révolte profonde chez les Français" face aux "milliards qui sont en train de valser". Selon l'ex-candidate à la présidentielle, "ce qui se passe ne sert qu'à consolider une caste de banquiers qui s'en est mis plein les poches". Elle a exhorté "les citoyens" à "faire remonter leur colère pour que ça change".

"Contre le capitalisme financier, rien ne sera obtenu sans un rapport de force", a-t-elle affirmé. "On nous embrouille, on nous endort, avec des mots très compliqués". Toujours en piste pour le congrès du PS le mois prochain même si elle a mis "au frigidaire" sa candidature à la succession de François Hollande, la responsable socialiste a appelé à d'autant plus de vigilance "qu'avec la crise financière, on va essayer de nous faire gober beaucoup de choses qui n'ont rien à voir avec" elle. Elle s'est étonnée que "bizarrement", on ne trouve pas "des milliards d'euros pour le pouvoir d'achat (ni) pour l'emploi".

"Toutes les sonnettes d'alarme avaient retenti"

Pour financer le fonds pour les entreprises stratégiques dont le président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi la création, la présidente du Poitou-Charentes a proposé de puiser dans le "trésor caché des pétroliers et dans la filière énergétique" car "il faut maintenant aller chercher l'argent là où il est". Ce "trésor caché" représente selon elle "au moins 50 milliards d'euros", résultant de la non-répercussion, assure-t-elle, de la baisse du prix du pétrole brut et de l'alignement des prix de l'électricité et du gaz sur celui du brut. "La crise ne doit pas servir à renflouer une caste de financiers irresponsables", a déclaré Ségolène Royal, stigmatisant aussi "une connivence entre le pouvoir en place et les pétroliers".

Elle a d'autre part demandé "la présence de l'Etat dans le capital des banques, pour protéger les épargnants, pour réformer les tarifications bancaires, le financement des salaires des traders". La responsable socialiste a fait observer que "la régulation du système financier n'est toujours pas mise en place, les systèmes de contrôle pas encore réformés". Et selon elle, "des déclarations aux actes, il y a un écart considérable".

Sans citer le président de la République - lui préférant à chaque fois l'expression "pouvoir en place" -, Ségolène Royal a estimé qu'on "ne peut pas réhabiliter le rôle de l'Etat et en même temps démolir le code du travail". "Déréglementation du temps de travail", travail du dimanche, privatisation de La Poste, autant de projets gouvernementaux qu'elle a condamnés. Elle a aussi accusé l'exécutif d'avoir tardé à réagir, alors que "gouverner, c'est prévoir". "Quand on dit que la crise n'était prévisible... Si, bien sûr, elle l'était (...). Le pouvoir savait (...) Ils auraient dû agir bien avant parce que toutes les sonnettes d'alarme avaient retenti", a-t-elle assuré.

D'après agence

le 24 octobre 2008 à 22:55
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