Image d'archives © TF1-LCIPour la première fois depuis son arrivée à Matignon, le Premier ministre accompagnera le chef de l'Etat ce mercredi au sommet européen de Bruxelles, crise financière oblige... Normalement, Nicolas Sarkozy représente seul la France à ce type de réunion. Il faut dire que leur organisation est un réel casse-tête car les places sont strictement limitées pour chaque délégation autour de la table de travail. En Pologne, le président conservateur Lech Kaczynski a créé un nouvel imbroglio en prétendant assister au Conseil, malgré l'opposition du Premier ministre Donald Tusk à qui la Constitution polonaise accorde la direction de la politique étrangère.
Principal objectif de ce sommet : faire en sorte que les 27 pays de l'UE endossent le plan de secours décidé dimanche à Paris par les pays de la zone euro, qui prévoit nationalisations partielles des banques et garanties publiques sur leurs emprunts. Les mesures d'aides au secteur bancaire annoncées à ce jour en Europe avoisinent les 2000 milliards de dollars. Elles ont largement contribué à calmer la tempête, ce que n'avait pas réussi à faire en son temps le plan Paulson aux Etats-Unis.
Point sur l'avenir du traité de Lisbonne
La présidence française de l'UE, conduite par Nicolas Sarkozy, va donc devoir vaincre les fortes réticences de certains membres, notamment de la République tchèque. Le retour massif de l'interventionnisme d'Etat prévu par le plan d'action européen ne suscite pas l'enthousiasme dans ce pays très marqué par le souvenir du communisme. En plus du coup de pouce financier aux banques, l'Europe prévoit également un assouplissement des règles comptables qui les fragilisent dans la crise actuelle. Une proposition en ce sens de la Commission européenne est attendue mercredi.
La crise financière complique par ailleurs les négociations en cours sur le plan d'action européen contre le réchauffement climatique, autre grand sujet du sommet de Bruxelles. La France veut obtenir de ses partenaires un engagement confirmé à les boucler d'ici la fin de l'année, alors que plusieurs pays demandent un assouplissement des contraintes imposées à leurs industries en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les dirigeants européens vont par ailleurs se pencher sur l'état de leurs relations avec la Russie après la crise géorgienne, avec une question: le moment est-il déjà venu de reprendre les négociations suspendues avec Moscou sur un partenariat renforcé UE-Russie? Le sommet sera enfin l'occasion de faire le point sur l'avenir du traité de Lisbonne, après le rejet du texte par les Irlandais. Mais Dublin devrait attendre au plus tôt la fin de l'année pour dire s'il est prêt à organiser une nouvelle consultation.
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