Ségolène Royal vient soutenir les salariés de la Camif

le 31 octobre 2008 à 18h07 , mis à jour le 31 octobre 2008 à 18h14

La présidente de la région Poitou-Charentes, où se trouve le siège social de la Camif, était vendredi dans le cortège des salariés venus manifester à Paris.

Ségolène Royal manifestant avec des salariés de la Camif (31 octobre 2008)Ségolène Royal manifestant avec des salariés de la Camif (31 octobre 2008) © TF1/LCI

Plus de 900 emplois sur 1400 doivent disparaître à la Camif, numéro trois français de la vente à distance, après la mise en liquidation judiciaire de Camif Particuliers (780 salariés), victime de difficultés de trésorerie et d'une baisse d'activité liée à la crise économique. Une situation insupportable pour les salariés, qui y voient la disparition, outre de leurs emplois, d'une certaine éthique de la vente par correspondance, plus marquée par la solidarité. Une partie d'entre eux (200 selon les syndicats) sont venus manifester vendredi en début d'après-midi à Paris. Ils avaient reçu le soutien remarqué de Ségolène Royal.

Entourée de manifestants brandissant des drapeaux syndicaux, la présidente de la région Poitou-Charentes, où se trouve le siège social de la Camif, a lancé un message urgent au gouvernement. Au total, selon elle, ce sont 3000 emplois qui sont menacés dans toute la France. "C'est inadmissible que l'Etat annonce 350 milliards pour les banques et qu'il n'y ait pas 20 millions pour sauver la Camif", a-t-elle déclaré, précisant que la région réclamait ce montant pour financer un plan de reprise garantissant l'emploi. "L'Etat vient de mettre 10,5 milliards dans les banques et les banques ne font toujours pas le travail pour lequel elles ont été sauvées", a-t-elle ajouté, répétant sa proposition de nationaliser les banques afin de "leur faire faire ce travail".

"L'Etat doit lâcher l'argent, c'est tout"

Pour Ségolène Royal, une nouvelle crise se profile après la tourmente financière, celle d'entreprises fragilisées à la merci de "prédateurs prêts à racheter pour un euro symbolique". Et face à ce risque, "l'Etat doit lâcher l'argent, c'est tout".

Les syndicats Force ouvrière et CGT de la Camif appelaient à un rassemblement à Bercy pour exiger le versement des fonds annoncés pour les entreprises mises en difficulté par la crise financière. Lors d'une visite à Niort jeudi, le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie, Luc Chatel, avait promis que l'Etat aiderait au reclassement et à la formation du personnel à hauteur de deux millions d'euros. Mais "il est venu les mains vides. Ils n'ont même pas l'intention d'utiliser les mesures annoncées par (Nicolas) Sarkozy" dans son discours sur l'emploi mardi dans les Ardennes, déplore Delphine Batho, député PS des Deux-Sèvres, fief électoral de Ségolène Royal.

Venus de Niort à bord de quatre cars, les salariés ont marché jusqu'aux abords du ministère de l'Economie aux cris de "Sarko du pognon" ou "Direction, caviar. Salariés, clochards", avant d'être arrêtés par un cordon de CRS. Sur les banderoles, de nombreux slogans évoquaient le plan de sauvetage des banques annoncé par le gouvernement français. "Des miettes pour la Camif", pouvait-on lire sur une pancarte rédigée à la main.

D'après agence

le 31 octobre 2008 à 18:07
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