Benoit Hamon au Congrès du PS
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Pas d'accord et des ultimes réunions. Voilà comment peut se résumer la situation au Congrès du PS à Reims dimanche matin. Les dernières tractations sous les tentes des motions de Bertrand Delanoë et Martine Aubry ont commencé peu après 8 heures. Devant ses militants, le maire de Paris a rapidement mis fin au suspense : sa motion ne présentera pas de candidat et il laisse une "entière liberté" aux militants pour le vote. Bertrand Delanoë a affirmé que le "bal des egos n'était pas de son fait et qu'ils avaient tout fait pour l'empêcher". A ses côtés, Jean-Marc Ayrault a déclaré : "Ce qui arrive est ce que je craignais depuis longtemps".
Ces ultimes réunions interviennent après une nuit à très haute tension durant laquelle des négotiations ont eu lieu en vain. Pour la première fois depuis le funeste Congrès de Rennes en 1990, le PS va sortir dimanche de son 75e congrès à Reims sans majorité pour le gouverner, après avoir échoué à trouver le moindre accord sur une orientation et un nouveau leader. Sortie en tête du vote des militants le 6 novembre, Ségolène Royal n'est pas parvenue à réunir une majorité autour des orientations qu'elle proposait pour "la rénovation" du Parti socialiste. Cela ne constitue pas vraiment une surprise en raison de l'hostilité qu'elle suscite au sein du PS. L'ex-candidate à la présidentielle a quitté dans la nuit la commission des résolutions, l'instance restreinte qui traditionnellement confectionne les synthèses de congrès, au bout de trois heures d'une réunion qualifiée de part et d'autre de "simulacre de dialogue". "Les militants vont avoir maintenant la parole, dès jeudi prochain (lors du vote pour élire le premier secrétaire). La main tendue aux autres partenaires n'a pas été saisie", a déclaré Ségolène Royal.
Hamon au front contre Royal
Son départ a été suivi d'une rencontre à trois, qui n'a pas connu plus de succès, entre les chefs de file des trois autres grandes motions, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoit Hamon. Si un accord paraissait alors possible sur un texte commun, il n'a pu se faire sur un candidat unique. Harlem Désir, lieutenant de Bertrand Delanoë, a relevé que le PS se trouvait "dans une situation inédite": "Nous n'avons pas de majorité, un premier secrétaire va être élu sans être soutenu par une majorité, dans l'immédiat", a-t-il dit. "Nous sortons du congrès comme on y est rentré", a déclaré pour sa part Michel Sapin, un autre proche de Bertrand Delanoë. Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS, a reconnu "un échec général". Pour le premier secrétaire sortant François Hollande, "personne n'a gagné mais beaucoup a été perdu dans la recherche d'une majorité". Il s'est cependant voulu rassurant. En désignant au suffrage universel un candidat, "cette majorité de militants induira forcément une majorité dans le PS", a estimé la Premier secrétaire sortant.
Depuis l'ouverture du Congrès, le principal point de blocage s'est cristallisé autour des alliances entre socialistes et centristes du moDem que Ségolène Royal juge souhaitable d'ici 2012 pour évincer Nicolas Sarkozy. Une option que refuse l'ensemble des autres courants. Pour lever ce qu'elle considère comme "un prétexte" visant à lui faire obstacle, la présidente du Poitou-Charentes avait proposé samedi devant le congrès une "consultation directe des militants" sur cette question. Outre Ségolène Royal, Benoît Hamon, issu de la gauche du parti, est candidat déclaré. Il table sur le soutien de Martine Aubry, espérant que "quelque chose se passe dans les 48 heures". La maire de Lille n'a pas fait connaître sa décision...
D'après agence
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