© AFP/Philippe HuguenCe fut la nuit la plus longue du PS... Au terme d'une folle soirée faite de rumeurs contradictoires et d'annonces par l'un et l'autre camp sur le nom de la nouvelle chef du parti (le récit de cette folle nuit en cliquant ici), le résultat officiel est tombé à 5h40 samedi : Martine Aubry a été élue premier secrétaire avec 50,02% des voix, selon les chiffres communiqués par la direction du parti. La maire de Lille bat au second tour Ségolène Royal, qui obtient 49,98% des suffrages... Soit 42 voix d'écart entre les deux candidates. 42 voix sur 137.116 votants.
Pour le camp de l'ex-candidate à la présidentielle, qui a tenu une réunion de crise en pleine nuit, ces résultats de vendredi soir sont "contestés et contestables". Et d'exiger un nouveau deuxième tour de scrutin jeudi prochain. "Vu les contestations locales, le meilleur moyen de sortir de cette impasse c'est de donner la parole aux militants une nouvelle fois", a déclaré Manuel Valls. "Devant la situation d'extrême confusion (...) c'est la seule proposition digne et acceptable", a souligné à ses côtés l'avocat de Ségolène Royal Me Mignard.
"On est au bord de l'explosion"
Revoter jeudi prochain ? Pas question, a répondu du tac au tac le camp Aubry, estimant qu'un troisième tour n'a pas lieu d'être. "Ce n'est pas parce que le résultat ne plaît pas qu'il faut changer les règles", a rétorqué François Lamy, bras droit de l'ex ministre de l'Emploi. Martine Aubry d'appeler sa concurrente à "une attitude de responsabilité car sinon, cela va créer une situation encore pire pour notre parti".
Face à cette crise, le patron sortant du PS François Hollande a décidé tôt samedi de convoquer un Conseil national. Il aura lieu mardi soir. "Un résultat est connu" et "il doit être validé", a estimé le premier secrétaire sortant. A noter que le camp de Ségolène Royal est minoritaire dans cette instance.
C'était la troisième fois depuis le début du mois de novembre que les militants socialistes se rendaient aux urnes pour renouveler la ligne et la direction d'un parti sans boussole depuis l'élection à la présidence de Nicolas Sarkozy, il y a 18 mois. Alors que le parti a perdu les trois dernières présidentielles, ce nouvel épisode de la guerre des chefs risque de le rendre encore plus inaudible... et fragile. "On est au bord de l'explosion. Les provocations se multiplient. Les Français risquent de se réveiller demain matin avec une image pitoyable du PS", se lamentait dans la nuit un responsable. A suivre donc.
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