Martine Aubry à la tribune du congrès de Reims (15 novembre 2008) © TF1/LCI
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> Pour Aubry, pas d'accord possible avec Royal |
"Si nous ne sommes pas capables de nous reprendre, c'est peut-être la fin du PS". Montant à la tribune samedi peu après Ségolène Royal, Martine Aubry a dressé un bilan sévère du PS, de son action et de son image chez les Français, réclamant un parti résolument à gauche. Si, selon elle, "ce congrès est historique", c'est parce qu'il devra préfigurer l'avènement d'un parti rénové... ou marquer la poursuite de sa dégradation. Pour cela, elle a appelé à "remettre le parti au travail", à avoir un "parti uni sur des positions claires"... et dans lequel il n'y ait pas de franc-tireur.
Un discours qui s'opposait résolument à celui prononcé juste avant elle par Ségolène Royal, tant sur le fond que sur la forme. Autant la première avait tout axé sur le registre de l'émotion, autant la seconde s'est ancrée dans des thématiques politiques fortes pour la gauche. Avec l'ancienne candidate à la présidentielle d'ailleurs, pas d'accord possible à ce stade : "Nous avons naturellement discuté avec Ségolène, qui nous a écoutés. Nous avons fait des propositions. Mais nous n'avons pas trouvé la cohérence globale du projet alternatif proposé aux Français face au libéralisme".
"Même en temps de crise, les Français ne nous regardent pas"
En revanche, offre de service renouvelée pour construire une majorité avec Benoît Hamon et Bertrand Delanoë. Une majorité qu'elle n'a donc pas renoncé à trouver, et qu'elle est toujours déterminée à créer. "Je le dis à Bertrand : ceux qui ont des nuances entre eux doivent tout faire pour que ça aboutisse", a-t-elle déclaré, répondant directement à l'appel lancé par le maire de Paris dans son propre discours et déclenchant à plusieurs reprises des ovations de la salle, dont une partie importante s'est levée en scandant "Martine, Martine !" Pour que cette alliance voie le jour, "nous n'avons mis aucun préalable concernant ce que Bertrand Delanoë appelle si élégamment le dispositif humain". Pas question non plus de tout sacrifier à l'échéance de 2012 : "Sortons définitivement de l'inquiétude sur les présidentielles. Nous devons choisir une équipe et un capitaine pour que le parti socialiste redevienne un parti de gauche et se renouvelle", a lancé la maire de Lille à la tribune.
Si Ségolène Royal avait paraphrasé Edmond Rostand ("nous sommes les socialistes"), Martine Aubry lui a répondu en plus de quarante minutes d'une défense et illustration du socialisme dans un monde dominé par le libéralisme : "Nous sommes les héritiers de ceux qui ont porté haut les valeurs du socialisme (...) Nous devons avoir cette pensée chevillée au corps pour faire honneur à notre histoire et à ses valeurs". Alors qu'aujourd'hui, face au spectacle des divisions internes au PS, "même en temps de crise, les Français ne nous regardent pas", Martine Aubry a plaidé pour que l'on "mette dans les têtes le mot socialisme comme réponse aux problèmes des Français".
"Les valeurs du PS n'ont jamais été autant d'actualité"
Car même si, selon la maire de Lille, "le libéralisme est en crise", il reste "qu'aujourd'hui, les temps ne sont pas encore socialistes". Elle a désigné pour cela l'adversaire commun : Nicolas Sarkozy, qui "profite de la crise pour demander encore plus à ceux qui n'ont rien - le CDD va devenir la règle, il veut nous faire travailler le dimanche..." Mais, a dénoncé Martine Aubry, si "la crise, aujourd'hui, est bien là, nous devons lui en faire payer le prix : c'est d'abord sa politique qui nous a menés où nous sommes".
D'où cet appel pour un PS ferme sur ses valeurs, autant à l'extérieur, vis-à-vis de la droite, qu'à l'intérieur, vis-à-vis des possibles entorses à la discipline du parti qui pourraient le fragiliser. "A partir de cette situation, les militants ont travaillé, ils se sont tous exprimés. C'est dans nos mains, les délégués, que repose désormais l'avenir du parti socialiste. Que nous ont-ils dit ? La première chose, c'est la volonté d'ancrage à gauche, face au libéralisme ; l'exigence d'une gauche forte face à une droite dure (...) Ils nous ont dit avec force : le monde change et nous ne changeons pas. Changez le parti socialiste, ouvrez les portes et les fenêtres (...) Le parti socialiste doit sortir ancré à gauche du congrès de Reims et avec une volonté de changement. (...) Je veux voir renaître à Reims le parti socialiste, tout simplement. Ses valeurs n'ont jamais été autant d'actualité".
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