Aubry affiche sa détermination

Par Franck LEFEBVRE-BILLIEZ, le 15 novembre 2008 à 18h11 , mis à jour le 15 novembre 2008 à 19h31

S'exprimant peu après Ségolène Royal, la maire de Lille s'est montrée disponible samedi pour construire une majorité avec Benoît Hamon et Bertrand Delanoë.

Martine Aubry à la tribune du congrès de Reims (15 novembre 2008)Martine Aubry à la tribune du congrès de Reims (15 novembre 2008) © TF1/LCI

 

Congrès PS 2008
Retrouvez ici notre dossier spécial
LCI picto cliquez regardez

> Pour Aubry, pas d'accord possible avec Royal
> Discours d'Aubry : l'analyse de Marie Croccel 
> L'intégralité du discours de Martine Aubry

"Si nous ne sommes pas capables de nous reprendre, c'est peut-être la fin du PS". Montant à la tribune samedi peu après Ségolène Royal, Martine Aubry a dressé un bilan sévère du PS, de son action et de son image chez les Français, réclamant un parti résolument à gauche. Si, selon elle, "ce congrès est historique", c'est parce qu'il devra préfigurer l'avènement d'un parti rénové... ou marquer la poursuite de sa dégradation. Pour cela, elle a appelé à "remettre le parti au travail", à avoir un "parti uni sur des positions claires"... et dans lequel il n'y ait pas de franc-tireur.

Un discours qui s'opposait résolument à celui prononcé juste avant elle par Ségolène Royal, tant sur le fond que sur la forme. Autant la première avait tout axé sur le registre de l'émotion, autant la seconde s'est ancrée dans des thématiques politiques fortes pour la gauche. Avec l'ancienne candidate à la présidentielle d'ailleurs, pas d'accord possible à ce stade : "Nous avons naturellement discuté avec Ségolène, qui nous a écoutés. Nous avons fait des propositions. Mais nous n'avons pas trouvé la cohérence globale du projet alternatif proposé aux Français face au libéralisme".

"Même en temps de crise, les Français ne nous regardent pas"

En revanche, offre de service renouvelée pour construire une majorité avec Benoît Hamon et Bertrand Delanoë. Une majorité qu'elle n'a donc pas renoncé à trouver, et qu'elle est toujours déterminée à créer. "Je le dis à Bertrand : ceux qui ont des nuances entre eux doivent tout faire pour que ça aboutisse", a-t-elle déclaré, répondant directement à l'appel lancé par le maire de Paris dans son propre discours et déclenchant à plusieurs reprises des  ovations de la salle, dont une partie importante s'est levée en scandant  "Martine, Martine !" Pour que cette alliance voie le jour, "nous n'avons mis aucun préalable concernant ce que Bertrand Delanoë appelle si élégamment le dispositif humain". Pas question non plus de tout sacrifier à l'échéance de 2012 : "Sortons définitivement de l'inquiétude sur les présidentielles. Nous devons choisir une équipe et un capitaine pour que le parti socialiste redevienne un parti de gauche et se renouvelle", a lancé la maire de Lille à la tribune.

Si Ségolène Royal avait paraphrasé Edmond Rostand ("nous sommes les socialistes"), Martine Aubry lui a répondu en plus de quarante minutes d'une défense et illustration du socialisme dans un monde dominé par le libéralisme : "Nous sommes les héritiers de ceux qui ont porté haut les valeurs du socialisme (...) Nous devons avoir cette pensée chevillée au corps pour faire honneur à notre histoire et à ses valeurs". Alors qu'aujourd'hui, face au spectacle des divisions internes au PS, "même en temps de crise, les Français ne nous regardent pas", Martine Aubry a plaidé pour que l'on "mette dans les têtes le mot socialisme comme réponse aux problèmes des Français".

"Les valeurs du PS n'ont jamais été autant d'actualité"

Car même si, selon la maire de Lille, "le libéralisme est en crise", il reste "qu'aujourd'hui, les temps ne sont pas encore socialistes". Elle a désigné pour cela l'adversaire commun : Nicolas Sarkozy, qui "profite de la crise pour demander encore plus à ceux qui n'ont rien - le CDD va devenir la règle, il veut nous faire travailler le dimanche..." Mais, a dénoncé Martine Aubry, si "la crise, aujourd'hui, est bien là, nous devons lui en faire payer le prix : c'est d'abord sa politique qui nous a menés où nous sommes".

D'où cet appel pour un PS ferme sur ses valeurs, autant à l'extérieur, vis-à-vis de la droite, qu'à l'intérieur, vis-à-vis des possibles entorses à la discipline du parti qui pourraient le fragiliser. "A partir de cette situation, les militants ont travaillé, ils se sont tous exprimés. C'est dans nos mains, les délégués, que repose désormais l'avenir du parti socialiste. Que nous ont-ils dit ? La première chose, c'est la volonté d'ancrage à gauche, face au libéralisme ; l'exigence d'une gauche forte face à une droite dure (...) Ils nous ont dit avec force : le monde change et nous ne changeons pas. Changez le parti socialiste, ouvrez les portes et les fenêtres (...) Le parti socialiste doit sortir ancré à gauche du congrès de Reims et avec une volonté de changement.  (...) Je veux voir renaître à Reims le parti socialiste, tout simplement. Ses valeurs n'ont jamais été autant d'actualité".

Par Franck LEFEBVRE-BILLIEZ le 15 novembre 2008 à 18:11
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

22 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Thierry, le 16/11/2008 à 09h28

    Un seul constat....! Il n'y a pas de gauche politique en France. Seulement un vague mouvement anti droite, pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour.

  • Terrier, le 16/11/2008 à 01h48

    Je ne suis pas socialiste,mais ca fait plaisir de voir martine essayer de faire un parti socialiste proche des ouvriers et des pauvres,j'en ais marre des bourges comme la segolene,qui n'as rien a voir avec nous. et j'approuve melenchon qui as quitte le ps

  • PEDRO, le 16/11/2008 à 00h46

    Pendant ce temps, heureusement que Mr Sakozy travaille à sauver la france et l'economie mondial.

  • Le Socialillois, le 16/11/2008 à 00h44

    Socialistes de France, choisissez la comme premier secrétaire , qu'elle parte à Paris et qu'on en soit débarrassé. C'est Pierre Mauroy (un bon maire), qui a du, par loyauté envers le P.S , l'introniser aux dépens de Bernard Roman, son dauphin légitime. Merci pour le cadeau. Elle a réussi à se faire réélire en étouffant les velléités des autres membres du P.S et en profitant du grand vide de l'opposition à Lille. Allez, soyez sympas, votez pour elle. Ayez pitié et délivrez nous du mal.

  • Franck pedrosa, le 15/11/2008 à 22h47

    Je soutiens martine pour s'alllier à mrs hamon et delanoe boutons segolene pour creer une dynamique ancrage a gauche que diantre

  • Franck pedrosa, le 15/11/2008 à 22h43

    à fond derriere martine rallions hamon et delanoe et boutons dame segolene je ne souhaite qu'une chose l'unite du parti et retrousser ses manches ensuite pour le grand combat tous a gauche

  • Skipperg, le 15/11/2008 à 21h57

    Merci martine, ancrer le PS a gauche laissera un boulevard à Sarko pour réformer notre pays à bout de souffle, qui crève sous les privilèges des fonctionnaires et autres nomenklatura... Car si le socialo-communisme était la panacée ("Deamain, on va raser gratis avec l'argent des autres"), ça se saurait (depuis 1917). D'ailleurs, "l'Obamania" actuelle devrait rafrâichir la mémoire nos braves Franchouillards qui ont adoré en son temps leur veau d'or socialiste (Miterrand et sa "Tontomania" ) dont le règne a précipité le déclin de la France.

  • Serge alain, le 15/11/2008 à 21h52

    Depuis quelques années,le PS,à abandonné la classe ouvrière,pour soutenir plusieurs catégories de fonctionnaires.La classe ouvrière,et les "petites classes moyennes" payent un lourd tribu à la crise. Tous les jours,les agriculteurs,enfants chéris des politiques de tous bords,sont abreuvés de subventions,en France,il faut avoir un gros pouvoir de nuisance pour bénéficier d'aides ,de toutes sorte. Ouvriers et petits cadres paieront pour les privilégiés.Merci le P S.

  • COCO, le 15/11/2008 à 20h22

    Aubry est fermement décidée à ne rien décider.

  • Vikkas, le 15/11/2008 à 20h21

    Le PS dans toute sa splendeur..... Un vrai marchandage de Chiffonnières, loin des graves préoccupations de l'ensemble du peuple français, c'est dramatique et pathétique. Vikkas

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience