Delanoë à Bordeaux en janvier 2008 © Abacapress![]() |
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Quelques heures avant l'ouverture du Congrès de Reims, Bertrand Delanoë sort de son silence et confirme la construction d'une alliance pour faire barrage à Ségolène Royal et ses amis. Dans une lettre adressée jeudi aux militants, le maire de Paris met en garde contre les "postures tactiques" et les "logiques individualistes" et se dit prêt à contribuer à un rassemblement "sur la base d'une ligne politique claire".
Selon lui, "l'efficacité de gauche, c'est le socialisme démocratique". "Nous avons besoin d'un projet pour l'Europe" et "ne pourrons le réaliser qu'avec toutes les forces progressistes, dont nos amis sociaux-démocrates", ajoute-t-il, alors que Ségolène Royal avait jugé "périmé" le modèle social-démocrate, affirme le maire de Paris, dont la motion en vue du Congrès a été devancée par celle de Ségolène Royal.
"Un parti où chacun ait sa place"
Le maire de Paris prévient que ces buts ne peuvent être atteints que "si nous clarifions d'abord notre conception même du Parti socialiste". "Nous voulons un parti de militants, où chacun ait sa place, où la liberté de parole ne porte jamais atteinte à son unité, où partout, l'exigence éthique s'applique à notre démocratie interne, où soit réaffirmé le principe de cotisations progressives", souligne-t-il, alors que Ségolène Royal a plaidé pour une baisse des cotisations.
Par ailleurs, souligne Bertrand Delanoë, "sur la question majeure des alliances, nous n'avons pas le droit d'être ambigus: on ne peut porter un projet de gauche qu'avec les formations politiques qui se reconnaissent durablement dans les valeurs de la gauche. Cela s'est vérifié hier. Et s'avère plus que jamais valable, pour aujourd'hui et pour demain".
"S'adresser à toutes les forces politiques"
Ségolène Royal a précisé dans une lettre adressée jeudi à ses rivaux que sa stratégie d'alliance consiste à "rassembler la gauche" et s'adresser "ensuite à toutes les forces politiques" susceptibles de se reconnaître dans le projet PS. Un stratégie qui a du plomb dans l'aile. Outre le rejet tacite du maire de Paris, la maire PS de Lille, Martine Aubry, a repoussé jeudi soir les avances de Ségolène Royal.
"Parce que nous défendons une certaine conception de la politique et de la gauche, nous constatons" que le "contenu" de la lettre adressée par Ségolène Royal aux autres motions "ne nous paraît malheureusement pas à la hauteur des enjeux", écrivent Martine Aubry et ses soutiens. "Mais nous continuons à penser qu'il est possible au congrès de Reims de construire une majorité de gauche comme l'ont souhaité les militants", affirme Martine Aubry. Le matin même, Benoît Hamon, représentant de la gauche du PS, a dit être "près d'un accord politique" avec l'ancienne ministre.
Le Premier secrétaire sortant est lui aussi sceptique. François Hollande, estime, dans un entretien aux quotidiens régionaux, que Ségolène Royal doit "faire la preuve qu'elle peut rassembler le parti", mais que Bertrand Delanoë, dont il a soutenu la motion, devra, à défaut, "prendre l'initiative".
(D'après agence)
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