Delanoë à Bordeaux en janvier 2008 © AbacapressNouveau coup de théâtre en milieu de journée dans la bataille du PS. A Reims, il n'avait pas donné de consigne de vote. Mais Bertrand Delanoë a changé d'avis. Dans une lettre aux militants, le maire de Paris appelle ses partisans à choisir Martine Aubry lors du vote interne des socialistes qui doit désigner, jeudi, le successeur de François Hollande.
"Notre responsabilité est immense", souligne Bertrand Delanoë dans cette lettre ouverte. "Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s'exprimer, par son vote, sur ce qui est l'enjeu décisif de ce scrutin, comme l'ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l'identité même du Parti socialiste", poursuit-il. "Le congrès de Reims n'a pas permis à notre Parti de s'unir autour d'une ligne politique majoritaire. Je le regrette profondément tout comme je regrette l'image que nous avons offerte aux Français. Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur.
Les raisons du revirement
Une source de la motion Aubry explique à LCI.fr ce revirement par le fait que "Bertrand a compris que sa motion était progressivement en train de rallier Martine, et qu'il ne pouvait rester dans sa neutralité. Si Martine gagnait, il resterait à l'écart, et si Ségolène gagnait, certains lui en feraient porter la responsabilité". "On ne peut pas dire que c'est un choix historique et ne pas se prononcer", affirme pour sa part un député strauss-kahnien. Explication plus psychologique d'une élue de la Marne : "il lui a fallu quelques heures de plus pour digérer sa défaite".
Selon nos informations, Bertrand Delanoë et Martine Aubry se sont téléphoné ce matin. La maire de Lille a passé d'autres coups de fil à des partisans de la motion A ; ainsi, l'adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, Christophe Girard, lui a affirmé qu'il lui apportait son soutien. D'autres devraient suivre mardi. Le président socialiste du conseil général du Nord, Bernard Derosier, qui n'avait jusque-là pas clairement annoncé sa préférence entre Martine Aubry ou de Bertrand Delanoë, a également appelé lundi à voter pour la maire de Lille.
Royal peut-elle mobiliser les abstentionnistes et ex-"nouveaux adhérents" ?
Trois jours avant le vote, l'arithmétique semble donc favoriser Martine Aubry soutenue désormais par la motion Delanoë (25% la semaine dernière), Ségolène Royal comptant plus sur une dynamique d'opinion. "Je vois bien qu'il y a là une stratégie d'empêchement pour empêcher les socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le Parti socialiste", a estimé sur BFM François Rebsamen, proche de Ségolène Royal.
Tout l'enjeu pour la présidente de Poitou-Charente est maintenant de mobiliser les militants abstentionnistes de la semaine dernière, et ceux qui n'ont toujours pas renouvelé leur cotisation. Leur nombre est estimé à 70.000, et ils pourraient faire basculer, dans un sens ou dans l'autre, l'élection du futur patron du PS. "Je crois que s'ils avaient voulu se mobiliser pour Royal, ils l'auraient déjà fait la semaine dernière", explique un membre de la garde rapprochée de Martine Aubry. Quel effet va avoir sur eux le spectacle de Reims ? Il déterminera le vote de jeudi.
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