Martine Aubry à Lille, avec Bertrand Delanoë © AbacapressFace à une Ségolène Royal de plus en plus candidate, elle s'exprimera ce soir au 20 heures de TF1, que va faire la maire de Lille ? Ses partisans estiment qu'elle est la seule à pouvoir faire barrage à l'ex-candidate à la présidentielle mais les conditions politiques de sa candidature et de sa victoire devant les militants sont-elles réunies ? "Nous en saurons plus demain après-midi", a confié à LCI.fr un de ses proches mercredi après-midi.
Ils se sont réunis en milieu de journée au conseil régional d'Ile-de-France. Assistaient à la réunion : les amis de Martine Aubry mais également les fabiusiens représentés par Claude Bortolone et des strauss-kahniens représentés par Jean-Christophe Cambadélis. A la sortie de la réunion, les uns et les autres se sont quasiment refusés à tout commentaire. Interrogé sur une annonce de candidature par Ségolène Royal sur TF1 ce soir, Jean-Christophe Cambadélis a lâché : "le congrès se fait au congrès et non pas dans les médias". Quant à Marylise Lebranchu, elle a confié qu'ils travaillaient à la construction "d'une plate-forme politique". Martine Aubry, elle, a évité micros et caméras en sortant par une porte dérobée.
La maire de Lille prépare sa réponse aux propositions présentées par Ségolène Royal et devait mettre la dernière main à un texte d'orientation qui pourrait servir de socle à partir duquel construire une majorité au congrès de Reims. "Nous ne sommes pas du tout dans un front anti-Royal, explique à LCI.fr un participant, mais dans la construction d'une dynamique autour d'une ligne politique de renouvellement et ancrée à gauche". Les proches de Martine Aubry ont intégré le risque de passer aux yeux des militants et de l'opinion comme des "mauvais perdants". Ils veulent donc offrir, "dans la transparence", une autre orientation que celle de Ségolène Royal, sur le programme futur du parti, sur la conception de l'action politique et sur les alliances avec le centre.
"Royal est dans une approche plébiscitaire"
Mais au-delà du débat sur les lignes politiques, c'est bien une course contre la montre dans les soutiens qui est à l'œuvre à 48 heures de l'ouverture du congrès. Le camp Aubry espère bien rallier les jospino-rocardiens qui ne partagent pas la conception du parti voulu par la présidente de la région Poitou-Charentes. "Ségolène n'est plus dans l'élaboration d'un programme politique social-démocrate mais dans une démarche de création permanente en fonction de l'air du temps. C'est ce qui ressort de sa rencontre avec Delanoë mardi soir", explique un ancien ministre rocardien qui ajoute : "Elle est dans une approche plébiscitaire sans trop de concessions". De là à rallier la maire de Lille, "c'est encore un peu tôt pour le dire", estime-t-on.
Et Bertrand Delanoë, va-t-il accepter de faire alliance avec Martine Aubry ? "On ne bouge pas pour l'instant, nous sommes revenus au centre du jeu", glisse seulement un de ses fidèles qui confirme un désaccord de fond avec la motion Royal. Quant à Christophe Girard, il explique que "le maire de Paris réfléchit plus en termes de gouvernabilité du parti et d'unité que de personnes".
Quant à Benoît Hamon, il reste candidat au poste de premier secrétaire, fort de sa dynamique politique et médiatique. Il connaît très bien la maire de Lille mais leurs discussions vont être corsées. Selon Razzy Hammadi, "il y a plusieurs voies pour le changement" et Benoît Hamon "peut en incarner une, celle qui est fondée sur le renouvellement, la rénovation, le rajeunissement mais aussi une conception du PS fondée sur le respect d'une certaine part de son histoire, de la stratégie d'alliance à gauche".
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