Martine Aubry au Grand jury RTL-LCI-Le Figaro (2 novembre 2008) © TF1/LCI"Il ne faut pas seulement arriver en tête, il faut être capable de rassembler sur une ligne politique, il ne suffit pas d'être devant". Dimanche soir, sur le plateau du Grand jury RTL-LCI-Le Figaro, Martine Aubry a voulu se démarquer de François Hollande. Elle était appelée à réagir aux propos tenus le même jour par le premier secrétaire du PS : "le vainqueur du congrès de Reims sera la motion qui sera arrivée en tête". Une motion d'où devrait dès lors sortir logiquement, selon lui, le nom du futur patron du PS. Un message assorti d'une impérieuse demande de discipline, laquelle ne peut se concevoir sans "respect du vote militant".
Or parmi "les soutiens des uns et des autres, hormis Delanoë, il y en a qui n'ont pas respecté la discipline", avait souligné François Hollande, visant implicitement Laurent Fabius (motion Aubry) et, nommément, Manuel Valls (motion Royal). D'où ce message aux adhérents : "si vous voulez que la discipline, après le débat, soit la règle collective, (vous devez) être pour une motion dont tous les signataires ont eu ce respect". Quelle motion ? Clairement, celle de Bertrand Delanoë, qui "doit arriver en tête. Une fois en tête, elle n'aura pas besoin de s'allier", mais pourra réunir "tous ceux qui seront d'accord sur cette ligne d'orientation, ce comportement (...) ceux qui sont prêts à accepter le vote des militants".
"Que me reproche François Hollande ?"
Mais pour Martine Aubry, "tout le monde a déjà compris que le vrai problème, c'est la ligne politique qui va être choisie par les militants". Or selon la maire de Lille la ligne politique de sa motion est "centrale, c'est une ligne de gauche". Plus fédératrice, donc, que la motion Delanoë... La maire de Lille s'est toutefois refusée à dire avec quelle motion elle souhaitait trouver un accord pour le gouvernement du parti. "Vous ne me ferez pas mettre les alliances avant la ligne politique", a-t-elle dit. Et poussée par ses interviewers à annoncer officiellement sa candidature à la succession de François Hollande, l'ancienne ministre s'y est refusée, répétant : "J'ai toujours dit que je prendrai mes responsabilités. Quand on parle du premier de liste, on ne parle plus que de lui (...) Si une personnalité gagne et qu'on n'est pas rassemblé, on se plantera. S'il y a un chef qui dit : c'est moi qui décide tout, on se plantera aussi. C'est une conception de la politique".
Et à l'appel du Premier secrétaire pour que les adhérents se prononcent d'abord en fonction du respect du vote des militants, ces dernières années, par les principaux animateurs des motions, Martine Aubry a rétorqué : "Appelons un chat, un chat. Que me reproche François Hollande? Que j'ai pu travailler avec Laurent Fabius et ses amis, qui ont voté non au référendum sur l'Europe". Or, a-t-elle argumenté, la motion de François Hollande et celle de Laurent Fabius au congrès du Mans (2005) étaient partie prenante de la synthèse finale, six mois après la victoire du non au référendum, en dépit de la campagne pour le oui du PS. "Pourquoi ce qui était possible hier, trois mois après (le référendum), ne l'est plus trois ans après ?"
Selon Martine Aubry , "si nous continuons à jouer ce petit jeu-là, des gens qui n'ont pas respecté le parti, il y en a dans chaque motion. C'est justement ce qu'on ne veut plus voir" et pour cela "il faut qu'il y ait un débat dans le parti, il faut un patron, quelqu'un qui n'ait pas changé de ligne, qui soit crédible, capable de faire travailler ensemble des gens différents".
D'après agence
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