La semaine de tous les dangers

le 09 novembre 2008 à 17h28 , mis à jour le 10 novembre 2008 à 06h18

Le compte à rebours est lancé : un nom de Premier secrétaire d'ici mardi. Pour trouver ce nom, Ségolène Royal multiplie les contacts, pendant qu'à droite, on se frotte les mains.

Ségolène Royal PS © TF1/LCI

L'équipe de Ségolène Royal entame une semaine à hauts risques, sous la pression des autres courants du Parti socialiste qui attendent ses propositions de rassemblement. Deux réunions devraient avoir lieu lundi autour de l'ex-candidate à l'Elysée que les militants socialistes ont placée en tête à l'issue du premier round du congrès de Reims : réunion du "conseil politique" dans ses locaux du boulevard Raspail puis rencontre des "mandataires" de sa motion au Sénat. Pendant le week-end, au programme "strictement privé" selon son entourage, la présidente de Poitou-Charentes a néanmoins eu des contacts pour préparer un congrès à l'issue très incertaine en raison de l'émiettement des suffrages.

Longtemps distancée dans les sondages, sans réseau structuré dans les fédérations, Ségolène Royal s'est alliée en septembre avec le collectif de La ligne claire, composé de barons locaux dont le poids explique en partie son succès de jeudi soir. Pour obtenir leur soutien, elle a dû mettre sa candidature au poste de Premier secrétaire "au frigidaire". Et un proche explique : "Elle n'a pas les moyens d'être candidate sur son nom sinon, elle perd Collomb (le maire de Lyon) et Guérini (le président du conseil général des Bouches-du-Rhône)", qui ne veulent pas d'un PS dirigé par un présidentiable.

Copé ironise sur un éclatement du PS

Selon un sondage Ifop publié dans le Journal du dimanche, Ségolène Royal est la personnalité de gauche préférée des sympathisants PS et de gauche pour être "leader de la gauche face à Nicolas Sarkozy", devant Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry. Mais les sondages ne font pas une majorité au sein du parti. Pour Harlem Désir, lieutenant de Bertrand Delanoë, "la motion de Ségolène Royal est arrivée en tête et il est normal qu'elle essaie de trouver une majorité, mais il faut qu'elle puisse trouver le soutien, au-delà de sa motion, d'un certain nombre de camarades sur ses positions. Or il se trouve qu'on peut être en tête et avoir des positions qui empêchent de rassembler une majorité". Pour Claude Bartolone, "dans l'état actuel des choses, il est tout simplement impossible de s'allier avec Ségolène Royal". Le député de Seine-Saint-Denis ne manque pas de souligner le "grand écart" entre ce que l'ancienne candidate prônait pendant la présidentielle, son texte de motion et les idées défendues pendant la campagne interne.

Toujours dans le JDD, le député maire d'Evry, Manuel Valls, met cependant en garde contre la constitution d'un front du refus. Pendant qu'à droite, on suit avec joie les épisodes de cette lutte larvée mais féroce. Pour Jean-François Copé, le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, les conditions sont en réalité réunies pour que le PS éclate. "Je vois un PS artificiellement rassemblé mais en réalité totalement dispersé en son sein", a-t-il avancé sur Radio J. "Je me demande si, finalement, la logique ne serait pas que ceux qui veulent aller avec l'extrême gauche y aillent (...) et que ceux qui veulent faire une alliance avec (François) Bayrou le fassent".

Un nom, mais lequel ?

Dans l'état actuel des choses, deux des proches de Ségolène Royal se voient en Premier secrétaire de consensus, avec des orientations opposées. Candidat déclaré au poste de Premier secrétaire depuis un an, Julien Dray, 51 ans, estime encore que "ça peut être moi". Il a argumenté dimanche : "je pense que la question qui va être posée immédiatement, c'est comment on organise le dispositif. Je pense que ça doit  partir de l'Assemblée nationale parce qu'il faut travailler avec les  parlementaires, avec les élus". Numéro deux du PS sous la houlette de François Hollande, François Rebsamen, 57 ans, est partisan d'un rapprochement avec Bertrand Delanoë - ce que Ségolène Royal appelle en privé un "retour à la case départ".

Incertitude en revanche sur le cas de Vincent Peillon, 48 ans : député européen, cet ancien adversaire de la Constitution européenne penche pour un accord avec Martine Aubry. Mais pas nécessairement pour être lui-même à la tête du PS. Il affirme au contraire qu'il y verrait très bien Ségolène Royal. "Je n'ai jamais fait acte de candidature, contrairement à d'autres, parce que j'ai toujours pensé que la question essentielle pour nous est celle de  l'orientation politique et la capacité de travailler ensemble", a-t-il affirmé  dimanche sur France 5. "Aujourd'hui je ne vois pas pourquoi je me contredirais".

Avec agences

le 09 novembre 2008 à 17:28
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