La tournée militante express de Fillon

Par D.H. (avec agence), le 29 novembre 2008 à 16h40 , mis à jour le 29 novembre 2008 à 18h02

Le Premier ministre a défendu samedi à deux reprises la poursuite de "l'ouverture" de la majorité présidentielle, critiquant copieusement un PS sans "ligne" et "fermé".

François FillonFrançois Fillon, le 29 novembre 2008 © TF1-LCI

Deux semaines après le Congrès de Reims, qui n'a pas laissé une belle image du PS, François Fillon a décidé d'en profiter, railleries à l'appui. Invité au congrès fondateur de Gauche moderne, parti allié de l'UMP créé par l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Défense chargé des Anciens combattants, le Premier ministre a défendu samedi la poursuite de "l'ouverture" à gauche de la majorité présidentielle, face à un PS qui a échoué, selon lui, à se choisir une "ligne politique". Alors que les scénarios d'un futur remaniement gouvernemental se murmurent en coulisses, "tout milite pour que cette ouverture soit poursuivie, parce que le durcissement de l'opposition désarçonne beaucoup d'hommes et de femmes de gauche qui cherchent autre chose qu'un affrontement stérile, et c'est la raison pour laquelle nous devons rester ouverts et rassembleurs", a-t-il argumenté.
 
Selon le chef du gouvernement, le PS ne vit pas aujourd'hui "seulement une bataille de personnes", mais "en réalité une bataille pour savoir quelle doit être la ligne politique". Il a estimé que "l'ouverture" avait "mis un terme à toutes ces caricatures qui ont trop longtemps bridé la pensée française, divisé notre nation et freiné l'action". "Les Français n'ont pas de raisons d'avoir des regrets" depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, a-t-il souligné. "Il suffit simplement qu'ils réfléchissent une minute à ce qui ce serait passé si le résultat avait été inverse et si le Parti socialiste était aujourd'hui aux commandes", a-t-il poursuivi.
 
Fillon moque "les courants A, B et C" du PS
 
"Quelle décision prendrait-il, quelle ligne politique serait la sienne? Est-ce qu'il faudrait, avant de décider d'un plan de relance de l'économie, six mois de débats entre les courants A, B et C du Parti socialiste ?", a ajouté François Fillon sous les rires et les applaudissements de l'assistance. Ciblant Ségolène Royal sans la citer, le Premier ministre a raillé son entreprise de "rénovation". "On se dit que si ça, c'est la rénovation du Parti socialiste, qu'est-ce que ça doit être ceux qui ne veulent pas de la rénovation du Parti socialiste ?!"

Le chef du gouvernement a invité l'opposition socialiste à cesser de "donner des leçons de morale" face à la crise. "Je leur demande un peu de décence : restez silencieux, aidez-nous à redresser notre pays et attendez le moment venu ce délai de décence pour pouvoir de nouveau donner des conseils à la France entière", a-t-il dit. Le PS, "ce parti divisé, n'a que pour seul ressort, pour seul projet l'antisarkozisme", a poursuivi François Fillon. "Il n'y a pas un peuple de droite et un peuple de gauche", a-t-il souligné, ouvrant la voie à de nouveaux "débauchages" dans l'opposition en vue d'un remaniement.
 
François Fillon a tenu un même discours offensif un peu plus tôt à Paris, devant des nouveaux adhérents de l'UMP, prenant d'autres exemples, déplorant cette fois les choix récents du PS. A savoir, selon le Premier ministre, le vote contre du PS au Parlement sur la poursuite de la présence militaire française en Afghanistan et son abstention sur le plan d'aide aux banques, deux sujets qui, selon lui, auraient pu faire consensus. Son analyse ? "Le Parti socialiste n'a toujours pas fait le choix d'une ligne politique qui lui permettrait d'être un peu plus sûr de lui, et de dialoguer avec nous sans avoir peur de perdre son identité". "On fera sans, (...) en ouvrant toujours et toujours davantage la majorité présidentielle", a-t-il conclu, entouré sur scène de tout l'état-major du parti majoritaire.
 
Le nouveau parti ‘'Gauche moderne'', allié de l'UMP : Jean-Marie Bockel a déclaré samedi que Gauche moderne rassemblait quelque 1.000 militants et 150 élus municipaux. Selon son entourage, le parti envisage d'avoir "quelques candidats" sur des listes UMP aux européennes de juin 2009 puis aux régionales, en principe en mars 2010.

Par D.H. (avec agence) le 29 novembre 2008 à 16:40
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