Meeting du PS © AbacapressLes dirigeants socialistes n'ont pas de chance avec le calendrier : le vote sur les motions a lieu deux jours après l'élection présidentielle américaine et le Congrès de Reims aura lieu en plein sommet international destiné à refonder le capitalisme. Alors comment se faire entendre de militants souvent lassés par les querelles de parti ? "La mobilisation va être très moyenne jeudi prochain", prédit un dirigeant de la rue de Solférino. Jeudi est pourtant une étape-clé du Congrès de Reims, les 167.000 militants du PS étant appelés à départager les six motions en présence. Les adhérents à jour de cotisation sont appelés à voter dans leur section de 17h00 à 22h00. Le vote étant "personnel et secret", les militants passeront par un isoloir avant de déposer leur bulletin dans l'urne. Aucune procuration n'est admise. Des mandataires des motions peuvent assister dans chaque fédération aux opérations "afin d'attester de leur régularité". Le dépouillement se fera ensuite sur place
Les résultats sont communiqués au siège fédéral, "immédiatement après la proclamation", par téléphone, mail, fax.., "au plus tard, à minuit le 6 novembre". Les 102 fédérations doivent transmettre dans les plus brefs délais les résultats du département "au plus tard à 01H00 du matin, le 7 novembre" au siège du PS rue de Solférino. Ainsi, la direction nationale devrait être en possession de l'ensemble des résultats une heure plus tard. Les Congrès fédéraux se réuniront du 7 au 9. Ils procèderont alors à l'élection des délégués --quelque 900 -- au Congrès national (CN). S'y ajouteront un nombre équivalent de membres de droit (membres du BN, parlementaires, membres du CN, présidents de Conseils régionaux.. ). Chaque motion a droit à un nombre de délégués proportionnel à son résultat dans la fédération.
En ce début de semaine, les trois grandes motions (Delanoë, Aubry et Royal) semblent au coude à coude, le maire de Paris n'ayant pas, semble-t-il, réussi à se détacher nettement au dessus des 40%. "Les trois motions à égalité, un match nul, c'est possible mais pas souhaitable, personne n'a de véritable pointage", a déclaré lundi François Hollande lors d'une rencontre avec la presse. Un partisan de Martine Aubry estime que les trois grandes motions se partageront un tiers des voix des militants, la motion de Benoit Hamon se situant entre 10 et 15%.
"Un match nul, c'est possible"
Cette situation de surplace des différents leaders a entraîné une succession de mises en garde depuis ce week-end. Dans la tête de chacun, le risque de l'abstentionnisme qui pourrait favoriser les motions soutenues par les fédérations les plus organisées (Aubry avec le Nord et Royal avec les Bouches-du-Rhône). Ainsi, François Hollande, qui soutient Bertrand Delanoë, a demandé aux adhérents de voter pour ceux qui respectaient la discipline interne au PS, accusant sans les nommer autant Laurent Fabius, rallié à Martine Aubry en vue du congrès de Reims que Manuel Valls, partisan de Ségolène Royal. "Il ne faut pas seulement être en tête mais être capable de rassembler sur une ligne politique", a répliqué Martine Aubry, invitée du Grand Jury RTL/LCI/Le Monde. Dans sa ligne de mire, la volonté du maire de Paris de se présenter seul faux aux militants et de ne pas chercher d'alliances, qu'il nomme "combinaisons politiciennes".
Comme Martine Aubry, Ségolène Royal ne s'est pas officiellement déclarée candidate au poste de premier secrétaire - une candidature qu'elle a mis "au Frigidaire" en septembre. "Il y a un leadership politique qui continue et qui continuera. Est-ce que je l'assumerai en étant à la tête du PS, on verra", déclare-t-elle, mettant en avant son "pack opérationnel" de dirigeants qui ont fait la campagne interne à ses côtés.
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