Meeting socialiste le 19 novembre 2008Dernière ligne droite pour les trois candidats, avant de savoir qui dirigera demain le Parti socialiste à la place de François Hollande. A la veille du vote des militants (le 1er tour se tient jeudi de 17h à 22h, les 1res estimations seront connues avant minuit), ils ont donné mercredi soir efforts de campagne chacun de son côté. Martine Aubry à Aubervilliers, Ségolène Royal à Paris et Benoît Hamon à Brest.
Aubry ne veut exclure personne, y compris Royal "
Si nous gagnons nous gagnerons dans un large rassemblement" et "
la première chose que je ferai, c'est tendre la main à Ségolène", "pas un socialiste ne doit manquer pour se battre contre la politique de Nicolas Sarkozy", a assuré
Martine Aubry devant 250 militants et élus socialistes d'Ile-de-France et du Nord réunis au "Magic mirrors, salle de la Fraternité" aux portes de Paris. "
Si demain les militants me choisissent, ce sera d'abord une équipe, l'équipe de tous les militants socialistes", a ajouté la maire de Lille, s'engageant en cas de victoire "
à mettre en place des équipes renouvelées", "capables de faire vivre des générations différentes, avec une totale mixité". Celle qui semble disposer de la réserve de voix la plus importante après le soutien de
Bertrand Delanoë (elle part d'une base de 24,32%, score de sa motion au vote des militants le 6 novembre, celle de Delanoë avait obtenu 25,24% des voix) a souhaité que son "
premier chantier" soit celui "
de la lutte contre toutes les discriminations".
Royal : "Le voulez-vous ?" Au même moment,
Ségolène Royal exhortait les militants à venir voter jeudi. "
Le moment est là, historique, et il faut comme le disait François Mitterrand, que nous ayons la force de rester nous-mêmes et aussi la force de changer. Voilà ce que je vous propose !", a-t-elle lancé au Gymnase Japy à Paris XIe, dans une ambiance survoltée, devant plus de 800 personnes -1.200 selon les organisateurs. "
Oui ou non, voulons-nous écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire vibrante et populaire. Le voulez-vous ? Voulez-vous bâtir ensemble le socialisme du XXIe siècle. Le voulez-vous? Voulez-vous que notre parti s'ouvre à toutes les diversités et devienne meilleur que la société qu'il prétend transformer ?", a affirmé l'ex-candidate à l'Elysée, reprenant comme un leitmotiv interrogatif "
le voulez-vous ?", avant de lancer un vibrant plaidoyer pour l'Education nationale et les enseignants que "
la droite traite avec un tel mépris". Si
Ségolène Royal a concédé mercredi soir sur France 2 que les chiffres ne la plaçaient pas en position de favorite (sa motion avait recueilli 29,08% des suffrages), elle a dit malgré tout croire en ses chances.
Hamon: "votez Hamon au second tour, parce ce que j'y serai !" Quant à
Benoît Hamon, qui se voit déjà au 2
nd tour ("
votez Hamon au 2nd tour, parce ce que j'y serai !", a-t-il promis), il a exhorté les militants à "
revenir à la maison" socialiste et dénoncé les stratégies d'alliance avec le centre. "
La dernière année, ça n'a jamais été aussi facile d'être de gauche et on n'a jamais été aussi nuls", a t-il lancé au siège de la fédération du Parti socialiste du Finistère où était rassemblée une centaine de personnes à Brest, sa ville natale. "
Alors que la droite ne retient aucun de ses coups à l'égard des plus vulnérables, les socialistes se donnent plus de coups entre eux que de coups à la droite, cela me fait un peu mal", a-t-il déclaré. Conclusion selon lui : il faut revenir aux "
fondamentaux" de la gauche. Pour illustrer son propos, il a ironisé sur les socialistes qui "
sautent comme des cabris" devant certaines mesures du gouvernement comme le RSA et a fustigé la stratégie d'alliance avec le centre qui mènerait selon lui le
PS français à la même situation que son homologue italien qui n'est "
ni de droite ni de gauche et se vide de ses valeurs".
Ségolène Royal est accusée par ses adversaires de chercher à gouverner à terme avec les centristes de François Bayrou.