Royal au clair, les autres moulinent

Par Notre envoyé spécial à Reims, Renaud PILA, le 14 novembre 2008 à 23h08 , mis à jour le 15 novembre 2008 à 08h42

Eclairage - Alors que la candidature de Royal a été annoncée vendredi soir, le front anti-Ségolène peine à se mettre en place. Aubry serait prête à laisser sa place pour permettre d'aboutir avant dimanche matin.

Ségolène RoyalSégolène Royal, au Congrès de Reims le 14 novembre 2008 © TF1-LCI

 

Congrès PS 2008
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La première journée de Reims peut se résumer à deux images choc : une horde de caméras et de flashs empêchant Ségolène Royal d'accéder à la salle du Congrès et une Martine Aubry fuyant les journalistes à la sortie de sa réunion de motion. Certes, deux conceptions opposées de la politique à l'heure de la vidéocratie, mais surtout une réalité des rapports de forces à la veille du week-end. En se déclarant candidate dès vendredi soir (lire notre article : en coulisses, minute par minute), la présidente de Poitou-Charentes a continué à prendre l'initiative et à créer l'événement médiatique. En propulsant Vincent Peillon comme 1er secrétaire-adjoint et une équipe rajeunie, elle joue plus que jamais sa carte maîtresse : le changement.
 
Face à la dynamique Royal, les motions Aubry, Delanoë et Hamon sont entrées dans des discussions qui ont probablement duré une bonne partie de la nuit. Les uns et les autres ne sont pas d'accord sur le nom du candidat commun à opposer à l'ex-candidate à la présidentielle. "On mouline", envoient par texto plusieurs participants. En effet, le camp Delanoë, bien que divisé, pourrait accepter un front anti-Royal si Martine Aubry n'est pas la candidate. Selon nos informations, la maire de Lille pourrait renoncer à se présenter au profit, pas exemple, d'un proche du maire de Paris, Harlem Désir. Mais problème : Benoît Hamon n'est pas prêt à le soutenir, conditionnant pour l'instant son soutien à une candidature Aubry. Si le bouillonnant député européen continue à clamer partout qu'il sera bien candidat, c'est, selon certaines sources, pour faire monter les enchères le plus haut possible et maintenir l'unité de son courant le plus tard possible.
 
La politique est avant tout la maîtrise du temps. Et dans une guerre des nerfs comme un Congrès socialiste, nul n'a intérêt à céder trop tôt ou apporter son soutien trop vite, sous peine de voir ses soutiens partir dans tous les sens. D'où la stratégie d'attente mais d'ouverture de Bertrand Delanoë qui ne souhaite pas voir une partie de ses troupes (amis de Hollande) partir dans le camp Royal.
 
La journée de samedi va voir Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry prendre la parole face aux 4000 personnes présentes. Un test de leur popularité et surtout de leur capacité à délivrer un message de rassemblement convaincant. Un risque aussi de voir les premiers sifflets hystériser un Congrès jusque là plutôt calme, en tous cas pour les images télévisées...

Par Notre envoyé spécial à Reims, Renaud PILA le 14 novembre 2008 à 23:08
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