Aubry met en place son équipe, sans le camp Royal

le 06 décembre 2008 à 11h03 , mis à jour le 06 décembre 2008 à 13h25

Le Conseil national du PS a entamé samedi ses travaux pour entériner l'équipe dirigeante présentée par la première secrétaire Martine Aubry.

Martine Aubry PS Conseil nationalMartine Aubry, à Paris, le 6 décembre 2008. © TF1/LCI

 

Le Conseil national (Parlement) du PS a entamé samedi matin à Paris ses travaux pour entériner l'équipe dirigeante (secrétariat national) présentée par la Première secrétaire Martine Aubry, équipe qui ne devrait pas comprendre les partisans de Ségolène Royal ni Bertrand Delanoë. Benoît Hamon en revanche est pressenti comme porte-parole du PS.

Face à cette "défection", Martine Aubry a assuré samedi que la porte du Parti socialiste restait "totalement ouverte" à son ex-rivale Ségolène Royal. "J'ai fait à Ségolène Royal des propositions fortes", a dit Martine Aubry, évoquant des places pour "certains de ses amis" dans le Secrétariat national. "Elle ne l'a pas souhaité, je respecte totalement sa décision', a-t-elle ajouté.

A la mi-journée, le Conseil national a suspendu ses travaux pour une dizaine de minutes, suite aux protestations des partisans de Ségolène Royal réclamant un vote nominal sur les amendements qu'ils présentaient et le texte d'orientation de la direction. Julien Dray, proche de Ségolène Royal, qui avait présenté ces amendements à la tribune, a lancé "suspension de séance, c'est notre droit", suite a l'appel à un vote groupé à main levée, dans un grand brouhaha. "Nous refusons un vote bloqué sur les amendements et demandons un vote nominal", a affirmé Vincent Peillon, autre proche de Ségolène Royal. "C'est juste pour créer une ambiance", a ironisé François Lamy, bras droit de Martine Aubry. La séance a repris vers 12H45 avec le discours de Martine Aubry, le vote devant avoir lieu ultérieurement.

Le camp Royal boude le Conseil national

Vendredi, la garde rapprochée de Ségolène Royal a tenu à expliquer les raisons de ce désistement. Vincent Peillon d'abord, a déclaré que "les conditions d'un rassemblement ne sont pas là, et la responsabilité en incombe à Martine Aubry". "Nous sommes disponibles, nous le sommes toujours et nous le resterons pour rénover en profondeur le Parti socialiste (...) Nous ne pouvons que regretter que la porte se referme sur Ségolène Royal", a ajouté Manuel Valls.
 
Pour l'heure donc, les partisans de Ségolène Royal ont décidé de s'abstenir lors du vote au Conseil national. Car Martine Aubry, affirment-ils, leur a soumis un texte d'orientation in extremis, vendredi matin, document qui avait été approuvé par les chefs de file des autres sensibilités, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon. "Ce n'est pas le texte lui-même qui pose problème, c'est plutôt la méthode", "les conditions tardives" dans lesquelles le texte a été communiqué, a déclaré Vincent Peillon. "Ce texte ne peut constituer une feuille de route pour un rassemblement", a-t-il ajouté. Mme Royal et ses partisans représentent environ 30% des instances dirigeantes, et l'ancienne candidate à l'Elysée a obtenu autour de 50% des voix des militants face à sa rivale victorieuse, pour le poste de Premier secrétaire.

Le camp Aubry prend acte

Sur la répartition des postes, Vincent Peillon a indiqué que la proposition de Ségolène Royal de prendre la direction de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNSER) avait été rejetée par Martine Aubry, qui a "fait savoir que cela n'était pas possible". Quant à la proposition d'un poste de n°2 pour Vincent Peillon, elle est restée sans réponse, a-t-il dit.

François Lamy, bras droit Martine Aubry, a "pris acte" vendredi soir du refus de ralliement dans l'immédiat de l'équipe de Ségolène Royal à la nouvelle direction, et a souligné sa disponibilité pour un "rassemblement" dans l'avenir. Marylise Lebranchu, également proche de Martine Aubry, a commenté l'absence des partisans de l'ex-candidate à la présidentielle dans la direction en estimant qu'il ne fallait "pas avoir peur d'avoir une minorité" car "nous sommes tous dans le même parti". "Ce n'est pas un nouvel épisode de Reims, c'est le dénouement", a jugé pour sa part Pierre Moscovici. Pour le fabiusien Guillaume Bachelay, qui aura un portefeuille dans le gouvernement de Martine Aubry, l'absence des royalistes n'est que "la confirmation qu'il y avait effectivement deux lignes politiques pendant le Congrès de Reims" et qu'il y a "désormais une orientation majoritaire dans le parti". 

(D'après agence)

le 06 décembre 2008 à 11:03
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